Chers amis de la SICRAD,
Je vous connais personnellement, comme individus et comme institution. J'ai déjà entendu parler de cette proposition depuis plus d'un an. Mais je me demande si nous ne faisons pas que corroborer en quelque sorte le désordre en cherchant tout le temps à détruire ce que nous avons, parce que nous, certains intellectuels et certains hommes de la classe moyenne, plus ou moins viable économiquement, considérons que nous ne voulons pas ce que nous avons. Dès lors il faut s'en débarrasser et partir à nouveau. Je me rappelle que Mr Gérard Gourgues, aujourd'hui chef de l'opposition, faisait partie dans la première moitié de 1980, du groupe de personnes qui cherchaient des alternatives à la conjoncture de l'heure. De fait il était membre du Conseil National de Gouvernement, et on sait déjà cette partie de l'histoire.


En 1990, pour barrer la route à un imminent retour des macoutes, on voyait en Mr Aristide l'alternative. 7 mois après, on lui a donné le coup d'état et plusieurs de ceux qui étaient dans ce "mouvement Lavalas" se sont tournés le dos à l'alternative pour appuyer le coup d'état et empêcher le retour à l'alternative démocratique enclenchée par les élections démocratiques de 1990.


Jean Bertrand Aristide est retourné en 1994. OPL est formée comme alternative politique, le FNCD s'étant prostitué. On a eu des élections, présidentielles et législatives, mais la convivence n'était pas possible entre les deux secteurs de l'état, par ce que l'un voulait toujours ce dont l'autre ne voulait pas. Il n'y avait pas moyen ni manifeste volonté de céder et entrer dans le jeu démocratique. Et, vous savez aussi bien que moi d'ailleurs, que tous ces dirrigeants de l'heure, législatifs et l'exécutif, ainsi que les principaux chefs de leur respectif parti, prenaient tous part aux discussions antérieures sur la recherche d'alternatives. Nous constatons la suite avec dégoût et regret. Nous avons perdu un membre, il s'est suicidé à cause de la frustration engendrée par tout cela. Et nous avons perdu plusieurs potentialités, des cerveaux et de ressources humaines honnêtes.


Maintenant des élections de 2000. Tout le monde était conscient que la mojorité des élus était de façon régulière. après le blanc, un secteur de la société n'a pas accepté les résultats. Dans la même année on a assisté sur le plan international la résolution de conflit nées des élections avec des résultats irréguliers. Mais comme ils sont LES PERES DU SAVOIR FAIRE DEMOCRATIQUE ils profitent de cet appui pour tirer leur épingle fu jeu, ces professionnels de la crise. Alors dit-on qu'il faut chercher une autre alternative parce que ces choix ne vont pas selon nos intérêts. Et on appuie en silence le secteur puissant de la communication et de l'argent. On suit les arguments faciles et on se réfuge dans l'émotivité partisane pour refuser de donner une chance à la majorité pauvre du pays qui a choisi lors des dernières élections. Comme cela fait l'affaire de plusieurs avares et de prostitués politiques, nous nous alignons comme agneaux derrière des scénarios Made In Outside for Hidden Interests. Et nous refusons de donner une chance au pays. Nous refusons de construire et attendre l'évolution de la construction. Nou vle manje tou kwit. Nous voulons des décisions en langue étrangère et dans des réunions à l'hotel. Si vous voulez une autre alternative, allez dans les mornes et voyez les paysans. Ils ne peuvent pas parler le français et ne savent même pas ce qu'est un ordinateur et si l'internet existe. Peut être découvriez vous une raison pour appuyer la campagne d'alphabétisation au lieu de la bouder à la faveur d'un morceau de pouvoir et de réputation médiatique. Allez dans les quartiers populaires et les habitants de ces Favellas engendrés vous diront, qu'au delà des détritus et de la poussière il y a des individus qui cherchent une alternative et qui se voient toujours rejetés dans les leurs. Si vous vous permettez de rentrer chez euz, appréciez avec eux les photos bien gardées de Préval et D'Aristide. Alors vous exigez avec eux le respect de la constitution et une pratique véritable de la démocratie où la voix de la majorité est respectée.


