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Old 11-25-01, 10:52 AM
marco21 marco21 is offline
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Ayibobo !
Vous me demandez le pourquoi de mes réserves sur la question de la double nationalité, bien que je sois membre de la diaspora. Je répondrais tout simplement par une phrase d?Italo Calvino :
" une ville n'est pas belle par les merveilles qu'elle te propose, mais par les réponses qu'elle te donne"
Malheureusement l?émotion liée à la question de la nationalité double ne permet pas une discussion rationnelle du thème. Je crois que nous n?avons pas encore saisi de quoi il s?agit. Je crois surtout que c?est un faux débat. J?aimerais tout d?abord commencer par faire la différence entre nationalité et citoyenneté pour arriver à démontrer que ma peur ne réside pas dans le fait que les Haïtiens recouvrent leur nationalité (ce qui par ailleurs est superflu) mais bien ailleurs.
Le mot «nationalité» renvoie au mot «nation» et a une dimension identitaire et passionnelle. La citoyenneté par contre peut être définie comme la jouissance des droits civiques attachés à la nationalité. Il s'agit en fait du droit de vote et d'éligibilité. Est-ce que tous nationaux peuvent être citoyens ? Remontons en Grèce antique, à l?origine même du concept, où pour la première fois l'idée de participation à la «chose publique» (res publica ) fait surface. Là cette participation était réservée à une élite masculine, les esclaves et les femmes en étant exclus. Un autre exemple de notre temps serait les pays colonisateurs et les colonisés. Donc le citoyen se différencie du national. Le citoyen dispose de droits (droit de vote, d'éligibilité, d'accès à la fonction publique...), est également soumis à des devoirs. L?Etat peut dans des cas bien précis enlever ce droit á un citoyen par exemple pour conduite illégale.
Comment donc un membre de la diaspora peut-il être citoyen haïtien, puisqu?il, de par sa résidence, ne peut pas remplir ses devoirs de citoyens ? Quant á la nationalité, je trouve que c?est superflu de discuter là-dessus puisque Haïti est signataire de la Déclaration universelle des droits de l'Homme qui stipule que « personne ne peut perdre sa nationalité». Je suis pour que les Haïtiens naissent et meurent Haïtiens, que l?état haïtien ne reconnaisse pas la double nationalité mais également ne nie jamais la nationalité d?origine d?un haïtien. Car le pays d?origine reste un élément important dans la construction de l?identité, dans la construction de la personnalité de tout homme. Lui arracher la nationalité est un « Kadejak » á son SOI.
JE PLAIDERAIS POUR UNE DOUBLE NATIONALITE, SI ET SEULEMENT SI LA DOUBLE NATIONALITE TROUVE SON FONDEMENT DANS UNE IDENTITE QUI PUISERAIT SA SOURCE DANS L'APPARTENANCE NATIONALE AU PAYS D'ORIGINE ET UNE CITOYENNETE QUI SERAIT UN DROIT DANS LE PAYS DE RESIDENCE.. Nous sommes citoyens là où nous vivons en vertu des principes fondamentaux des droits de l'homme. Car on ne fait pas la question de la nationalité comme critère pour faire appliquer une loi, pour payer ses redevances communales, payer ses cotisations sociales ou bien pour percevoir ses impôts.
Rappelons-nous une phrase de notre héros national (Toussaint Louverture), qui a révolutionné le monde entier, une phrase dépassait son temps " Tout homme qui foulait le sol d'Haïti était libre de fait ». Par cette phrase nous avons ouvert alors encore plus grands " les chemins de l'égalité des droits civiques et économiques ".
Je crois que vous oubliez un élément important dans la discussion : La double-nationalité ne permet pas seulement à l?ex-Haitien de recouvrir sa nationalité, elle permet tout aussi bien à un étranger d?acquérir, à côté d?autres nationalités, la nationalité haïtienne. Un Etat fort n'a rien à craindre de la double nationalité. Un Etat fort ne reconnaît comme ses citoyens que ceux que sa loi définit comme tel: n'est citoyen d'un Etat que celui qui y exerce pleinement ses droits et ses devoirs. La naturalisation, processus par lequel l'individu accède à une communauté politique, assure son inclusion, sous certaines conditions certes, mais ces conditions ne concernent que le lien entre l'individu et sa nouvelle communauté politique dans le cadre de son Etat, donc territorialement limitée. Bien entendu, cela n'implique ni amnésie culturelle ni oubli de l'appartenance antérieure, mais cette dernière ne constitue plus qu'un document réservé à la vie privée, comme une photo de famille. Quant à sa validité juridique, elle relève tout simplement d'ententes entre Etats. HAÏTI SERAIT-ELLE CAPABLE JURIDIQUEMENT ET POLITIQUEMENT DE POURSUIVRE UN « AMERICANO-HAÏTIEN » AYANT COMMIS DES ACTES DE BANDITISME SUR LE TERRITOIRE HAITIEN ET QUI SE REFUGIE AUX USA ? VOYONS, MESSIEURS. NOUS N?AVONS MEME PAS PU FAIRE EXTRADER UN HAITIEN (TOTO CONSTANT) DES USA. PREVENIR EST MIEUX QUE GUERIR.
