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View Full Version : Quand les femmes parlent pouvoir entre elles



TiCam
08-14-07, 12:22 PM
Par Natacha Clergé

Durant un séminaire de deux jours, organisé par la Coalition des femmes leaders (Cofhel), des sénatrices, des ministres, des députées ou membres influentes de parti politiques ont partagé avec d'autres femmes leurs expériences dans leur sphère de pouvoir respective.
« Une fois, mon mari m'a sommée de choisir entre la militance politique et lui. J'ai crié : renoncer à la politique, je ne pouvais pas, ça m'est inconcevable. Depuis l'école, j'étais active dans les associations d'église, dans la mouvance des Ti-Legliz, j'avais le leadership des activités. Donc, ça coule dans mes os, au plus profond de mes os, je ne pouvais pas y renoncer. Nous avons rompu. Puis un jour, il est revenu et a proposé de m'emmener quelque part. À ma grande surprise, c'était chez Serge Gilles », confie la sénatrice Edmonde Supplice Beauzil à une assistance composée d'une centaine de femmes.
Plus loin, sous les rires de l'assistance et dans les moindres détails, elle raconte son envie, très tôt affirmée, de participer à la politique : « Je voulais faire de la politique et à vingt-cinq ans, j'étais déjà candidate. J'étais l'unique femme au sein du Panpra. Quand je rentrais, les autres membres suivaient des yeux et, même dans les réunions, je surprenais leur regard sur moi. Je n'ai jamais baissé les yeux, au contraire je soutenais fièrement leur regard ». Rapportant ses difficultés à concilier vie familiale et carrière politique, elle rapporte : « Lors des élections du 16 décembre 1990, j'allaitais en même temps que je faisais campagne. C'était contraignant, mais j'ai dû sevrer l'enfant ».
Concilier ses deux vies est un problème familier à la sénatrice Évelyne Chéron, surtout quand elle doit accompagner sa famille à une activité, alors qu'elle « tombe de sommeil après des heures de travail au Parlement ». Elle souligne que si, dans le couple, son mari ne l'a jamais découragée, il n'a pas coopéré activement au début.
« Lors des réunions qui exigeaient qu'on se réveille tôt, vers 4 heures du matin, il ne participait pas. Après un bref au revoir ou une bonne chance, il retournait dans le lit et sombrait dans le sommeil. Mais lorsque la campagne gagnait du terrain, il a pris l'histoire au sérieux, participait aux rencontres et s'impliquait pleinement ».
Analysant la faible représentation des femmes au sein des structures de pouvoir, la ministre à la Condition féminine, à côté des difficultés liées à la conciliation entre carrière politique et gestion de la famille, note comme autres limitations « la perception des femmes de l'exercice de la politique très souvent liée à la violence et aux difficultés d'avoir des fonds pour financer les campagnes ».
Selon la ministre, la modeste représentation des femmes au niveau politique est une hypothèque sur l'établissement d'un système sociopolitique démocratique. « Peut-on parler de démocratie quand 52 % de la population se trouvent exclus de la gestion de la chose publique », s'est interrogée Mme Lassègue.
Elle a plaidé plus loin pour une participation d'au moins 30 % des femmes au sein des structures de pouvoir. « Ce chiffre, les organisations de femmes ne l'ont pas lancé à la légère. Des études montrent qu'il faut au moins un tiers de femmes pour influer positivement sur la politique, pour constituer une masse critique qui pèse dans la balance », a-t-elle soutenu.
Par ailleurs, Marie Jocelyn Lassègue a dit reconnaître qu'en nombre restreint les femmes ne peuvent pas grand-chose. « Il arrive parfois que dans une assemblée qui comporte des personnes des deux sexes, les femmes ne sont pas désignées. Mais, il y a des compliments qui veulent faire croire à cette femme qu'elle est unique, la plus douée ; que sa présence au sein de cette structure est en soi suffisante. C'est dangereux, il faut échapper à ces manoeuvres ».
C'est aussi l'avis de l'ex-candidate au Sénat, Marie Denise Claude, qui a dit constater le retard d'Haïti comparé aux autres pays de l'Amérique latine en terme de parité homme/femme dans les postes de décision.
Aujourd'hui, secrétaire adjointe du parti Fusion et sénatrice, Edmonde Supplice Beauzile soutient que le parti ne lui a pas fait de cadeau. « Je me suis battue pour avoir une légitimité au sein du parti. J'ai participé à toutes les réunions et j'influais sur les décisions. Donc, j'avais une base solide derrière mois, le parti ne m'a pas fait de cadeau. Dans les espaces de pouvoir en général, on ne fait pas de cadeau. »

Al Saqr
08-14-07, 05:22 PM
:rolleyes: Il y a des femmes de pouvoir très intéressantes en Haïti...

kabaret
07-14-08, 01:22 PM
hey saqr kote yo

Al Saqr
07-15-08, 04:50 AM
Ben tu as Michèle Pierre-Louis qui essaie de devenir premier ministre, parmi beaucoup d'autres !