Lirex Chéry
Votre réaction :
« Évidemment, j'ai lu votre relecture de l'histoire de la crise : elle pue le révisionnisme à plein nez. C?est une ?uvre immense si j?en crois les commentaires jusque-là que vous avez reçus. J?ai aimé personnellement quand vous avez trouvé l?origine du coup d?État. L?argument faisant de la révocation de quelques fonctionnaires incompétents de l?administration publique haïtienne la cause du coup d?État est une trouvaille. C?est vraiment un éclair de génie. Je présume que vous avez crié Eurêka! quand vous l?aviez trouvée ».
Texte de l?article, en référence :
« En outre, la volonté des nouveaux occupants du palais national de ne s?appuyer sur leur majorité parlementaire pour gouverner, les poussent à encourager le développement du phénomène de « bandes politiques ». Celles-ci avaient quasiment carte blanche pour procéder aux révocations et aux remplacements des agents publics, accusés de macoutes, au sein de l?administration et des entreprises publiques.
Ce climat d?arbitraire génère la peur chez la grande majorité des occupants d?un emploi dans la fonction ou une entreprise publique. C?était l?occasion rêvée par les militaires et les macoutes pour mettre en ?uvre leur projet de coup d?État mis au point au lendemain des élections. Ainsi, le 29 septembre 1991 Aristide est renversé par le coup d?Etat militaire dirigé par le Général Raoul Cédras. Le Président Aristide est contraint à l?exil. »
Mise au point :
Si vous aviez fait un peu de logique, vous vous apercevriez que les faits évoqués ne sont que des causes occasionnelles. Comme en témoigne, cette expression : « C?était l?occasion rêvée ». Cela signifie que le projet de coup d?Etat, en tant que tel, pré-existait à ces expériences socio-historiques : « leur projet de coup d?État mis au point au lendemain des élections ». Cela peut donner à penser au coup d?Etat manqué de Roger Lafontant, avant l?investiture du président Aristide le 07 février 1991.


J?ai voulu tout simplement mentionner des faits négligés par d?autres études qui ont été faites sur la question. Il m?a semblé que la méthode utilisée pour procéder à la révocation dans la fonction publique a eu comme effet de semer un vent de panique dans le milieu des fonctionnaires. Ce qui était de nature à agir négativement sur leur allégeance au nouveau régime. A cela s?ajoutait le discours consistant à vanter la vertu du « Père le Brun », mobilisé par le président ou celui de l?exploitation des pauvres par les riches - et ses implications socio-économiques. D?ailleurs, ces arguments ont été mis en avant par les entrepreneurs peu scrupuleux de ce coup d?Etat.
Je crois qu?on attendait du nouveau régime des réformes en profondeur dans le domaine de la fonction publique, de la justice et dans l?armée. On attendait qu?il procède à l?instauration de l?Etat de droit. Evidemment, les pratiques instaurées étaient aux antipodes de ces attentes populaires.
Votre réaction :
« Trêve de plaisanterie! J?ai aussi apprécié vos omissions volontaires. En voici une par exemple parmi tant d?autres: le fait de ne pas rapporter la lutte pour le poste de Premier ministre que se livraient le FNCD et les autres groupuscules qui formaient l?Espace de Concertation contre l?Exécutif - poste qui a été finalement échu à l?ex-président Réné Préval à leur grand désarroi. Ne serait-ce pas là par hasard l?origine de la crise? »
Texte de l?article, en référence :
« Le Père Aristide a été élu président de la République sous la bannière d?une coalition qui regroupait une multitude de groupements : Partis politiques, Syndicats, Organisations Populaires, Petites Communautés Ecclésiales de Base, etc., de tendances diverses. Leur seul point commun, est qu?ils affichaient tous leur haine des macoutes et leur volonté de barrer la route du pouvoir à ces derniers. En revanche, rien ne garantissait la cohérence au sein de cette coalition. L?ennemi une fois vaincu, l?unité de vues des artisans de la Démocratie fera long feu : les petits chefs de partis, de syndicats, de bandes (les organisations dites populaires), se sont mis aussitôt à développer des ambitions antinomiques.
Mise au point :
Vous êtes tellement perdu dans votre monde imaginaire peuplé de fantômes totalitaires vous êtes incapable de faire une lecture convenable d?un texte qui est pourtant si simple. Alors, je vous prie d?aller voir un prof de français pour qu?il vous explique un peu l?article. Vous verrez que la réponse à cette question est dans le paragraphe susmentionné : « L?ennemi une fois vaincu, l?unité de vues des artisans de la Démocratie fera long feu : les petits chefs de partis, de syndicats, de bandes (les organisations dites populaires), se sont mis aussitôt à développer des ambitions antinomiques »
Mon cher Lirex, vous faites comme si vous étiez le premier à écrire sur ce sujet, et pour cause. Vous tirez tout de votre imaginaire. Certaines de vos intuitions sont parfois intéressantes. Mais, pour être scientifiquement valables, il faut qu?elles soient étayées par des données précises. Mais c?est trop vous demander me semble-t-il.
En ce qui concerne la question ministérielle. Les conflits ne portaient pas uniquement sur l?histoire du Premier Ministre. Permettez moi de vous apprendre qu?il n?y avait aucun ministre sorti du rang de FNCD au sein du gouvernement d?alors.
Avant de crier haut et fort, comme un « gros-vieux-tonneau-vide », oh le «révisionnisme», il faut déjà savoir ce qui s?est effectivement passé. Mais, comme vous êtes resté empêtré dans votre imaginaire peuplé de fantômes totalitaires, cette démarche vous restera toujours étrangère. Je vous rassure, Mon cher Lirex, que des « gros-vieux-tonneaux-vides-faisant-beaucoup-de bruit » comme vous, on les ramasse à la pelle au pays. Vous y avez bien évidemment votre place. Comme vous faites de la communication, vous aurez largement votre place au sein de la TNH. Car, vous avez davantage le profil d?un propagandiste qu?un intellectuel.
En ce qui concerne ce qui s?est effectivement passé, voici ce que rapporte M. Etzer Charles, un proche du mouvement Lavalas, à l?époque :

