Un combat jusqu?au bout
Si le nom du successeur est connu, la date de la succession reste en revanche un mystère. A 77 ans, Fidel a passé plus de la moitié de sa vie au pouvoir. Et il ne semble pas envisager de pouvoir le quitter de son propre chef, comme en témoigne sa réélection pour un cinquième mandat consécutif au mois mars à la tête du Conseil d?Etat et des ministres. Travailleur infatigable, il entend mener jusqu?au bout son combat politique. «Nous sommes un pays socialiste et nous continuerons à être socialistes. Malgré des obstacles colossaux, nous sommes en train de construire une société nouvelle et plus humaine, avec plus d?expérience, d?enthousiasme, de vigueur et de rêves que jamais», déclarait-il ainsi récemment, en expliquant que son destin «n?était pas de venir au monde» pour se «reposer à la fin de sa vie».


Cette vision poétique, beaucoup de Cubains ne la partagent pas ou plus. Les files des opposants politiques à Fidel Castro grossissent sur l?île et à l?étranger, les nombreuses violations aux droits de l?Homme constatées sur l?île donnant l?image d?un régime dictatorial. Face à la grogne de la population due au manque de libertés individuelles et aux difficiles conditions de vie, Fidel répond par la fermeté. Chaque mouvement de contestation est durement réprimé, comme en témoigne les lourdes condamnations prononcées au mois d?avril contre 75 opposants ou les exécutions de trois preneurs d?otages qui voulaient détourner une embarcation pour se rendre aux Etats-Unis. Faisant fi de la vague de protestation internationale, Fidel Castro a expliqué ne pas avoir d?autre option. Et il a clairement manifesté son intention de maintenir la même attitude autoritaire jusqu?à son dernier souffle.