View Single Post
  #3    
Old 07-14-07, 05:47 PM
bana2166's Avatar
bana2166 bana2166 is offline
Moderator
 
Posts: 7,163
bana2166 is on a distinguished roadbana2166 is on a distinguished road
news Dans l'oeil du kompa

Le samedi 14 juil 2007
Dans l'oeil du kompa
Dérivé haïtien du merengue dominicain, le kompa est le coeur de la pop urbaine d'Haïti. Depuis l'invention du kompa direk (compas direct si vous préférez le français au créole) par le saxophoniste Nemours Jean-Baptiste au milieu des années 50, plusieurs générations de musiciens haïtiens en ont perfectionné l'approche. Aperçu de cette nouvelle vague qui déferlera demain au parc Jean-Drapeau.
Les années 70 et 80 ont mis en relief des formations de notoriété internationale telles Tabou Combo, Skah-Shah, Magnum Band, Koupé Kloué, Sweet Micky ou System Band. Les nouveaux groupes de kompa se nomment Carimi, Djakout Mizik, T-Vice, Nu Look, Kreyol La, Steeve K, Back Up, Black Parents. Ils galvanisent d'ores et déjà la jeunesse haïtienne, qu'elle réside dans l'île magique ou partout dans la diaspora.
«Le nouveau kompa est un mélange de l'ancienne génération et de la génération actuelle. Nous avons conservé le rythme originel, mais nous utilisons une nouvelle instrumentation mêlant les instruments traditionnels aux technologies numériques. Il y a plus de mélanges de styles, les harmonies y sont plus complexes, les arrangements plus sophistiqués», explique le chanteur et guitariste Roberto Martino, leader de T-Vice qui se produisait la semaine dernière au Festival international de musique haïtienne de Montréal.
Demain au parc Jean-Drapeau, les têtes d'affiche de la nouvelle génération kompa seront Djakout Mizik, Nu Look et Carimi.
«On a grandi en Haïti, on a laissé Haïti pour nos études universitaires. Arrivés à New York, on a subi l'influence du hip-hop et du R&B. Ça a plutôt influencé notre manière de composer», explique Michael Guirand, chanteur de Carimi joint chez lui à New York.
Tous trois natifs de Port-au-Prince, Carlo Vieux, Richard Cave et Michael Guirand, sont potes depuis l'adolescence. Avez-vous saisi que les premières syllabes de leurs prénoms sont à l'origine de Carimi. Lorsqu'ils furent définitivement aspirés par la musique, Michael vivait à Delmas, Richard était à Paco, Carlos à Bourdon, trois quartiers de la capitale pas très loin du centre-ville. Pour leurs études universitaires, ces garçons de bonne famille se sont installés à New York où vit la plus importante communauté haïtienne hors du pays. C'est à New York que fut fondé Carimi, une des plus solides formations de la nouvelle génération kompa.
«Lorsqu'on a commencé en 2001, relate Michael Guirand, il y avait un vide dans la musique haïtienne. Le mouvement rasin (racine), dont l'objet est de reprendre les rythmes ancestraux de l'Afrique, ne pouvait combler ce vide. La pop urbaine se limitait à un kompa direk vieillissant. Nous avons alors entrepris nos réformes musicales; soul, hip hop, danses synchronisés, mouvement de hanches, interaction avec le public»
Haïtian Troubadours, un album-compilation de jeunes artistes haïtiens, avait dressé la table. «On y fondait le rythme kompa dans une approche un peu plus acoustique avec guitares, basse, caisse, très roots, mais en y intégrant de la soul, du hip-hop et du reggae. Le mouvement Haïtian Troubadour a super bien marché dans les Antilles, c'est à ce moment que Carimi a percé.»
La nouvelle génération kompa, d'ailleurs, n'est pas sans intéresser le célébrissime Wyclef Jean. Des membres de T-Vice, Djakout Mizik et Carimi ont été mis à contribution dans les projets de l'artiste hip hop, notamment sur l'album en chantier de Black Alex.
Même s'ils sont établis à New York, les musiciens de Carimi retournent régulièrement en Haïti, ils consentent à s'y produire à prix modique vu la condition économique de leurs fans dans l'île. Résidant à Miami, les musiciens de T-Vice tiennent aussi à jouer dans leur pays natal lorsqu'ils ne se produisent pas en Europe, en Amérique ou en Océanie. «En Haïti, soulève Roberto Martino, il faut profiter des périodes fortes, c'est-à-dire des grandes vacances d'été ou de Noël, ou encore la période du carnaval. On profite de ces moments-là mais on sent quand même une frustration chez nos fans. Car nous sommes très en demande là-bas. Mais puisque nous devons gagner notre vie ailleurs, nous devons trancher... Le groupe Djakout Mizik, par exemple, vit en Haïti mais doit toujours être en déplacement.»
Et voilà donc cette vague qui déferle dans l'île... de Montréal. «Nous voulons catalyser la communauté haïtienne, de conclure le chanteur de Carimi, mais nous voulons aussi faire découvrir le kompa aux non Haïtiens du Québec.»
Reply With Quote
Page generated in 0.27652 seconds with 24 queries