Mr MDE11
05-22-02, 04:57 AM
Biographie de Wyclef Jean
Devenir rapidement une popstar n'est pas difficile. Le rester tient de la performance. C'est pourtant ce qu'est parvenu à faire Wyclef Jean, en conservant toute sa force créatrice à travers son immense succès commercial. De ses premiers pas avec les Fugees à son premier album solo " Wyclef Jean Presents The Carnival ", en passant par ses productions et compositions consacrées aux Grammy Awards (Destiny's Child, Whitney Houston -" My Love is Your Love "- et Carlos Santana -" Maria, Maria "), Wyclef Jean a constamment enrichi son approche de la culture hip-hop. Avec ce dernier album, il la porte à un niveau jamais égalé.
Album à facettes multiples nourri de différentes cultures musicales, " The Ecleftic " réussit la fusion entre rock et ska, grosse basse et country, rap violent et folk, sans oublier le reggae. Enregistré à New York et dans son studio du New Jersey, Wyclef et Jerry Wonder en assurent la production, aux côtés de Sedek Jean et Salaam Remi. Album courageux, funky et fluide, il est à l'image de son auteur. Wyclef est retourné aux sources, de Stevie Wonder à la fusion de Miles Davies et de Marvin Gaye à Donny Hathaway, autant d'artistes qu'il considère comme des modèles. Mais c'est dans le hip-hop qu'il continue de puiser son inspiration. Ces racines hip-hop se font d'ailleurs sentir dans le féroce - et sans doute sujet à controverse - morceau d'ouverture " Where Fugee At " qui aborde en pointillé la question de la réunification des Fugees. Wyclef avoue faire de ses propres histoires la matière de ses chansons, mais ajoute aussitôt : " La plupart des paroles sont le strict reflet de ma personnalité, c'est-à-dire que, même sur des sujets graves, je n'arrive pas à être sérieux. " Le premier single " Thug Angels " risque également de faire parler de lui et d'enflammer les rues. Avec un groove brut de décoffrage, " Thug Angels " rend compte du matérialisme croissant qui entache certaines branches du hip-hop. Rude et droit, le morceau contient un message cher à Wyclef : " je veux montrer que dans le phénomène de la " gangstérisation ", il y a quelque chose de plus profond. Je veux parler aux truands... parce que ce sont les mêmes gamins qui assistent à mes concerts et écoutent ce que j'ai à dire. " Tout aussi édifiant, mais dans ce style comique propre à Clef, on retrouve " It Doesn't Matter ". Interprété par la superstar de catch The Rock sur un rythme ska vigoureux, " It Doesn't Matter " veut faire comprendre aux gens que le " fric " n'est pas aussi exceptionnel qu'on le dit. " J'ai 50 Bentleys aux Antilles, ça n'a pas d'importance ". Le message est clair, Wyclef s'adresse tout autant aux Haïtiens, réfugiés ou non sur le sol américain, qu'au " type lambda qui travaille dur ". Il veut être leur porte-parole, fort de cette légitimité que lui confère son passé de réfugié, et leur faire prendre conscience qu'ils peuvent eux aussi se permettre ce genre de luxe ; mais peut-être l'essentiel n'est-il pas là. Autre prise de position influencée par les origines de Wyclef, le lancinant " Diallo ", interprété par le chanteur sénégalais Youssou N'Dour, et qui rend compte de la mort d'Amadou Diallo après son passage à tabac par la police de New York. Traiter de sujets aussi graves répond à une exigence de vigilance, explique Wyclef. Le hip-hop doit servir à dénoncer ces pratiques, et pour Wyclef, cela doit rester l'une de ses principales missions. Sur un ton plus léger, mais sans être en reste avec l'esprit hip-hop, la reprise de " Wish She Was Here " des Pink Floyd que Wyclef a enregistré pour rappeler aux sceptiques que même un gamin des cités peut apprécier le rock'n'roll. " Si vous êtes un guitariste - ce que je suis -, vous devez passer par les Pink Floyd, j'y ai juste apposé ma marque ".
