Je prends la liberté de publier, ici, les détails du dossier médical de la patiente Adeline Laborde TOUSSAINT, vu que l'affaire a été discutée sur les ondes de Radio Vision 2000 par les journalistes, les parents, le ministre de la Santé publique et de la Population (MSPP) et par un sénateur-médecin.
Je suis le Dr Claudette PLANCHER, diplômée de la Faculté de Médecine et de Pharmacie de l'Université d' Etat D'Haïti (UEH) en 2003, licenciée par le MSPP en 2004. Actuellement, je fais une spécialisation post-graduée en médecine interne à l'Hôpital de l'Université d'Etat d'Haïti (HUEH), et cette formation se termine dans trois mois (promotion 2004 - 2007).
Pour l'édification de tous, il convient d'établir la vérité sur l'affaire concernant Adeline Laborde TOUSSAINT et l'Hôpital MEDIMAX.
Il s'agit, en effet, d'une patiente âgée de 33 ans, suivie depuis janvier 2007 à MEDIMAX pour sa grossesse par le Dr Jean Danton MOROSE, obstétricien-gynécologue. Il y a de cela 2 semaines, elle aurait présenté un problème respiratoire avec fièvre pour lequel elle aurait pris un antipyrétique (Néo-Mélubrina) en automédication.
Le vendredi 8 Juin 2007, elle s'est rendue en consultation à MEDIMAX pour des douleurs au bas du ventre et des maux de tête. Elle fut gardée en observation par le Dr MOROSE, puis laissa l'hôpital dans l'après-midi, de sa propre volonté, sans autorisation de son médecin traitant.
Dès le lendemain, le 9 juin 2007, son problème respiratoire s'aggrava très nettement et elle fut reconduite à l'Hôpital MEDIMAX dans l'après-midi. Son hospitalisation fut décidée par le Dr Mathurin MONTLOUIS, obstétricien-gynécologue, qui l'a prise en charge.
Le dimanche 10 Juin 2007, vers 2 heures p.m. environ, je suis appelée par le confrère obstétricien- gynécologue, le Dr Mathurin MONTLOUIS, pour donner un avis médical spécialisé au sujet de la patiente dont l'état général se détériorait assez rapidement. Mon examen physique, ce dimanche après-midi, révéla un état de choc cardiovasculaire. La patiente était inconsciente avec les paramètres vitaux suivants : tension artérielle : 70/60 mm Hg, fréquence cardiaque : 100 battements/minute, fréquence respiratoire : 60 cycles/minute. La température était de 38º Centigrade. L'examen du thorax révéla la présence de râles aux deux poumons.
L'ensemble des signes et symptômes, notamment la fièvre, les râles bronchiques, la basse tension artérielle et l'altération nette de la conscience, m'ont conduite à l'impression diagnostique clinique de Choc Septique (éventuellement à point de départ pulmonaire).
Mes propositions thérapeutiques, inscrites dans le dossier, étaient de renforcer le traitement antibiotique et de traiter l'état de choc.
Le pronostic était dès mon arrivée sombre (choc septique avec altération de la conscience) et la patiente décéda environ une (1) heure après mon UNIQUE intervention.
D'après les statistiques internationales : 200000 cas de choc septique ont été diagnostiqués aux U.S.A avec 100000 morts
(mortalité 50%), ce qui représente la 13e cause de mortalité dans ce pays. En France, chaque année, 75000 cas de choc septique sont hospitalisés avec une mortalité de 40% en dépit d'Unités de Soins Intensifs bien équipées.
La patiente Adeline Laborde TOUSSAINT était une gestante qui aurait dû être mise sous stricte surveillance par ses médecins spécialistes. J'ai été appelée au stade de complication d'une maladie qui semblait évoluer depuis deux (2) semaines déjà.
En résumé :
1-Il s'agit d'une patiente au chevet de laquelle j'ai été appelée UNE HEURE avant son décès.
2-Je ne suis pas une étudiante en médecine ne connaissant pas sa sémiologie médicale. Je termine ma spécialisation en médecine interne dans 3 mois.
3-Je suis un médecin-résident finissant de 3e année, travaillant de jour comme de nuit à l'Hôpital de l'Université d'Etat d'Haïti. Je suis donc appelée à former au lit des malades et à superviser le travail quotidien des internes, des résidents de 1e et 2e année et je dois répondre en première ligne aux demandes de consultation spécialisée de médecine interne des autres services de l'hôpital, y compris le service de la maternité.
4-Je déplore le décès de cette patiente, gestante, femme comme moi. Cependant, lors de ma consultation médicale, je crois avoir pratiqué une intervention professionnelle selon les normes de bonne pratique médicale.
J'estime qu'il fallait rétablir la vérité, vu que ce qui a été rapporté et commenté dans les médias est incorrect.
Dr Claudette PLANCHER