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Old 03-05-01, 05:50 AM
Jean Christophe Jean Christophe is offline
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Jean Christophe is on a distinguished road
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Mon cher Lirex,
Vous êtes décidément un homme têtu. Il est probable que vous ayez été un mauvais étudiant, en ce sens que vous cherchiez toujours à vous justifier. C'est très facile de rejeter d'un revers de main les critiques. En effet, cela vous permet de faire l'économie des efforts nécessaires pour produire quelque chose de scientifiquement valable.
Si vous "persitez" dans cette attitude, vous serez, au mieux, un mauvais politologe, au pire, un vulgaire fanatique - à l'instar de tous ces "chimè".
Je crois que les reproches qui vous ont été adressés visent essentiellement à attirer votre attention sur d'autres aspects de la question. Une crise procède généralement d'une multitude de causes. Dans une démarche explicative, on peut toujours donner plus de poids à un facteur, au dépends des autres. C'est une liberté laissée au chercheur. Mais cela n'est possible qu'après avoir procédé à l'examen de l'ensemble des facteurs susceptibles d'intervenir dans la variation du phénomène observé. Sinon on tembe dans l'arbitraire, c'est-à-dire dans des affirmations gratuites et donc sans aucune base rationnelle. Mais je crois comprendre que la méthodologie n'est pas votre for.
Revenons à nos moutons ! Vous pensez que "le peuple a lontemps compris qu?il ferait mieux de se passer de toute opposition" qui, selon vous, est "manipulable, achetable et vendable à souhait". Je ne sais pas d'où vous tirez cette affirmation. Vous le sortez très certainement de votre imaginaire, comme d'habitude.
Pour ma part, l'enjeu du débat actuel, porte moins sur la contestation de la prétention de la Fanmi Lavalas à gouverner le pays que sur :
- Le respect des règles démocratiques;
- l'équilibre entre les différentes
forces sociopolitiques, garanti par la
séparation des pouvoirs;
Cela implique :
1- que les postes, à divers échelons de l'Etat, font l'objet de véritables compétitions où les divers concurents soient mis dans des conditions d'égalité et donc soumis aux mêmes règles préalablement fixées;
2- a) que le parlement puisse voter librement les lois,
b) que l'Exécutif prendre ses décisions en fonction du bien de la collectivité,
c) que les juges appliquent en leur âme et conscience, la loi,
d) que le peuple puisse changer ses dirigeants, lorsqu'il n'est pas satisfait de leurs actions.
C'est seulement dans ces conditions que la liberté des citoyens aussi bien que stabilité (nécessaire au développement socio-économique du pays) peuvent être garanties.
Le reproche fait à la Fanmi Lavalas porte probablement sur le fait que la manière d'accéder au pouvoir fait entorse à ces principes élémentaires de la démocratie. Et on lui demande de donner des garanties formelles aux démocrates. Je ne pense pas qu'on lui demande de disparaître sur la scène politique. Au contraire, Haïti a besoin d'un parti comme celui-ci, pouvant permettre l'intégration d'une bonne partie de la population au jeu politique de ce pays.
En effet, je suis complètement d'accord avec vous lorsque vous affirmez que:
" L?existence d?une opposition, pas plus que l?organisation périodique d?élections dans un pays n?est un gage de démocratie. C?est le peuple qui décide, s?il a des doutes sur le risque d?excès de pouvoirs de la part de ses dirigeants, de se donner une opposition pour en atténuer l?effet. Elle n?est pas une panacée".
Pourvu que les conditions permettent effectivement au peuple d'exercer ce pouvoir consistant à changer ses dirigeants. Les fraudes électorales visent justement à la suppression, en totalité ou en partie, de ce pouvoir. L'enjeu de la lutte démocratique consiste au fond à garantir le maintien et la promotion de ce pouvoir.
Je vous inviterais à prendre connaissance de l'article que j'ai rédigé à propos de la crise: Aux origines de la crise politique en Haïti, dans ce furum.
Jean Christohpe
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