Apposer sa marque est d'ailleurs un leitmotiv dans la carrière de Wyclef. Fils d'un prêcheur, il est né en Haïti et, au fil des années, il s'est imposé comme un défenseur acharné de ce pays, se faisant le porte-parole de causes telles que l'aide aux enfants, en Haïti et aux Etats Unis, par le biais de la Wyclef Jean Foundation. Il part vivre dans les lotissements de Brooklin's Malborough à neuf ans. " Je dois tout aux cités. Je m'y suis affirmé grâce à l'église, la rue et les parcs. Je leur dois de m'être révélé comme personne et comme artiste ". Sa mère lui offre sa première guitare. Il part poursuivre ses études dans le New Jersey où il sort major de sa promotion de jazz. Au début des années 1990, il monte son premier groupe de hip-hop, The Fugees avec Lauryn Hill et Prakazel " Pras " Michel. Le trio enchaîne les tournées. Si leur premier album leur vaut d'être repérés par la critique, ce n'est pas encore le succès commercial escompté. Loin de se décourager, Wyclef et son cousin et acolyte Jerry " Wonder " Duplesis s'attellent à la production du deuxième album des Fugees " The Score ", sorti en 1996. Ce sera l'un des albums hip-hop les plus vendus de l'histoire des charts. Les 11 millions d'exemplaires vendus et la reconnaissance unanime de la critique font de Wyclef l'un des producteurs hip-hop et R&B les plus courus de la planète. Il produit alors des artistes aussi prestigieux que Cypress Hill, Sublime, Bounty Killer et Simply Red. En 1997, il sort un album solo " Wyclef Presents The Carnival " d'où sont issus " Staying Alive " et le groovy " Gone Till November " qui vaut à Clef une nomination aux Grammy. Le son de cet album, très apprécié pour son indépendance et son multiculturalisme, est certifié double platine par le RIAA. Wyclef part alors en tournée, produit un grand nombre de disques hip-hop (dont le " Ghetto Superstar " de son collègue des Fugees Pras), participe à l'émission de Johnny Cash et organise deux jours de souscriptions en faveur de la Wyclef Jean Foundation.
Wyclef Jean avance, le hip-hop toujours en étendard. Sa maturation est manifeste sur " The Ecleftic ". Wyclef ajoute d'ailleurs à propos de cet album : " Je sais que dans 60 ans, si vous repensez à cet album et que vous vous demandez : " qui était ce Wyclef Jean, et, est-ce que je peux encore mettre ce disque sur la platine ? ", vous pourrez le faire. " Un album majeur, un concentré de la personnalité de son auteur, un musicien militant, un guitariste frondeur, un vétéran toujours à l'écoute de la rue, un maître du hip-hop.
Sony Music
Devenir rapidement une popstar n'est pas difficile. Le rester tient de la performance. C'est pourtant ce qu'est parvenu à faire Wyclef Jean, en conservant toute sa force créatrice à travers son immense succès commercial. De ses premiers pas avec les Fugees à son premier album solo " Wyclef Jean Presents The Carnival ", en passant par ses productions et compositions consacrées aux Grammy Awards (Destiny's Child, Whitney Houston -" My Love is Your Love "- et Carlos Santana -" Maria, Maria "), Wyclef Jean a constamment enrichi son approche de la culture hip-hop. Avec ce dernier album, il la porte à un niveau jamais égalé.
Album à facettes multiples nourri de différentes cultures musicales, " The Ecleftic " réussit la fusion entre rock et ska, grosse basse et country, rap violent et folk, sans oublier le reggae. Enregistré à New York et dans son studio du New Jersey, Wyclef et Jerry Wonder en assurent la production, aux côtés de Sedek Jean et Salaam Remi. Album courageux, funky et fluide, il est à l'image de son auteur. Wyclef est retourné aux sources, de Stevie Wonder à la fusion de Miles Davies et de Marvin Gaye à Donny Hathaway, autant d'artistes qu'il considère comme des modèles. Mais c'est dans le hip-hop qu'il continue de puiser son inspiration. Ces racines hip-hop se font d'ailleurs sentir dans le féroce - et sans doute sujet à controverse - morceau d'ouverture " Where Fugee At " qui aborde en pointillé la question de la réunification des Fugees. Wyclef avoue faire de ses propres histoires la matière de ses chansons, mais ajoute aussitôt : " La plupart des paroles sont le strict reflet de ma personnalité, c'est-à-dire que, même sur des sujets graves, je n'arrive pas à être sérieux. " Le premier single " Thug Angels " risque également de faire parler de lui et d'enflammer les rues. Avec un groove brut de décoffrage, " Thug Angels " rend compte