« Dès la formation du gouvernement, un malaise est apparu au sein du Mouvement Lavalas du fait qu?il n?existe aucun ministre venant du FNCD. Alors que ce dernier réclame sa présence au gouvernement comme condition au renforcement de l?alliance, le gouvernement, de son côté, explique sa composition par la nécessité de constituer une équipe très unifiée et solide, capable de prendre les décisions urgentes qui s?imposent. Pour autant, l?alliance n?éclate pas. Cependant, en dépit des contacts permanents entre les différentes composantes, elle ne sera jamais au beau fixe. Cette situation n?est pas sans conséquence sur les relations entre l?exécutif et le législatif où les parlementaires du FNCD ne font pas toujours preuve d?un ferme soutien au gouvernement. Ainsi, certains d?entre eux, en août 1991, n?hésitent pas à s?allier à l?opposition pour essayer de renverser ? mais en vain - ce dernier.


Dans ce climat de tensions, l?alliance est pratiquement rompue ; climat affaiblissant le siège du pouvoir et dont ne manquent certainement pas de tenir compte ceux qui, dans l?ombre, pensent au coup d?Etat. » (Le pouvoir politique en Haïti :de 1957 à nos jours, 1994, Editions Karthala, p. 403).
Votre réaction :
« Vous qui avez un tel souci du détail, surtout pour les dates précises, vous aviez sans doute oublié de rapporter ce fait, comme vous aviez carrément omis de transcrire quand vous m'avez cité "au lieu d'avoir une" pour déformer ma pensée? Franchement Cà devient une manie chez vous! J'ai dit: "le peuple a longtemps compris qu'il ferait mieux de se passer de toute opposition au lieu d'avoir une manipulable, achetable et vendable à souhait". »
Le texte de l?article, en référence :
« Vous pensez que "le peuple a lontemps compris qu?il ferait mieux de se passer de toute opposition" qui, selon vous, est "manipulable, achetable et vendable à souhait". Je ne sais pas d'où vous tirez cette affirmation. Vous le sortez très certainement de votre imaginaire, comme d'habitude. »
Mise au point :
Les subtilités de la langue de "Molière" vous posent décidément de sérieux problèmes : les tournures aussi bien que les mots ["for (fort)"].
Mais j?attends votre réaction sur les question de fonds de ma dernière intervention. Je me contente de les reprendre entièrement :
« Pour ma part, l'enjeu du débat actuel, porte moins sur la contestation de la prétention de la Fanmi Lavalas à gouverner le pays que sur :
- Le respect des règles démocratiques;
- l'équilibre entre les différentes
forces sociopolitiques, garanti par la
séparation des pouvoirs;
Cela implique :
1- que les postes, à divers échelons de l'Etat, font l'objet de véritables compétitions où les divers concurents soient mis dans des conditions d'égalité et donc soumis aux mêmes règles préalablement fixées;
2- a) que le parlement puisse voter librement les lois;
b) que l'Exécutif prendre ses décisions
en fonction du bien de la collectivité;
c) que les juges appliquent en leur âme
et conscience, la loi;
d) que le peuple puisse changer ses
dirigeants, lorsqu'il n'est pas
satisfait de leurs actions.
C'est seulement dans ces conditions que la liberté des citoyens aussi bien que stabilité (nécessaire au développement socio-économique du pays) peuvent être garanties.
Le reproche fait à la Fanmi Lavalas porte probablement sur le fait que la manière d'accéder au pouvoir fait entorse à ces principes élémentaires de la démocratie. Et on lui demande de donner des garanties formelles aux démocrates. Je ne pense pas qu'on lui demande de disparaître sur la scène politique. Au contraire, Haïti a besoin d'un parti comme celui-ci, pouvant permettre l'intégration d'une bonne partie de la population au jeu politique de ce pays.
En effet, je suis complètement d'accord avec vous lorsque vous affirmez que:
" L?existence d?une opposition, pas plus que l?organisation périodique d?élections dans un pays n?est un gage de démocratie. C?est le peuple qui décide, s?il a des doutes sur le risque d?excès de pouvoirs de la part de ses dirigeants, de se donner une opposition pour en atténuer l?effet. Elle n?est pas une panacée".
Pourvu que les conditions permettent effectivement au peuple d'exercer ce pouvoir consistant à changer ses dirigeants. Les fraudes électorales visent justement à la suppression, en totalité ou en partie, de ce pouvoir. L'enjeu de la lutte démocratique consiste au fond à garantir le maintien et la promotion de ce pouvoir. »
Jean Christophe
[Ce message a été modifié par Jean Christophe (edited 06 Mars 2001).]