Port-au-Prince, 24 avril 2002 -(AHP)- Un groupe de paysans et de victimes du massacre de Piâtre (2ème section communale de Saint-Marc) ont demandé mercredi aux organisations haïtiennes de droits de l'homme de se mettre de leur côté dans le cadre de l'instruction de cette affaire.
Ce massacre perpétré le 12 mars 1990 avait fait une dizaine de morts. De nombreuses maisons avaient été incendiées, plusieurs centaines d'animaux abattus et des plantations détruites.
Dans une déclaration écrite parvenue à l'AHP, ces paysans expliquent leur demande par le fait que, disent-ils, le cabinet d'instruction ne leur inspire pas confiance.
Ils dénoncent le manque de transparence et le caractère partisan de ceux qui sont en charge du dossier.
Dans le cadre de l'instruction de cette affaire, les paysans demandent aux responsables de la justice de questionner une réunion qui se serait tenue le 4 mars 1990 sur une plage qui appartenait à M. Olivier Nadal et sur la présence d'une ambulance sur les lieux lors d'une séance d'arpentage le 31 juillet 1989.
Les victimes du massacre de Piâtre se félicitent, ont-elles dit, de l'arrestation de l'ancien général Prosper Avril, à partir d'un mandat émis par le commissaire du gouvernement de Saint-Marc .
Toutefois, elles souhaitent que l'action publique soit mise en mouvement contre d'autres individus qu'ils accusent également d'implication dans ce massacre notamment les anciens colonels Henry Robert marc Charles, Olivier Nadal, ainsi qu'un nommé Gardy D'Méza, un habitant de Délugé.
D'un autre côté, les victimes du massacre de Piatre ont dénoncé le comportement du nommé Nixon Régis qui s'est auto-proclamé, ont-elles dit, porte-parole des paysans.
"Les victimes de Piatre n'ont pas et n'ont jamais eu de porte-parole", ont lancé, ont encore indiqué les signataires de la déclaration, précisant que Nixon Régis n'est ni originaire de Piâtre ni une victime du massacre du 12 mars.
Les paysans contestent également les dernières déclarations faites par Nixon Regis selon lesquelles Prosper Avril n'auraient à voir avec ce massacre.
Les paysans ont demandé aux organisations haïtiennes de droits de l'homme qui restent muettes depuis la relance du dossier de se mettre du côté de la vérité, de la justice et des droits de l'homme, au-delà de tourte sensibilité politique.
La Fondation 30 septembre a récemment appelé "ceux qui contestent l'arrestation du général Avril dans le cadre de cette affaire, à laisser la justice faire son travail".
AHP 24 avril 2002 3:00 PM