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Old 06-27-08, 12:53 PM
Jude Bernard Jude Bernard is offline
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Jude Bernard is on a distinguished road
Le président a parlé(Yves Jn bart)

Article copied from Le Matin!
La prochaine participation d'Haïti à la troisième phase des éliminatoires de la Coupe du monde 2010 méritait une conférence de presse du chef administratif, le président de la fédération, et du chef technique, l'entraîneur Wagneau Éloi. Une bonne partie de l'intervention des deux hommes, mercredi matin, a traité de l'attitude froide du public à Port-au-Prince lors de la première manche Haïti-Curaçao. Le public haïtien n'est effectivement pas celui de Lens, le meilleur de France, qu'Éloi a connu quand il était professionnel. Il peut devenir silencieux, apeuré, râleur même, quand son équipe produit un niveau de football calamiteux comme celui du 15 juin. Il n'a pourtant rien à voir avec le niveau d'exigence de Bernabeu qui agite des milliers de mouchoirs blancs, applaudit l'équipe adverse quand son insatisfaction atteint les sommets. Sylvio Cator est le seul public connaisseur qui ne siffle pas à l'unisson son entraîneur ou un joueur durablement et largement en dessous du niveau requis.
Isolé dans une cabine de presse insonorisée, je ne peux témoigner sur l'attitude vocale du public mais d'aucuns ont opiné n'avoir jamais vu auparavant un Sylvio Cator soutenir à ce point son équipe. Peut-être ont-ils confondu l'animation du groupe Ram en tribune centrale, et deux ou trois autres, éparpillés dans les gradins, avec le public véritablement supporter chantant et vociférant. Soit.
Dans ce reproche adressé au public, la simple question « pourquoi cette froideur ? » n'a pas été posée par Éloi et Jean-Bart. En fait, personne, à part les dirigeants fédéraux, n'a encore digéré le départ provoqué d'Armelio Garcia dont on a apprécié les résultats. Il revient à Éloi, par son discours et surtout ses résultats, de renverser la vapeur. Pour le moment, deux matchs de compétition aussi tristes que le discours fédéral marquent sa présence à la tête de l'équipe nationale. Difficile de ne pas croire que l'entraîneur national bluffe quand il dit être « très satisfait » de la manière dont on s'est qualifié alors qu'il reconnaît notre évidente supériorité technique par rapport aux maladroits footballeurs antillais aux « pieds carrés », dixit Éloi lui-même. Un discours simplement humble et réaliste qui soulignerait le soulagement d'une qualification au forceps, et la promesse d'une amélioration de l'équipe nationale par le travail conviendrait à l'évidence mieux au parcours professionnel d'Éloi et à l'intelligence du public footeux haïtien.
Car Éloi n'a pas intérêt à calquer son discours sur celui absurde de son employeur, dénigreur et adorateur à l'instant d'une chose, d'une institution voire d'une classe sociale « m pa konn al mande devan kay boujwa » et, tout de suite : « nou bezwen sponsò ».
Jean-Bart a atteint le summum du délire quand il annonça sans rire qu'il a refusé une offre - tenez-vous bien - de six millions de dollars américains pour jouer le match Haïti-Salvador des éliminatoires de la Coupe du monde à New York. Jean-Bart a refusé ces six millions de dollars américains pour un match de la sélection à New York parce qu'il « aime le public haïtien » et qu'il pense pouvoir transformer le stade Sylvio Cator en une « citadelle imprenable ». Sortez vos mouchoirs.
Pourtant, la préparation des six prochains matchs qui nous attendent contre Suriname, Salvador et Costa-Rica coûtera selon monsieur Jean-Bart la bagatelle de deux millions de dollars américains. En un seul match, on aurait gagné le triple. Cet argent étant garanti, libre à nous de contacter les meilleurs entraîneurs du monde, d'envisager la construction d'un véritable centre technique que nous n'avons pas encore malgré plus de 800 000 dollars américains donnés par la Fifa à cet effet, de naturaliser à la pelle, comme semble le suggérer le président lui-même, de très bons professionnels brésiliens, argentins ou français, aucune dérive n'étant trop grave quand on veut mener son pays à la victoire.
Le président n'a pas parlé de sa candidature à sa propre réélection, du coup d'État électoral qu'il prépare par la nomination de sa propre commission électorale, d'une date d'élection fixée par lui-même, tout cela au mépris du code électoral type de la Fifa. Le président a beaucoup parlé, s'est félicité d'un nombre incalculable de mérites mais n'a pas prononcé un seul mot du rapport d'audit catastrophique de la Cour supérieure des comptes sur les fonds de l'État mis à la disposition de la FHF depuis six ans, rapport qu'il a reçu depuis fort longtemps. Il a raison, cette fois-ci, le président. À qui de droit d'en parler et d'en donner suite. La réaction de l'État a été de déléguer un commissaire aux comptes qui remet directement leurs primes aux joueurs de l'équipe nationale et effectue les menues dépenses, ce qui n'a pas l'heur de plaire au président. Que pensez-vous qu'il fît, le président ? Il a encore parlé.
Par Patrice Dumont
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