La pratique de la démocratie en sol haitien se joue comme une pièce de théatre ou la comédie et le mélodrame ne se maquillent même pas pour tromper la foule.

Les acteurs politiques en place (Aristide et tous les autres) vendraient tous leur âme au diable pour occuper le devant de la scène et recevoir tous les honneurs réservés aux grandes vedettes. Ce qui est triste dans toute cette scène c'est que la foule ne trouve pas tout cela drole. Mourant de faim, malade, sans travail , illétrée et insécure la foule regarde et observe le jeu des acteurs du coin de l'oeil. Son pain quotidien ne se fait pas de politique, mais de débrouillardisme et ce depuis 200 ans. La foule sait sans doute que le miracle qui la sortira des griffes des comiques du pouvoir est loin dans l'agenda des éventualités. Cela ne l'empêche pas pour autant de se débattre comme le diable dans l'eau bénite. La foule a foi en son destin. Elle ne se décourage pas. Le rideau finira par tomber et tous les comédiens finiront un jour par se lasser de leur jeu. À moins que la foule ne se décide à jouer du coude et faire sortir les comédiens de force. Souvenons-nous, en 1986, le comédien Duvalier a quitté la scène sans même attendre l'entracte . Sa pièce de théatre aura été à la fiche pendant plus de 30 ans. Il faut comprendre aussi que ce comique avait hérité de son lugubre père le don de l'hypnotisme. C'est ainsi qu'il a plongé la foule de force dans un long et profond sommeil. Ceux qui ne dormaient pas l'ont regretté amèrement. La foule cette fois-ci ne dort pas, elle regarde du coin de l'oeil le jeu des acteurs de la pièce intitulée: Les brutes, les mauvais et les méchants!

À quand la fin de la comédie?