• Jacmel serait-il contre Jacmel et contre Haïti?



    Mme. Michaëlle Craan acclamée par la diaspora Jacmélienne au Jacmel Labor Day Gala 2012.

    Tous les premiers dimanches du mois de septembre, les Jacméliens de partout convergent vers New-York pour célébrer dans la ferveur la grande fête annuelle au cours de laquelle l’attention est notamment portée sur le passé et le futur de Jacmel, cette ville haïtienne connue pour son charme authentique.

    Si les années passent, la tradition, elle, se perpétue. Antrami , un groupe de jeunes Haïtiens du nord-est des Etats-Unis – originaires de Jacmel pour la plupart, mais aussi d’autres villes d’Haïti - n’entend pas rompre avec les bonnes habitudes: Présenter une ambiance festive et colorée dont l’éclat, cette année, fut rehaussé par la participation de Daphnée Belace, jeune et talentueuse chanteuse jacmélienne vivant au Canada. Le point d’orgue de la partie artistique de la soirée fut ce mini-concert un brin Jazzy de Kreyol Alternative du chanteur jacmélien Clinton Benoit. Tout cela, devant un public élégant dans lequel se trouvait une dame de grande stature , Mme.Michaëlle Craan. C’était le 2 septembre 2010.

    La venue dans la grosse pomme de l’ancienne consultante au bureau départemental du Sud’Est du ministère du tourisme n’est pas anodine. Cette soirée de gala est, pour l’essentiel, une marque de reconnaissance envers une personne tant aimée mais aussi remarquable, autant par son dévouement sans borne à la cause touristique et culturelle de Jacmel que par ses qualités humaines.

    La reconnaissance de plusieurs générations de Jacméliens envers « Mme Jacmel »fut éloquemment illustrée par le discours élogieux de Guy-Claude François, émigré aux Etats-Unis depuis la fin des années 80 . « Madame Michaelle Craan, vous êtes pour nous une Source d’inspiration, la porteuse du flambeau de notre fierté jacmélienne et l’icône culturelle du Sud’est. Au nom des habitants du Sud’est et de la diaspora haïtienne, nous vous présentons nos plus vifs et sincères remerciements pour avoir servi Jacmel, le Sud’est et la nation haïtienne dans le cadre civique et socioculturel. Et, à la manière du poète Alcibiade Pommayrac, j’en profite pour prononcer cet hymne vibrant qui caractérise l’âme de cette ville « Jacmel Sursum corda ! », a-t-il conclu, devant un public joyeux, qui avait oublié tous ses soucis dans cette manifestation culturelle pleine d’émotions.

    Moment particulièrement émouvant de la soirée, l’intervention de celle qui est aussi présentée par les médias d’Haïti et la presse internationale comme ‘’Mme Tourisme D’Haïti’’. Modeste, Michaëlle Craan ne s’est pas vêtue de son statut de star, optant pour un discours simple mais manifestement éducatif pour rappeler surtout à la génération montante l’importance de certaines valeurs comme l’implication citoyenne, qui a été et demeure une véritable boussole pour Jacmel qui lutte pour garder sa marque de ville touristique et culturelle.

    Comme on le sait, Jacmel jouit également d’une réputation de cité de peintres, d’écrivains et des arts de toutes sortes. Jacmel Labor Day Gala 2012 a été aussi l’occasion de rendre hommage à ses fils (écrivains, artistes, etc.) les plus célèbres comme : René Dépestre, Alain Turnier, Jean Métellus, Préfete Duffaut, le professeur Jean Claude, Laennec Hurbon, Achille Paris et surtout Roussan Camille, (2012, centenaire de sa naissance) connu pour son œuvre magistrale dans la littérature haïtienne ’’Nedje’’ qui fait aujourd’hui encore succomber de bonheur les mordus de la littérature.

    Sur ces illustres personnalités et d’autres qui ont marqué le destin de la ville de Jacmel et d’Haïti, des éléments significatifs empruntés aux archives de professeur Jean-Elie Gilles (l’un des fondateurs de l’Université publique de Jacmel) ont été présentés et commentés pour l'occasion par le jeune écrivain et professeur Wilson Décembre pour que l’on se souvienne toujours des figures marquantes de l’histoire de cette ville qui regorge de tant de talents.

