Le Premier ministre haïtien Gérard Latortue s'est désavoué deux semaines après la signature, avec la mission onusienne de paix en Haïti, d'un contrat de professionnalisation de la police haïtienne, qu'il souhaiterait maintenant renégocier.
Le chef du gouvernement avait signé cet accord avec le chef civil de la Minustah, Juan Gabriel Valdès, le 22 février dernier à New York, avec l'idée, a-t-il indiqué après-coup, que les responsables de la police nationale avaient déjà initié les discussions avec la Minustah.
M. Latortue envisage désormais d'envoyer une lettre au représentant spécial du secrétaire général de l'Onu en Haïti pour lui signifier que « cet accord va à l'encontre de la constitution de la République d'Haïti et de la loi organique de la PNH. »
Gérard Latortue aurait donné un « blanc-seing » à la Minustah pour la mise sous tutelle de la jeune police haïtienne en signant cependant un vrai contrat. Le Premier ministre reconnaît avoir commis « une faute grave » et n'avoir relevé qu'après signature et dans la presse des aspects du contrat qui caractérisent cette « mise sous tutelle de la seule force armée d'Haïti. »
Cette accord complémentaire au mandat de la Minustah, signé entre la mission onusienne et le gouvernement de transition qui s'apprête à partir, stipule que « la Minustah et les autorités haïtiennes collaborent étroitement entre elles pour mettre en place un service de police efficace, efficient et responsable qui applique les normes d'une police démocratique. »