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Old 03-07-01, 08:44 AM
Keyvin
 
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Salut à tous,
J'ai beaucoup apprécié les dernières interventions traitant de la crise haïtienne.
Je dois dire que j'ai un faible en particulier pour l'article de Tibob de Nazareth. Avouons-le, il (elle) manie bien la langue de Molière.
Sur le fond, je suis sur la même longueur d'onde sur de nombreux points. Je vais m'arrêter en particulier sur l'attitude de l'"opposition" qui contribue sans doute à alimenter la crise haïtienne (je pourrais tout autant me pencher sur la stratégie de Fanmi Lavalas).
Il n'y a pas longtemps de cela, pour résumer la stratégie de l'"opposition", j'ai parlé de combat contre un homme et non pas d'une volonté de faire avancer les choses à travers un projet social, politique et économique. En effet, force est de constater que la plupart des critiques de l'opposition portent sur un homme et non pas vraiment une forme de pensée. Or, que je sache, la démocratie représente, entre autres, un système politique où le débat d'idées a toute sa place, celui-ci se traduisant par exemple par une confrontation des projets que soumet un gouvernement (projet discuté au parlement) et des contre-propositions avancées par l'opposition (qui, dans ce cas, se veut constructive). Certains me diront que dans l'état actuel des choses LaFanmi détient la quasi-totalité du pouvoir (je ne reviens pas sur les problèmes rencontrés lors des différentes élections, il faut savoir à un moment ou un autre aller de l'avant et arrêter de pleurnicher). Ils auront raison. Néanmoins, dans une telle situation, une vraie opposition devrait se donner comme objectif de revenir aux responsabilités non pas en tirant à boulets de canon sur les uns et les autres mais en contruisant une réelle alternance. C'est ça aussi une démocratie. Quand nos hommes politiques l'auront compris, le pays en récoltera sans doute les fruits.
Encore une fois, tous ceux qui se sont prononcés précédemment ont tous raison quelque part. Je pense notamment aux points évoqués par Jean Christophe sur ce qu'on attend de nos institutions en termes d'équité. Cependant, je pense qu'il faut aller doucement et ne pas trop demander en même temps. Tout cela exige un certain apprentissage, une certaine adaptation. Quand on sait à quel point la corruption règne dans nos institutions (d'ailleurs, à ce propos, il est intéressant de signaler qu'en matière de corruption pas mal de pays du Nord n'ont rien à envier à Haïti). Je ne dis pas qu'il ne faut pas le faire. Au contraire. Si le respect de l'équité est dispensable pour commencer à établir une vraie démocratie, il est tout aussi important de penser la refondation de nos institutions de façon efficace.
Enfin, autant je trouve l'historique de Jean Christophe sur la crise haïtienne autant on peut lui reprocher de ne pas mentionner certains éléments qui pourraient renforcer l'analyse. En voici quelques uns :
1) La manière assez douteuse d'arriver au pouvoir de Manigat en 1988 (Rappelons par ailleurs que, si celui-ci a contesté la légitimité d'Aristide en tant que président de la République, arguant que le taux de participation aux élections n'était que de 5%, il a bien été élu en janvier 1988 (peut-être, disent certains avec l'aide des FAD'H) avec un taux de participation autour de 5%).
2) L'origine du coup d'état. Il est vrai qu'il faut faire un choix dans des éléments explicatifs de l'évènement en fonction de certaines préférences accordées à telles ou telles autres thèses, mais les éléments avancés ne me suffisent pas.
3) Peut-on vraiment parler de classe moyenne en Haïti suite à la chute des Duvalier?
4) Parler d'existence de deux gouvernements en Haïti peut porter à confusion. Officiellement, il n'en a qu'un.
Pour finir, je note encore une fois, comme l'ont déjà signalé certains, que si la crise perdure en Haïti c'est sans aucun doute parce que nos hommes politiques ne parviennent pas encore à dépasser leurs propres intérêts personnels (ou de classe).
A bientôt
Keyvin
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