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news Reportage:Daniel Ortega cherche un équilibre entre Washington et Caracas

Click image for larger version Name: h_9_ill_853649_daniel-ortega.jpg Views: 9 Size: 10.5 KB ID: 6242 Description: Le président du Nicaragua, Daniel Ortega, lors d'une réunion à Managua, le 9 janvier 2007.
Le président du Nicaragua, Daniel Ortega, lors d'une réunion à Managua, le 9 janvier 2007.
Poste le 10/1/2007
Reportageaniel Ortega cherche un équilibre entre Washington et Caracas
| 10.01.07 | 15h19 ? Mis à jour le 10.01.07 | 15h19
MANAGUA ENVOYÉ SPÉCIAL
anagua est comme prise de convulsions. Policiers et militaires, fusil d'assaut Kalachnikov à l'épaule, quadrillent les artères de la capitale nicaraguayenne, chauffée à blanc par un soleil intolérable. Partout, la rue laisse échapper le bruit d'un embouteillage sans fin.
C'est ici, en plein centre-ville, mercredi 10 janvier, que Daniel Ortega, ex-guérillero et ancien farouche adversaire des Etats-Unis, devait retrouver le fauteuil présidentiel qu'il avait dû quitter, il y a dix-sept ans, après une lourde défaite électorale. Une investiture prévue en grande pompe en présence d'une quinzaine de chefs d'Etat, dont les présidents conservateurs Felipe Calderon (Mexique) et Alvaro Uribe (Colombie), mais aussi Hugo Chavez (Venezuela), l'enfant terrible de la gauche latino-américaine devenu l'un des sujets de préoccupation de Washington.
L'intronisation, devant un tel aréopage politique, de celui que les Nicaraguayens appellent familièrement "Daniel", met en évidence le jeu d'équilibriste que devra réussir le nouveau président s'il veut, comme il le dit, "sortir coûte que coûte le pays de la misère".
Depuis des mois, s'il promet la fin du capitalisme sauvage, le leader historique du Front sandiniste de libération nationale (FSLN, gauche) assure qu'il respectera le traité de libre-échange centre-américain signé avec les Etats-Unis en mars 2006, qu'il est prêt à négocier avec le Fonds monétaire international et souhaite maintenir de bonnes relations avec Washington.
Avant même sa prise de fonctions, M. Ortega a choisi comme ambassadeur aux Etats-Unis un intellectuel de centre droit et ancien opposant du FSLN, Arturo Cruz. Une attitude qui semble avoir porté ses fruits, puisque le président George Bush a appelé au téléphone son nouvel homologue nicaraguayen en début de semaine pour lui proposer de mettre de côté le passé et d'oeuvrer pour le bien-être du Nicaragua.
"Les sandinistes continueront dans cette voie, en tout cas dans un premier temps, estime Alberto Aleman, journaliste au quotidien La Prensa, numéro un du pays. Le Nicaragua est totalement dépendant des investisseurs étrangers et surtout de l'aide internationale, qui représente un tiers de son budget. Ortega ne peut pas nationaliser des pans entiers de l'économie comme le tente actuellement son ami Chavez. Mais le Venezuela fera de plus en plus pression sur Managua pour qu'il suive sa ligne radicale."
L'UE, PREMIER DONATEUR
Dimanche soir, l'ambassadeur vénézuélien à Managua, Miguel Gomez, a assuré à la télévision que Caracas projetait de devenir le principal partenaire du Nicaragua en signant, dès jeudi 11 janvier, un accord-cadre de coopération. Celui-ci prévoit, à l'entendre, la livraison de 10 millions de barils de pétrole par an à tarif préférentiel, une aide alimentaire, un programme de lutte contre l'analphabétisme, un volet santé et des projets de logements. "Cet accord sera encore plus important que celui qui nous lie à la Bolivie ou à Cuba", a insisté M. Gomez.
Du côté de Bruxelles, le chef de la délégation de la Commission européenne chargée du Nicaragua et des pays de la région, Francesca Mosca, se veut également confiante. "L'équipe de transition mise en place par Ortega est bonne, assure-t-elle. Nous sommes sur la même longueur d'onde en matière de stabilité économique, d'appuis budgétaires et de lutte contre la pauvreté. D'ailleurs eux-mêmes étaient assez surpris de cette convergence de vues."
L'Union européenne, premier donateur au Nicaragua, tente depuis plusieurs années de mettre en place un accord d'association régional. "Une zone de coopération, de dialogue politique et de libre-échange ; un mélange en quelque sorte de ce que proposent Washington et Caracas", glisse, non sans rire, Francesca Mosca. Elle aussi a fait le voyage pour la prise de fonctions du président Ortega.
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