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View Full Version : Manger à sa faim



TiCam
02-07-09, 06:20 AM
[coverattach=1]Architecte de formation, Daniel Prudent est un passionné d'élevage et de d'agriculture. A Kenscoff et à Mirebalais où il a vécu quelque temps, il s'était investi dans la culture potagère, celle du piment en particulier. Intéressé par tous les aspects de l'agriculture et curieux de nature, ses recherches l'on porté à certaines expérimentations touchant à l'aquaponie en milieu urbain et semi- urbain.

Le résultat de ses expériences a retenu l'attention de bien de professionnels travaillant dans les domaines de l'agriculture et de l'aquaculture. Bien qu'il soit parti de projets déjà réalisés un peu partout à travers le monde, ce qu'il y a de particulièrement intéressant dans le travail entrepris par Daniel Prudent, c'est qu'il essaie de maximiser le rendement du système. D'un autre côté, le fait d'utiliser au maximum des matériaux de récupération permet de réduire sensiblement les coûts.

Pour ceux qui l'ignorent, l'aquaponie est la culture de végétaux en « symbiose » avec les poissons.

[coverattach=2]« Le mot aquaponie, traduction de l'anglais aquaponics, est la contraction des mots aquaculture (élevage de poissons ou autres organismes aquatiques) et hydroponique (culture des plantes par de l'eau enrichie en matières minérales). »

Il s'agit en fait d'un écosystème dans lequel interviennent trois types d'organismes vivants dans un cycle écologique:

• les poissons dont les déjections, riches en azote (ammonium et urée), en phosphore et potassium, sont la source de nutriments pour les plantes;

• des bactéries aérobies qui transforment les matières organiques comme l'ammoniaque/ammonium et l'urée en nitrites puis en nitrates, ces derniers étant assimilables par les plantes sous forme minérale. Elles participent du filtre biologique puisque les excrétions des poissons sont toxiques pour ces derniers à des concentrations trop élevées (blocage de l'hémoglobine et donc de la respiration);

• les plantes cultivées qui épurent l'eau de l'aquarium par l'assimilation des racines et qui se servent des nutriments sous forme minérale pour croître.

En pratique, l'eau de l'aquarium est pompée pour être emmenée dans le système hydroponique, horizontal ou vertical, qui sert de filtre biologique, pour ensuite retourner vers les poissons.

L'enjeu principal est de trouver le juste équilibre entre la population de poissons, la nourriture apportée, la population bactérienne et la végétation cultivée.

[coverattach=3]Daniel a trouvé intéressant d'associer l'élevage de cailles (cela aurait, tout aussi bien, pu être des poulets, mais les cailles prennent beaucoup moins d'espace) et de vers de terre à cet écosystème. Les vers servant de nourriture aux poissons sont aussi utilisés pour le verni compostage.

L'un des objectifs visés par Daniel Prudent est, avant tout, de combattre la faim en augmentant la production agricole tout en gérant le manque d'espace en milieu urbain et semi- urbain. Il estime que la production d'oeufs de caille permettra d'améliorer notablement le quotidien alimentaire de l'aquaculteur qui, de fait, devient aussi éleveur. Les cailles se reproduisent assez vite et atteignent plus ou moins rapidement une certaine maturité. La consommation de leur chair ne pourra être que bénéfique pour une population qui, de manière quasi générale, ne consomme pas suffisamment de viande et dont le régime nutritionnel est complètement déséquilibré.

[coverattach=4]En définitive, une fois le système mis en place, le seul intrant nécessaire est la nourriture des cailles. Une formule qui est donc plutôt économique.

Par ailleurs, selon certains adeptes de la culture hydroponique, les légumes, tubercules et autres végétaux produits en aquaponie sont particulièrement sains et leur production est plus abondante et leur croissance plus rapide que quand ils poussent dans la terre.

Voila le genre d'études et de recherche qui peut vraiment être profitable au pays et à sa population. Sans compter que le but visé nous concerne presque tous : manger à sa faim!

Une expérience à suivre de près.

Les intéressés qui veulent partager l'expérience peuvent contacter Daniel Prudent au numéro 3670-1549 ou à : prudent.daniel@gmail.com


Les cailles sont de petits oiseaux migrateurs (15 cm de longueur environ). Elles ressemblent beaucoup aux perdrix, bien que plus petites. Ces oiseaux sont un gibier recherché. Leur nourriture est constituée pour l'essentiel de semences de céréales, ce qui explique la qualité de leur chair.
Elle sont prolifiques, et c'est la raison pour laquelle l'espèce ne disparaît pas complètement. Dès que les petits n'ont plus besoin de soins maternels, toute la famille se disperse.

La caille est peu sociable : les mâles sont polygames et abandonnent les femelles au moment de la ponte.

L'élevage des cailles s'appelle la coturniculture.

La caille margote (ou cancaille) en accompagnant chacune de ses émissions sonores d'un hochement de tête.


Patrice-Manuel Lerebours
Source: Le Nouvelliste