• Un axe Québec - Saint-Martin


    Des mon installation à Saint-Martin en 2009 ( et même avant lors de mes divers séjours) j'ai été frappé par certaines similitudes entre le Québec et la Collectivité.

    L'appartenance à l'espace francophone des Amériques y est pour quelque chose ainsi que l'environnement anglophone qui touche les deux pays en question.

    Les québécois sont 2% de francophones perdus dans une marée anglophone nord-américaine. Saint-Martin, sans avoir une statistique aussi précise est, elle aussi, une minorité dans un melting pot caribéen à prédominance anglophone. Tous deux nous avons subi une colonisation issue des métropoles européennes. Tous deux nous avons êtes conquis et les tentatives d'assimilation n'ont pas manquées. Mais tous deux nous sommes entrées dans ce XXI ième siècle avec nos particularités. Le Québec a le statut d'une province canadienne qui est loin de faire l'unanimité chez ses citoyens ( il y a quand même eu deux référendums- 1980 et 1995 ) et Saint-Martin celui d'une collectivité territoriale qui, elle non plus, ne ravit pas tout le monde.

    Mais, plus encore. Saint-Martin dans ses aspirations à des changements structurels et sociétaux ressemble à s'y méprendre au Québec de la Révolution Tranquille de la décennie 1960-70. À cette occasion le Québec a vécu des changements majeurs: nouvelle élites politiques arrivant au pouvoir, ouverture sur le monde, intérêt croissant pour le développement des secteurs économiques modernes, progression fulgurante de l'éducation chez la jeunesse etc...

    Aujourd'hui nos deux sociétés devraient se rejoindre plus souvent. Cela peut prendre toutes sortes de formes mutuellement enrichissantes. Déjà nous savons que beaucoup de jeunes saint-martinois poursuivent leurs études universitaires au Québec mais les échanges au niveau de l'éducation pourraient se développer à une beaucoup plus grande échelle qu'actuellement. Nos universités ont acquis une réputation mondiale au niveau de la formation et d'ailleurs l'université de Sherbrooke à, l'an passé, fait un séjour d'étude dans l'île. Elle est déjà présente en Martinique et en Guadeloupe ou en Haïti . Nos entreprises démontrent un intérêt pour Saint-Martin et l'échec du consortium dit "canadien" dans le dossier du front de mer peut être adouci s'il y avait une volonté de favoriser les échanges dans d'autres domaines. Évidemment au niveau économique le frein pour des investisseurs québécois qui, ne l'oublions pas fonctionnent comme des nord-américains, c'est cette lourdeur toute française qui affecte aussi Saint-Martin. L'ironie que nous prêtons aux français - pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué- est pertinente pour l'île.

    Avec un petit groupe d'experts d'ici, dont les membres connaissant bien la Caraïbe et même Saint-Martin, nous nous sommes prêtés, il y a peu, à un petit jeu sur ce que des entrepreneurs québécois pourraient faire à Saint-Martin. Il y aurait de l'espace, notamment, pour des centres d'appels, des laboratoires de nanotechnologies, des exportations de fruits et légumes et de viandes ( à moindre prix que ce qui vient d'Europe), du business culturel dans les deux sens, sans oublier le tourisme revu et corrige.

    Cet axe Québec / Saint-Martin, pour exister, devrait répondre à une double volonté: celle des politiques et celle des milieux d 'affaire. La moins évidentes en ce moment est la volonté politique. Si le Parti Québécois arrive au pouvoir le 4 septembre prochain ici, je ne doute pas un seul instant de sa volonté politique à cet et effet. Lors de ses années de gouvernement, entre 1994 et. 2003, il avait déjà démontré un intérêt très marqué pour ce genre de développement vers la Caraïbe francophone. Est-ce que du côté des politiques de Saint-Martin il y aurait le même intérêt ? C'est à voir.
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