Haïti-ONU-MINUSTAH
Le maintien de la MINUSTAH pratiquement acquis
Seule la durée du nouveau mandat reste incertaine
mercredi 14 février 2007,
Soruce:Radio Kiskeya
Le Conseil de sécurité des Nations Unies s?apprêtait à renouveler jeudi, pour une période de six ou huit mois, le mandat de la Mission de stabilisation en Haïti (MINUSTAH) appelée à poursuivre son offensive contre les bandes armées de Port-au-Prince.
Des diplomates accrédités à l?ONU ont assuré que le Conseil devrait adopter un projet de résolution introduit par le Pérou prévoyant le renouvellement du mandat de la mission qui interviendra le jour même de son expiration.
Selon le texte rendu public à New York après avoir été soumis formellement le week-end dernier au Conseil de sécurité, les casques bleus devraient être maintenus en Haïti jusqu?au 15 octobre 2007, donc pour huit mois supplémentaires. Une durée tout à fait inhabituelle, car les mandats des missions onusiennes sont généralement reconduits pour six mois ou un an.
En sa qualité de représentant temporaire de l?Amérique latine au sein du Conseil, en compagnie du Panama, le Pérou, également coordonnateur du "Groupe des amis d?Haïti", avait rédigé le document en conformité avec les points de vue des principaux partenaires de Port-au-Prince.
Le 1er février à Washington, le "Groupe de contact sur Haïti?? avait sollicité du Conseil de sécurité une prolongation d?un an du mandat de la force internationale de paix, soulignant son ??rôle stratégique dans la stabilité, la paix et la lutte contre le crime organisé en Haïti??.
Mais, certains membres de l?instance suprême des Nations Unies, dont la Chine qui dispose du droit de veto, ont insisté sur la nécesité de s?en tenir au mode de renouvellement semestriel. Interrogé mercredi par l?AFP, un diplomate de la mission chinoise à l?ONU, Li Junhua, a déclaré que cette position restait celle de Pékin.
"Notre position est pour une prorogation de six mois, c?est la règle pour toutes les opérations de maintien de la paix de l?ONU", a soutenu M. Junhua ajoutant toutefois que sa mission n?avait pas encore reçu d?instructions de Pékin sur un renouvellement de huit mois.
Plusieurs incidents diplomatiques concernant Taïwan ont opposé ces dernières années les autorités haïtiennes et chinoises. Le dernier en date remonte au mois de septembre lorsque l?administration Préval/Alexis avait imprudemment tenté d?introduire à l?ONU un débat sur la réadmission de la Chine Nationaliste considérée par Pékin comme une province rebelle.
La puissance communiste avait même menacé de provoquer un départ prématuré des casques bleus avant d?exiger des excuses ou une lettre de clarification du Président haïtien René Préval.
Lundi à Lima, les représentants des neuf pays d?Amérique latine contributeurs de troupes à la MINUSTAH se sont à leur tour déclarés favorables au maintien pour douze mois supplémentaires de la force onusienne.
Le Pérou et le Chili en ont profité pour annoncer la mise en place d?un plan commun de développement social et humanitaire en Haïti afin de "créer des synergies".
Le projet de résolution présenté par le Pérou à l?ONU salue les progrès du processus politique en Haïti avec la tenue des élections présidentielles et législatives en 2006 et encourage le pays à continuer à explorer la voie du dialogue et de la réconciliation nationale.
Il est également demandé à la mission onusienne de "continuer à accroître le rythme de ses interventions en soutien à la police haïtienne, contre les bandes armées (...) pour restaurer la sécurité, notamment à Port-au-Prince".
Régulièrement critiquée par une majorité d?haïtiens peu satisfaits de sa politique de sécurité face au banditisme et au crime organisé, la MINUSTAH s?est engagée depuis quelques semaines dans une série d?opérations conjointes avec la police haïtienne visant notamment des gangs de Cité Soleil (banlieue nord de Port-au-Prince).
Commandée par le Brésil, la force de stabilisation compte plus de 8.000 militaires et policiers.