• La Commission d'Organisation des Compétitions Nationales a désigné Nerlande Emmanuel meilleure joueuse COCON de la saison

    La Commission d'Organisation des Compétitions Nationales a désigné l'attaquante d'Essentiel, Nerlande Emmanuel surnommée « Ti Maude », meilleure joueuse et révélation de la saison 2011. Ainsi, la dossard 10 du club vice-champion de la saison 2011 cumule la succession de Manoucheka Pierre-Louis (meilleure joueuse ASHAPS de la saison 2010) et Dieunite Eliscar (révélation de la saison 2010 au Gala ASHAPS) Portrait d’une rêveuse plein de talent. 1m 78 environ, environ 65 kg, cheveux coiffés en tresses courtes, bouche toujours ouverte et pourtant presque toujours silencieuse, Nerlande Emmanuel traîne derrière elle l’image d’une rêveuse. Sur le terrain, on a l’impression qu’elle plane sur les aléas du jeu. Jamais une engueulade quand on lui file une mauvaise passe ou lui refuse le ballon alors qu’elle est idéalement placée, silencieuse même quand elle est engueulée, on dirait qu’elle est ailleurs. Donnez-lui le ballon pour la réveiller Avec un ballon, elle est toute autre. Sens du dribble, bonne lecture du terrain, bonne intention dans ses choix, mais un souci du geste parfait la fait hésiter parfois au plus mauvais moment et manquer l’immanquable. De quoi énerver la plupart de ses fans. La plupart, car la majeure partie de ceux-là ne jurent que par elle et n’imaginent même pas voir Essentiel évoluer sans Nerlande. Née le 2 novembre 1989 à l’Arcahaie (Carriès), Nerlande fait ses premières gammes en football avec la complicité de son grand-frère, Jean Hubert Emmanuel (demi d’aile). « Je suis l’unique fille de la famille et lorsqu’il partait jouer, il m’emmenait avec lui. Lorsque ma mère voulait s’y opposer, il trouvait toujours l’argument qu’il fallait pour la convaincre de me laisser partir. Je prenais tellement du plaisir à l’accompagner que je me rendais toujours disponible », se souvient-elle. Naturellement, à force de jouer avec et contre des petits de son âge sous les yeux attentifs de son grand-frère protecteur, Nerlande progresse et fait ses classes jusqu’à 14 ans. C’est là que les dirigeants de l’Aigle Brillant en journée récréative sur la "Plage publique" en compagnie de leur équipe féminine de football, découvre cette petite perle rare dans une petite rencontre sous les couleurs de la formation qui a défié Aigle Brillant et l’enrôle. « J’étais en 8e année fondamentale. Ils ont proposé à ma maman de m’accueillir, de s’occuper de ma scolarité, de me nourrir, de me vêtir, de m’héberger en échange de jouer pour l’Aigle Brillant. Ma mère a accepté », mais l’expérience est désastreuse. «J’ai intégré le club en 2004. Et on m’a logé à Delmas 33. Aristide venait de quitter le pays et il y avait la terreur « Grenn Sonnen » là-bas. J’avais peur, ma mère aussi. Je n’allais plus à l’école et même si je restais une joueuse de l’équipe, ça ne marchait pas vraiment », Elle reste pourtant joueuse de l’Aigle Brillant pendant quatre saisons jouant 7 matches en D1 et inscrivant 5 buts. "On n’abandonne pas ses rêves d’enfants d’un revers de main" « J’ai quitté Aigle Brillant en 2008 pour retourner à l’Arcahaie et reprendre mes études scolaires, là où je les avais laissées ( en 8e année fondamentale). En 2009, j’ai réussi mes examens de 9e année fondamentale, mais le dirigeant Rolny Saint-Louis du club Essentiel est venu me chercher pour m’enrôler. Je suis revenue à Port-au-Prince, à condition de pouvoir continuer mes études. Cette année, je serais en terminales si je n’avais pas manqué les examens de passage en 3e pour cause de sélection nationale. J’étais en compétition à Aruba » Reprochée pour son jeu de dilettante, Nerlande s’est améliorée considérablement en cette fin de saison. Face à l’université Moncton de passage en Haïti, elle a brillé de mille feux en une période, puis a alterné le bon et le moins bon en compétition nationale. Contre les Tigresses, elle fait une première période quelconque et manque un penalty avant de donner une copie parfaite en seconde période. Un coup franc sublime, une frappe limpide et elle remet sa formation en selle avant que Delius Widdad n’offre la victoire à son équipe. Une victoire pour l’honneur puisque les Tigresses sont championnes. « Ce que les gens ne comprennent pas c’est que j’ai commencé le match comme avant-centre et ce n’est pas à ce poste que je suis dans mon assiette. Je suis un milieu offensif axial et c’est au milieu de terrain que je me retrouve dans mes éléments. Contre les Tigresses on m’a demandé de reculer en seconde période donc, à mon poste, c’est pourquoi j’ai pu tirer mon épingle du jeu », reconnaît-elle, modeste. Auteur de 16 buts, cette saison, l’unique fille des 6 enfants de Manius Emmanuel et Louisana Joseph, rêve encore de devenir médecin tout en progressant dans le football : « Mon rêve a toujours été de devenir médecin et si à mon âge la route paraît encore longue, je ne vais pas abandonner pour autant. On n’abandonne pas ses rêves d’enfants d’un revers de main et j’ai encore la possibilité de le concrétiser », conclut-elle avant de souligner qu’elle souhaite aussi devenir l’une des meilleures joueuses de l’histoire du football. Nerlande en bref 4 saisons avec Aigle Brillant (2004-2008, 7 matches, 5 buts) 3 saisons avec Essentiel (depuis 2009, 40 buts dont 16 en 2011, 11 en 2010 et 13 en 2009) Points forts : Technique, balle au pied, bonne frappe de balle Points faibles : Dilettantisme. Elle joue en artiste qui se soucie peu du résultat mais peut devenir redoutable quand elle est motivée. Nom : Emmanuel Prénom : Nerlande Surnom : Ti Maude Justification du surnom : Je ressemblais tellement à une soeur de ma mère qui s'appelait Maudeline qu'elle m'a affublée de ce surnom qui signifie Maudeline en miniature. Date de naissance : 2 novembre 1989 Source: Le Nouvelliste Publié le : vendredi 06 juillet 2012