Il est difficile de concevoir un Etat démocratique réellement dépourvu de toute dimension identificatrice. Le vrai défi pour une Haïti acceptant la double-nationalité est donc de définir les éléments nécessaires pour une identification de ses «nouveaux citoyens» (étrangers naturalisés Haïtiens) avec les institutions haïtiennes, ses principes fondamentaux et sa Constitution, de les aider à développer un sentiment de responsabilité vis-à-vis de la vie politique et de leur nouvelle «communauté de destin», sans se préoccuper d'un autre passeport qui ne peut être valable que dans le pays d'origine. HAÏTI SERAIT-Il CAPABLE DE GARANTIR DE SES NOUVEAUX CITOYENS UN CERTAIN ATTACHEMENT ÈMOTIONNEL ?
Je trouve nécessaire de réfléchir á cela.
L'initiative d'intégrer la diaspora au développement économique du pays est très souhaitable.
Si l?on trouve qu?il y a des lois qui désavantagent, des lois qui discriminent l?émigré, l?on doit aussi avouer que l?acceptation de citoyens á double nationalité conduirait aussi á créer des lois qui désavantageraient le citoyen haïtien qui ne possède pas la double nationalité. Des citoyens á double-nationalité peuvent par exemple élire et se faire élire dans les deux États. Ils jouissent des privilèges non justifiés par rapport aux Haïtiens avec une seule nationalité.
A ceux qui prétendent qu?Haïti aura des retombées économiques importantes si on acceptait la double nationalité, je dirais tout simplement a-t-on besoin de la citoyenneté haïtienne pour aider Haïti, son pays d?origine ? Je prétends qu?il n?y a pas encore un attachement émotionnel si fort entre Haïtiens et Haïti pour une telle décision. Si oui je comprends mal pourquoi les Haïtiens détruisent Haïti. On ne détruit pas sa propre maison. Au contraire on l?embellit et on est fier de la présenter aux autres. Je ne pense pas non plus qu?avec la double-nationalité les Haïtiens de la diaspora seront prêts á aller investir ou aller vivre en Haïti. Qui voudra bien laisser le « paradis » des USA et de l?Europe, où il paraît que chacun mange á sa faim et peut en plus accumuler ? Que le premier me jette la pierre ? Marc-henry ? Paulo ?
Je demanderais aux partisans de la double nationalité de me faire parvenir leur point de vue avec arguments solides.
Il s'agira surtout :
· les avantages économiques que cela rapporte aux pays ayant adopté la double nationalité (pays sous-développés)
· les avantages diplomatiques (l'influence que peuvent avoir les ressortissants à double nationalité dans les grands cercles de décisions et auprès des bailleurs des fonds.)
Une autre Haïti est possible
Marco
Ps. Ne soyons pas aussi arrogants par rapport aux Haïtiens locaux. J?ai l?impression que sans vous Haïti est condamnée á mourir !!! Dois-je vous rappeler qu?il y a peu de dirigeants ou de politiciens haïtiens qui n?ont pas été á un moment donné de leur vie « dyaspora » et pourtant Haïti s?agonise et peut-être même est en coma. NE SERIONS-NOUS PAS UNE PARTIE DU PROBEME ?
P.-S. Pour Marc-henry. L?Allemagne n?a jamais été tolérante ne ce qui concerne la double-nationalité. Il est vrai que la coalition SPD - Verts au pouvoir depuis l'automne 1998 avait pourtant avancé la double nationalité, comme moyen d'intégrer les étrangers dans la nation allemande pour faciliter la naturalisation des étrangers, notamment des Turcs qui tiennent à garder la nationalité turque. Ce projet, qui a suscité une forte mobilisation des émotions en Allemagne et a profité à l'opposition comme l'avait montré le résultat des élections partielles l'année dernière, a conduit le gouvernement à faire marche arrière.
Quant à la lettre au Président, je croyais te l'avoir envoyée de même qu'à Jafrikayiti. Il faut vérifier ton Mail.
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