    On ne peut que féliciter Péguy Pierre, Claude Noailles et toute l’équipe d’Antrami (la liste est si longue) pour une soirée si remarquable.

    Source:Bonzouti.com
    Comments 1 Comment
    1. bana2166's Avatar
      bana2166 -
      Jacmel serait-il contre Jacmel et contre Haïti?

      Affaires Robert Simonis/ Réflexions d’un jacmélien-----Je connais personnellement Edo Zenny depuis son adolescence, je le vois encore arpentant les rues de Jacmel, jouant au football pieds nus sur la place Toussaint Louverture. Serait-il capable de telles choses ? Je comprends que le sectarisme social existe chez nous même secrètement, mais je vois difficilement un Zenny être si vertement impertinent en public, si infantilement vitupérant surtout autour d’un issue aussi délicat qu’est la question de couleur de peau chez nous, stupide mais persistante question. Chaque individu, chaque famille a le droit d’avoir ses propres orientations sociales, politiques, économiques, intellectuelles et autre qui les rendent indépendants de certains principes ou courant qui ne rencontrent pas leur adhésion, mais qu’est-ce qui inviterait Edo à aller si loin ?

      Chaque Homme est libre de se sentir supérieur ou mieux qu’un autre Homme en privé ou dans sa conscience, c’est un droit humain même quand sa nécessité ou sa légitimité serait questionnable; mais je ne donnerais aucun Zenny pour être si irrémédiablement raciste, affiché une déclaration si délibérément provocante à l’égard de quiconque en public. Ce serait un enfantillage notoire de la part d’Edo dont je ne le connais pas capable. Le commerçant natif natal de Jacmel habitué à tout le monde, héritier de parents populaires, ayant grandi dans les bras de « l’élite », peut-être mais au milieu et sous les yeux de la plèbe, s’étant frotté à la classe tout comme à la crasse, presque fils de chaque Jacmélien de la génération de ses parents, ça au moins l’aurait empêché d’être trop Sénateur et l’aurait invité à brider sa langue.

      En tout cas, dans cette affaire délicate, l’on devrait être très perspicace et réservé dans ses réactions à ces allégations tout en les condamnant sans excès et déplorant le sort fait à Simonis, un juge surtout. Et surtout que le petit feu ne brûle pas trop tôt vite pour ne pas incendier avant preuve du contraire les nouvelles aspirations de la ville de Jacmel et du pays entier. Un peu d’eau s’il vous plaît dans ce vin trop fort. Ne faisons pas de faux pas individuels, une affaire de toute une classe et une simple altercation entre deux individus une affaire nationale. Nous sommes déjà passés par ce mauvais chemin-là. Le vingt-et-unième siècle doit porter d’autres problèmes et de meilleurs moyens de solution pour nous. Nous devons nous reconstruire d’abord avant de reconstruire Haïti. Maintenant, cette affaire est le test du degré de maturité auquel nous sommes parvenus, l’examen de notre résilience morale. Qui va donner le premier coup de pied dans la mare historique fangeuse? Qui est prêt à se donner dans le panneau ? C’est tentant hein. Ça fait venir l’eau à la bouche. Pourquoi ne pas saisir l’occasion d’être à la nouvelle page, d’être sous les projecteurs, empruntant la rampe vers son ascendance personnelle aux dépens de tout le monde, de tout Jacmel et de tout Haïti?

      N’oublions pas que pour faire les choses autrement, il faut voir les choses autrement. Les pousseurs du feu doivent s’abstenir sans avoir à chercher qui a tort ou raison, vedettariat malicieux et pernicieux, là tort ou raison demeure introuvable. D’ailleurs qui aurait jamais tort ou raison ? Qui a eu tort ou raison hier ? Personne ! Nous avions tout simplement enrichi l’Achéron national. Les haines tenaces et les préjugés malsains avaient tout simplement agrandi le royaume de la mort. Laissons notre lutte continuer sous de meilleurs auspices, embrassons d’autres agendas. Je conseillerais que les Simonis et les Zenny échangent des mea culpa, se donnent la main et restent Jacméliens. S’il revient au pire, que la justice soit une pour tous.

      Source:Bonzouti.com