Dès lors vous pouvez penser à chercher une autre alternative. Ce n'est que par la voie des élections qu'on a commencé le jeu démocratique. Si vous voulez une autre alternative, commencez par promouvoir le respect des décisions électorales. Donnez une chance au pays de respirer. Cherchez à alimenter l'idée qu'Aristide fasse ces 5 ans et qu'un autre président le remplace. Nous devons maintenir l'esprit constructeur.


Je pense qu'il est trop tôt pour penser à une alternative quand nous n'avons jamais donné une chance réelles à celles que nous avons eues de démontrer ce qu'elles peuvent donner. Nous prions toujours avec deux ou plusieurs chandelles. Et nous demandons toujours des choses afin de mieux le refuser. Nous en avons marre. Aristide et son équipe est en train de faire un mauvaise gestion mais cela ne donne pas raison au comportement destructeur des gens de l'opposition et de certains autres secteurs. D'ailleurs vous savez aussi bien que moi que les gens de l'opposition n'ont pas le caractère et le savoir faire nécessaire pour réaliser quelque chose supérieur. De fait c'est la raison qui vous pousse à proposer qu'on cherche une autre alternative.


Je vous le dis franchement que vous vous êtes trompés de cible et aussi vous empruntez un chemin qui ne va pas conduire à la supération de cette condition où nous sommes maintenant. Après 15 de la chute des Duvalier, nous ne faisons que quereller entre nous au nom de la démocratie et l'alternance politique mais nous refusons à chaque fois de donner une chance à l'autre de montrer ce qu'ils peuvent. Il y a toujours une crise à gérer. Et ce sont toujours ces intellectuels de bon chemein qui se trouvent chaque fois à son origine. Pensons pays. Pensons l'alternance politique et désirons la sans hypocrisie ni recherche d'intérêts de chapelle ou de portefeuille individuelle. Entreprenons un travail de formation dans l'apprentissage de la démocratie. Cultivons la tolérance et donnons nous à respecter. Cessons d'avoir ce portrait d'enfants gâtés qui pleurent pour des jeux et le détruisent sans considération. Nou Pa Mò, Nou Konn Pri Dra. Donnons une chance au peuple et construisons une nouvelle société basée sur le respect des principes démocratiques. Nous avons plein d'exemple d'élections avec des résultats irréguliers par devant nous. Mais nous autres nous nous comportons en moutons d'abattoir et refusons de donner une chance à l'histoire. Nou Pa Ka manje manje a nou prefere gate li. An nou sispann kite moun mete nou devan pou enterè yo mache. Construison le pays non avec des critiques destructrices et des dialogues infructueux. Tous ces gens qui sont aujourd'hui dans l'opposition étaient à l'ombre du pouvoir à un moment donné. Vous autres aussi, du SICRAD, vous aviez vos partennaires, vos amis et vos protégés. Vous continuez d'en avoir d'ailleurs. N'enlisons pas notre énergie dans des entreprises qui vont détruire notre être Haïtien. Aujourd'hui le pays a besoin d'une pause véritablement démocratique. La majorité a choisi. Respectons maintenant sa volonté et construisez votre avenir, car demain ce sera votre tour.


Nous avons fait 1986, sous pressions macoutes et militaires. Nous avons résisté les 3 années du Coup D'Etat. Se pa Aristid si nou te vle voye li ale pou nou pa ta ka voye li ale si nou ta vle. Evitez cette propagande malveillante qui foule au pied le droit de la majorité. Nous avons déjà une alternative. Il faut l'améliorer chaque jour. Mais, toujours dans la construction d'une société de droit dans le respect de la manifestation des volontés majoritaires.
Marchons Unis...
granzepon@yahoo.com
<FONT COLOR="#800080" SIZE="1" FACE="">Ce message a été modifié par granzepon on 30 Novembre 2001 at 01:34 AM</font>