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Old 02-23-01, 06:11 AM
Chéry Lirex
 
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Post Une analyse de la crise haitienne

La convergence fait ses derniers tous de piste.
Le peuple haïtien, contrairement à d?autres peuples, a la mémoire longue. Il se souvient de l?intransigeance de ces élus d?hier qui aujourd?hui s?entassent sur le banc de l?opposition. Eh! Quelle opposition? Pourtant, personne ne peut prétendre ignorer qu?en démocratie l?intransigeance a un prix : le rejet par l?électorat. C?est ce fort tribut que paye l?opposition haïtienne réunie sous le vocable Convergence démocratique pour n?avoir pas su faire taire leurs intérêts au profit de ceux de la nation.
Un petit rappel de la crise.
Durant deux ans, des députés et des sénateurs de la 46ème législature, aujourd?hui déchus, ont bloqué le pays pour imposer un Premier ministre de leur cru. Ils ont débouté tous les aspirants présentés par l?Exécutif provoquant une crise dans le pays qui aujourd?hui encore perdure. Ce qui en temps normal aurait dû être une simple formalité devient une bataille rangée entre clans rivaux. Malgré les appels incessants de la communauté internationale et du peuple haïtien, ils ont fait la sourde oreille sans se soucier de la vulnérabilité des institutions du pays qu?on tente de mettre sur pied.
Cette crise, rappelons-nous, a fait perdre des centaines de millions de dollars d?aides directes à Haïti. Pour les pertes indirectes, nous ne saurions les évaluer. S?ils croyaient pouvoir s?en tirer sans grande conséquence, ce serait faire montre d?une totale ignorance de ce peuple de génie.
Le peuple haïtien, pour s?assurer que pareille situation ne se reproduit plus, s?est servi de son droit de vote pour les chasser du pouvoir. La Fanmi Lavalas ne peut nullement être tenu responsable de leur sort. S?il y a une personne à blâmer, ils n?ont qu?à s?en prendre qu?à eux-mêmes qui n?ont pas encore compris les règles du jeu démocratique.
Le dessein caché l?opposition haïtienne.
Comme nous le savons, ce n?est pas l?expérience qui manque à cette racaille politique. Ces vétérans de la politicaillerie sont passé maître dans l?art de la déstabilisation. Ils ne cherchent pas à rectifier une quelconque injustice. Ils cherchent carrément à nuire aux intérêts du pays.
Comme dit un proverbe haïtien : « si mwen paka manje, ma gate » si je ne peux pas gagner, je fous la pagaille. Sous prétexte de fraude électorale, ils ont réussi à créer une crise de toutes pièces en voyant leur déconfiture au premier tour des élections législatives tenues le 21 mai dernier dans le pays. Et, c?est bien dommage que certains gouvernements étrangers et certaines instances internationales se soient laissés prendre à ce petit jeu; à moins qu?ils soient complices.
Encore et toujours lui pour payer les pots cassés.
Nous pensons qu?il est injuste de pénaliser tout un peuple qui, chaque fois, brave la mort, se rend aux urnes pour témoigner sa foi en la démocratie. Il est tout aussi absurde que des grands esprits qui gouvernent notre monde ne peuvent pas se poser cette toute petite question : pourquoi quinze partis politiques réunis ¾ contre un seul parti : La Fanmi Lavalas ¾ qui se réclament de l?opposition, n?arrivent même pas à mobiliser entre dix à vingt mille de leurs sympathisants dans leur pays pour faire une démonstration de force à un gouvernement qu?ils disent illégitime? La vindicte publique veut qu?ils n?arrivent même pas à mobiliser leurs proches parents!
Des jusqu?auboutistes.
Le gouvernement en place aurait beau tendu la main, il ne trouvera pas d?écho à cet appel. Il aurait beau consenti à faire des concessions : refaire les élections contestées, offrir des postes ministériels, l?opposition, si elle en est une, à moins qu?elle y soit obligée, ne fera aucun effort pour régler cette crise. Car, ce n?est pas le but du jeu.
Le collectif Convergence démocratique sait qu?elle ne peut gagner dans les règles aucune élection dans le pays face au parti La Fanmi Lavalas. En l?absence de l?Armée, elle ne peut compter sur aucune force intérieure pour prendre le pouvoir. Alors, elle compte sur le discrédit et le pourrissement de la situation soit pour forcer une intervention étrangère ou pour empêcher le gouvernement d?agir pour après s?égosiller sur son bilan négatif.
Le but poursuivi par l?opposition est la déstabilisation du pays. Tous les morceaux sont déjà mis en place. Quelques bombes par-ci; par-là, un président parallèle qui, soit dit en passant, n?a qu?un seul point dans son programme le retour de l?Armée d?Haïti démantelée, grande fomentatrice de coup d?État et pourvoyeuse de pouvoir au plus offrant.
Ah! Le bon vieux temps.
À bien y penser, ces grands messieurs doivent peut-être s?ennuyer à remémorer le temps des hommes galonnés. Jadis, où l?accession au pouvoir ne nécessitait qu?une simple entente avec l?État-major de l?Armée, au risque d?une fessée et de se voir déposer. N?est ce pas là un prix dérisoire à payer pour rentrer dans l?histoire, au lieu de perdre du temps à convaincre une majorité réfractaire à voter pour nous, se demandent-ils? Avouez que la tentation est grande! Les Manigat, Gourgue, Evans Paul ¾ ce dernier par la voie de sa femme qui était nommée mairesse de Port-au-Prince sous la présidence d?Ertha Throuillot ¾ peuvent vous en témoigner de l?avantage d?une telle transaction. Alors, pourquoi accepter le chemin tortueux et rocailleux de la démocratie? Il est si difficile!
S?il y a un sens aux élections, c?est sa fonction de sanction. D?ailleurs c?est le seul moment où le peuple intervient directement dans la gouverne d?un pays. À cet instant précis derrière l?isoloir, le peuple récompense ceux qui ont bien fait leur travail et châtie ceux qui ont manqué à leur devoir. Effectivement, l?opposition haïtienne ou ce qu?il en reste, devrions-nous dire, a récolté le fruit de son labeur. Elle est punie pour sa rapacité aveugle.
Chéry Lirex, bachelier en sciences politiques et en communication.
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