View Single Post
  #2 (permalink)    
Old 11-27-01, 11:37 AM
ticoq
 
Posts: n/a
Post

Je poste une version plus ou moins complete des choses Bob:
--------------------------------------------
Port-au-Prince 25 nov. (IPS)--- L 'attitude passive des autorités dans la gestion du dossier de l'enquête sur les assassinats le 3 avril 2000 du célèbre journaliste haïtien Jean Léopold Dominique et d'un employé de sa radio ont valu au gouvernement de vives critiques au cours de la semaine écoulée.
Les débats sur l'impunité dont jouissent certains proches du pouvoir impliqués dans ce dossier ont redoublé d'intensité dans les médias et dans l'opinion à la suite de plusieurs cas d'agressions physiques et verbales enregistrées contre des journalistes dans différentes régions du pays au cours de ces dernières semaines.
Le juge d'instruction chargé de l'affaire n'a pas pu prononcer son réquisitoire final à cause de la lenteur mise par les sénateurs à se prononcer sur la levée de l'immunité de Dany Toussaint, un influent membre du parti d'Aristide inculpé dans ce double meurtre.
La demande de levée de l'immunité du sénateur Toussaint a été produite il y a trois mois. Elle risque de ne pas être traitée dans l'immédiat en raison de différents prétextes évoqués par le président de la commission chargée de l'analyser alors que le mandat du juge expire le 3 janvier prochain.
Le juge ne manifeste pas aucune envie de continuer avec son enquete en raison de ces blocages. Il a également peur pour sa vie et celle des membres de sa famille. Les hommes et les matériels mis à sa disposition par l'administration du Président Préval dont le journaliste était le conseiller personnel, ont été réduits à un tiers sous l'administration Aristide a appris IPS.
Robert Ménard, secrétaire général de l'organisation internationale de défense de la liberté de la presse, Reporters Sans Frontières (RSF) a annulé une visite au Pérou à l'occasion du Sommet Ibéro américain pour venir ici s'informer sur la situation de la presse et rencontrer les autorités autour de l'enquête.
Ménard qui a rencontré le ministre de la justice Gary Lissade, le président du sénat Yvon Neptune, le Directeur Général de la police haïtienne, Jean Nesly Lucien, des sénateurs et le juge chargé de l'affaire n 'a pas grand espoir que l'immunité de l'influent sénateur Toussaint soit levée.
« Je pense qu'on n'arrivera même pas au vote. La commission parlementaire déclarera la requête du juge irrecevable. J'ai parlé à certains sénateurs du parti Lavalas et ils m'ont donné au moins trois raisons pour que le sénat ne se prononce pas. Ils sont solidaires en dépit de leurs divergences puisqu'ils sont du même parti. Dany Toussaint leur fait peur et finalement certains d'entre eux sont achetés par Toussaint, considéré comme un homme très riche »a -t-il déclaré.
Le président du sénat Yvon Neptune estime que le sénat est dépassé par la densité de dossiers à traiter en vertu d'une convocation extraordinaire du président Aristide pour le vote de nouvelles lois et la ratification de nouvelles conventions.
Ce qui inquiète encore l'organisation non gouvernementale c'est que plusieurs personnes, membres d'organisations populaires liées au pouvoir concernées par l'enquête et qui sont l'objet de mandats d'arrêt circulent sans inquiétude et donnent des conférences de presse ici et là sous les yeux de la police.
« J'ai demandé au Directeur de la Police pourquoi ces gens la qui donnent des conférences de presse ne sont-ils pas arrêtés, il m'a répondu que ces personnes n'avaient pas informé la police de la tenue de leur conférence de presse. Alors, la je me suis dit qu'il me prenait pour un imbécile »a déclaré Ménard.
Reporters Sans Frontières a annoncé ici vendredi qu'elle se constituera comme partie civile dans cette affaire aux cotés des proches de Jean Dominique. Un cabinet d'avocat haïtien qui a été contacté à ce sujet devra travailler en collaboration avec des juristes francais sur la question.
En déclarant que son organisation allait demander à l'Union européenne (UE) d'inclure l'aboutissement de l'enquête sur l'assassinat du journaliste comme une des conditionnalités de l'aide à Haïti et en mentionnant qu'Aristide pourrait bientôt figurer dans la prochaine liste des « prédateurs de la liberté de la presse dans le monde « remise à jour le 3 mai de chaque année, Robert Ménard a soulevé le mécontentement de Guy Paul, le ministre de la Communication et de la Culture.
« Nous pensons que Robert Ménard, de Reporters sans frontières a outrepassé ses droits et dépassé ses limites. Robert Ménard ne peut pas venir ici dans ce pays pour accuser gratuitement le président de la République sans faits et motifs. Le président est certainement responsable de la bonne marche des institutions mais il doit laisser les institutions travailler en toute indépendance sans les supplanter « a déclaré le ministre.
« Robert Ménard, avec arrogance en s'appuyant sur les pouvoirs que lui confère l'organisation internationale dont il est membre, prend sur lui-même de demander à l' Union européenne de renforcer le blocage et le terrorisme économique déjà imposés sur un pays qu 'ils disent être le plus pauvre de l'hémisphère » avance Paul.
Ménard doit faire attention en menant des actions pour faire avancer le dossier Jean Dominique et Jean Claude Louissaint pour qu 'il ne tombe pas dans une situation d'immoralité face au peuple haïtien qu'il veut affamer davantage avec les mesures qu'il entend demander » a t-il ajouté.
Le ministre a qualifié les déclarations de Ménard de raciste tout en reconnaissant que les aspects concernant le fonctionnement de l'appareil judiciaire soulevés par ce dernier étaient justes.
Plusieurs faits signalés depuis le début de l'enquête dénotent que les autorités font preuve de complaisance dans le suivi du processus. Deux personnes suspectes de participation au meurtre ont été tuées dans des circonstances douteuses.
Le dernier en date est le cas de Panel Rénélus, un complice présumé dans l'assassinat du directeur de Radio Haïti Inter qui a été tué à coups de pierres et de machettes par une foule de manifestants, le 9 novembre 2001 alors que le suspect se trouvait dans un sous commissariat sous protection policière.
Panel Rénélus avait été arrêté la veille à Malpasse, un poste-frontière avec la République dominicaine situé à 40 km à l'Est de Port-au-Prince.
Il avait été immédiatement transféré dans un sous commissariat à Léogane, situé à 30 kilomètres au sud-ouest de la capitale.
Arrêté le 15 juin 2000, Jean Wilner Lalanne, soupçonné d'avoir servi d'intermédiaire entre les commanditaires et les exécutants de l'assassinat du journaliste a succombé quelques jours plus tard, après avoir subi une opération bénigne. Son corps avait ensuite disparu de la morgue d'un hôpital d'Etat alors que les enquêteurs souhaitaient pratiquer une deuxième autopsie.
Reply With Quote