Alors que des agents de la Drug Enforcement Administration (DEA) et de la Brigade de Lutte contre le Trafic des Stupéfiants (BLTS) de la Police Nationale d'Haïti ont mené sans succès une opération à Pestel, mardi, en vue d'arrêter Guy Philippe, ce dernier annonce sa candidature aux prochaines élections sénatoriales et dit circuler en toute liberté à Jérémie.

Comme pour lancer un défi à ses poursuivants, l'ancien homme fort du mouvement qui a conduit au renversement du régime d'Aristide, Guy Philippe, affirme être à Jérémie et y circule en toute liberté. « Ces hommes là ne font pas peur, déclare Guy Philippe dans une interview accordée au journal. Je me considère déjà en campagne pour les prochaines élections sénatoriales, je vais m'inscrire comme tout le monde quand le CEP aura à annoncer l'ouverture des inscriptions, ajoute-t-il ». Toutefois, le responsable du Front pour la Reconstruction Nationale (FRN) dit être très prudent, car, selon lui, il est victime de la machination d'un secteur qui en veut à sa vie.
Pour l'heure, l'ex-candidat à la présidence de la République à l'élection de 2006 déclare ne pas faire l'objet d'aucun mandat ni national ni international.
Le leader du FRN dénonce les opérations musclées menées, selon lui, non pas la DEA, mais par le FBI à Pestel au cours de laquelle de mauvais traitements ont été infligés aux membres de sa famille dont des enfants et une femme enceinte. Guy Philippe a qualifié d'illégales ces opérations qui vont à l'encontre de la législation haïtienne.
Selon Guy Philippe, l'accord signé entre le gouvernement haïtien et les Etats-Unis d'Amérique sous le gouvernement de Préval (première version) autorisait la DEA à mener des opérations seulement dans les eaux haïtiennes et dans l'espace aérien, mais il n'a jamais été question de l'espace terrestre, souligne-il.
Il affirme avoir déjà écrit au ministre de la Justice, Me René Magloire, pour savoir les mobiles de ces opérations. Des démarches qui jusqu'à date sont restées lettre morte. Guy Philippe en profite pour critiquer le mutisme des organisations des droits humains, du secteur universitaire et de la classe politique haïtienne sur ces actions et leurs auteurs qui, selon lui, ne font que violer la souveraineté nationale.
Par ailleurs, le Directeur Central de la police judiciaire (DCPJ), Frantz Thermulus, a confirmé la participation de la police nationale à l'opération de la DEA. Frantz Thermulus n'était pas en mesure de dire si l'opération visait à arrêter l'ancien «Combattant de la liberté», il se contentait de dire tout simplement que le but de l'opération était d'appréhender des individus impliqués dans le trafic de la drogue. Le chef de la DCPJ a assuré qu'aucune arrestation n'a été opérée lors de cette opération nocturne dans la ville natale de Guy Philippe.
Source: Le Nouvelliste