Déportation: un Réfugié Sri-Lankais est contraint de se cacher dans une église pour éviter l'ordre de déportation d'Immigration Canada.
Le Journal de Montréal
Alors que le Canada refuse d'expulser un gangster haïtien dans son pays d'origine, un réfugié sri-lankais dont l'épouse est sur le point d'accoucher est contraint de se cacher dans une église pour éviter l'ordre de déportation d'Immigration Canada.
Depuis le 18 janvier 2000, lors de son arrivée au Canada, Sivaruban «Ruben» Ratnam tente d'obtenir le statut de réfugié ; statut que le gouvernement refuse de lui accorder sous prétexte que le Sri Lanka n'est pas un pays en guerre.
::encart:: En novembre dernier, il a reçu un ordre de déportation avec comme date de départ le 9 janvier 2007, deux semaines avant la date prévue pour l'accouchement de sa femme Marjolaine.
«Nous sommes allés au bureau de l'Immigration le matin du 9 pour demander un délai de quelques semaines, raconte Marjolaine Lauzon. Nous avons aussi fait une demande de parrainage et je n'ai pas encore reçu la réponse. Nous voulions avoir le verdict avant que Ruben parte. Ils ont refusé.»
À l'église
Depuis le 10 janvier, Sivaruban Ratnam se cache donc dans une église de Montréal. «Nous avons un devoir moral d'aider Ruben. C'est trop dangereux au Sri Lanka pour l'y envoyer, explique le pasteur. Sa vie serait en danger. En plus, sa femme a besoin de lui, elle peut accoucher à tout moment.»
Le jeune Sri-Lankais ne veut pas désobéir à la loi, mais il ne peut se résoudre à quitter son épouse à un moment aussi important. «Je prie, je pleure et je m'inquiète pour Marjolaine, raconte Sivaruban Ratnam. Je veux seulement être auprès d'elle quand elle va avoir le bébé.»
Malgré tout, Ruben ne pourra pas accompagner sa femme lors de l'accouchement. «Il ne peut pas sortir de l'église car il risquerait de se faire attraper par l'Immigration», explique à regret Marjolaine Lauzon.
Incompréhension
Sivaruban Ratnam et ses proches ne comprennent pas pourquoi Immigration Canada refuse de lui accorder un délai. «Ça fait sept ans que Ruben est au Canada. Il travaille, il respecte la loi, on pourrait lui donner quelques semaines de plus», dit Stéphanie Lauzon, la soeur de Marjolaine.
Le Sri Lanka n'est pas en guerre
Si le Canada ne considère pas le Sri Lanka comme un pays en guerre, la situation est toutefois difficile pour les citoyens de ce pays, aux prises avec un conflit interne depuis des années.
Depuis le début de l'année 2005, les accrochages militaires entre le gouvernement et les Tigres de libération de l'Eelam Tamoul, sur la liste des groupes terroristes de l'Union Européenne, ne cessent d'augmenter.
Attaques
Des attentats-suicides et des attaques violentes sont rapportés un peu partout dans le pays.
On dénote aussi une augmentation du nombre de morts et de blessés parmi les civils.
Entre le 1er novembre 2005 et le 30 septembre 2006, quelque 513 cas d'enlèvements d'enfants ont été déclarés à l'UNICEF.
Le 5 août 2006, 17 agents de l'ONG française Action contre la faim ont été massacrés.
Finalement, entre le 7 avril 2006 et le 30 septembre 2006, 209 672 personnes ont été déplacées en raison de la recrudescence des combats.