du matérialisme croissant qui entache certaines branches du hip-hop. Rude et droit, le morceau contient un message cher à Wyclef : " je veux montrer que dans le phénomène de la " gangstérisation ", il y a quelque chose de plus profond. Je veux parler aux truands... parce que ce sont les mêmes gamins qui assistent à mes concerts et écoutent ce que j'ai à dire. " Tout aussi édifiant, mais dans ce style comique propre à Clef, on retrouve " It Doesn't Matter ". Interprété par la superstar de catch The Rock sur un rythme ska vigoureux, " It Doesn't Matter " veut faire comprendre aux gens que le " fric " n'est pas aussi exceptionnel qu'on le dit. " J'ai 50 Bentleys aux Antilles, ça n'a pas d'importance ". Le message est clair, Wyclef s'adresse tout autant aux Haïtiens, réfugiés ou non sur le sol américain, qu'au " type lambda qui travaille dur ". Il veut être leur porte-parole, fort de cette légitimité que lui confère son passé de réfugié, et leur faire prendre conscience qu'ils peuvent eux aussi se permettre ce genre de luxe ; mais peut-être l'essentiel n'est-il pas là. Autre prise de position influencée par les origines de Wyclef, le lancinant " Diallo ", interprété par le chanteur sénégalais Youssou N'Dour, et qui rend compte de la mort d'Amadou Diallo après son passage à tabac par la police de New York. Traiter de sujets aussi graves répond à une exigence de vigilance, explique Wyclef. Le hip-hop doit servir à dénoncer ces pratiques, et pour Wyclef, cela doit rester l'une de ses principales missions. Sur un ton plus léger, mais sans être en reste avec l'esprit hip-hop, la reprise de " Wish She Was Here " des Pink Floyd que Wyclef a enregistré pour rappeler aux sceptiques que même un gamin des cités peut apprécier le rock'n'roll. " Si vous êtes un guitariste - ce que je suis -, vous devez passer par les Pink Floyd, j'y ai juste apposé ma marque ".
Apposer sa marque est d'ailleurs un leitmotiv dans la carrière de Wyclef. Fils d'un prêcheur, il est né en Haïti et, au fil des années, il s'est imposé comme un défenseur acharné de ce pays, se faisant le porte-parole de causes telles que l'aide aux enfants, en Haïti et aux Etats Unis, par le biais de la Wyclef Jean Foundation. Il part vivre dans les lotissements de Brooklin's Malborough à neuf ans. " Je dois tout aux cités. Je m'y suis affirmé grâce à l'église, la rue et les parcs. Je leur dois de m'être révélé comme personne et comme artiste ". Sa mère lui offre sa première guitare. Il part poursuivre ses études dans le New Jersey où il sort major de sa promotion de jazz. Au début des années 1990, il monte son premier groupe de hip-hop, The Fugees avec Lauryn Hill et Prakazel " Pras " Michel. Le trio enchaîne les tournées. Si leur premier album leur vaut d'être repérés par la critique, ce n'est pas encore le succès commercial escompté. Loin de se décourager, Wyclef et son cousin et acolyte Jerry " Wonder " Duplesis s'attellent à la production du deuxième album des Fugees " The Score ", sorti en 1996. Ce sera l'un des albums hip-hop les plus vendus de l'histoire des charts. Les 11 millions d'exemplaires vendus et la reconnaissance unanime de la critique font de Wyclef l'un des producteurs hip-hop et R&B les plus courus de la planète. Il produit alors des artistes aussi prestigieux que Cypress Hill, Sublime, Bounty Killer et Simply Red. En 1997, il sort un album solo " Wyclef Presents The Carnival " d'où sont issus " Staying Alive " et le groovy " Gone Till November " qui vaut à Clef une nomination aux Grammy. Le son de cet album, très apprécié pour son indépendance et son multiculturalisme, est certifié double platine par le RIAA. Wyclef part alors en tournée, produit un grand nombre de disques hip-hop (dont le " Ghetto Superstar " de son collègue des Fugees Pras), participe à l'émission de Johnny Cash et organise deux jours de souscriptions en faveur de la Wyclef Jean Foundation.
Wyclef Jean avance, le hip-hop toujours en étendard. Sa maturation est manifeste sur " The Ecleftic ". Wyclef ajoute d'ailleurs à propos de cet album : " Je sais que dans 60 ans, si vous repensez à cet album et que vous vous demandez : " qui était ce Wyclef Jean, et, est-ce que je peux encore mettre ce disque sur la platine ? ", vous pourrez le faire. " Un album majeur, un concentré de la personnalité de son auteur, un musicien militant, un guitariste frondeur, un vétéran toujours à l'écoute de la rue, un maître du hip-hop.
Sony Music