Où se loge le plomb?
Une fois assimilé, le plomb se retrouve rapidement dans la circulation sanguine. Puis, il se fixe dans les os et les dents. Une petite quantité du plomb accumulé dans les os sera libérée et éliminée graduellement dans l’urine. Ce processus s’échelonne sur des dizaines d’années.
Le plomb peut s’introduire dans le corps par la bouche ou les poumons. Le degré d’assimilation du plomb varie d’une personne à l’autre, selon notamment l’état de santé.
Il est question de contamination au plomb lorsqu’une exposition à ce métal engendre dans le sang un taux de plomb supérieur à la normale, sans provoquer de symptôme. Si la contamination est suffisamment importante pour provoquer des symptômes, on parle alors d’intoxication au plomb.

Les adultes sont les principales victimes de contamination ou d’intoxication au plomb. Mais ce métal met tout particulièrement en danger la santé des jeunes enfants. Chez ceux-ci, de très faibles quantités de plomb peuvent entraver leur développement cognitif et causer des problèmes d’attention. L’inquiétude est d’autant plus grande que les jeunes enfants absorbent de cinq à dix fois plus de plomb que les adultes. Leur habitude de tout porter à leur bouche les rend aussi plus à risque. En outre, une proportion importante du métal absorbé, environ 25 %, reste en circulation dans leur corps et exerce ses effets neurotoxiques. À titre comparatif, chez les adultes, seulement 5 % à 10 % du plomb absorbé demeure en circulation. Le reste se fixe dans les os et les dents.

L’intoxication peut être aiguë, donc résulter d’une exposition brève à des quantités très élevées de plomb, ou encore chronique, en raison d’une exposition prolongée à de faibles quantités de plomb. On donne aussi le nom de saturnisme à l’intoxication au plomb, qu’elle soit aiguë ou chronique.
Où se loge le plomb?
Une fois assimilé, le plomb se retrouve rapidement dans la circulation sanguine. Puis, il se fixe dans les os et les dents. Une petite quantité du plomb accumulé dans les os sera libérée et éliminée graduellement dans l’urine. Ce processus s’échelonne sur des dizaines d’années.
Diagnostic
L’intoxication au plomb est souvent diagnostiquée à la suite d’un dépistage mené dans le milieu de travail. Il arrive aussi que le médecin traitant soupçonne une intoxication au plomb en se basant sur les symptômes et des sources possibles de plomb auxquelles le patient est exposé. Dans ce cas, un test est également administré aux proches du patient qui pourraient aussi être victimes d’une intoxication au plomb.
On procède alors à une analyse sanguine qui détecte le taux de plomb dans le sang, ou plombémie. Le résultat de ce test indique les microgrammes de plomb par décilitre de sang (µg/dl) ou les micromoles de plomb par litre de sang (µmol/l). La plombémie reflète surtout l’exposition récente au plomb. Néanmoins, des études indiquent qu’une exposition ancienne élève légèrement la plombémie.
La plombémie estimée sécuritaire pour la santé n’a cessé de diminuer au cours des dernières décennies. Actuellement, si un individu possède une plombémie égale ou supérieure à 10 µg/dl (ou 0,5 µmol/l), son médecin doit obligatoirement en aviser les autorités de santé publique. Ce seuil de déclaration a été proposé par les Centers for Disease Control des États-Unis, en 1991, et a ensuite été adopté par les autorités de santé publique du Québec. Précisons qu’il s’agit d’un seuil de déclaration obligatoire, qui ne s’accompagne pas toujours de symptômes de toxicité.
Certains experts estiment toutefois que des troubles cognitifs légers pourraient apparaître sous cette limite et qu’il n’y a peut-être pas de seuil d’exposition qui soit sécuritaire, surtout chez les enfants. D’autres études au sujet de la limite sécuritaire de plombémie sont en cours.
La présence de plomb peut aussi se mesurer dans l’urine. Cependant, cette méthode est très peu employée, car les résultats sont très difficiles à interpréter.
Symptômes
Intoxication aiguë - Enfants et adultes
Un goût métallique dans la bouche.
Des douleurs abdominales.
Des vomissements et de la diarrhée.
Des convulsions, le coma, et parfois la mort.
Intoxication chronique
Enfants
Les dommages, s’il y en a, se manifestent généralement à l’âge scolaire par :
de la fatigue et de l’irritabilité;
une faible capacité d’attention;
des difficultés d’apprentissage;
des comportements agressifs.
À un degré d’exposition plus élevé, peuvent aussi apparaître :
une pâleur causée par de l’anémie;
des maux de tête;
des problèmes d’audition;
des troubles de langage et d’élocution;
des problèmes de coordination motrice;
des douleurs abdominales;
une perte d’appétit et de poids.
Traitements médicaux
Dans la majorité des cas, aucun traitement médical n’est indiqué. L’intervention la plus importante consiste à déceler et à éviter toute nouvelle exposition au plomb. Cela peut nécessiter l’inspection de la maison par un professionnel. Un suivi médical est habituellement entrepris aux trois à six mois.
En cas d’intoxication aiguë grave, on utilise des agents de chélation comme le succimer ou l'EDTA (acide éthylènediaminotétraacétique) : injectés dans les veines, ces agents se lient aux molécules de plomb dans le sang et sont ensuite excrétés dans l'urine. Ils permettent de réduire la plombémie de 40 % à 50 %. Le nombre de traitements dépend de la gravité de l'intoxication. Avec l’EDTA, le traitement dure en moyenne cinq jours. Il ne doit pas se prolonger indûment puisque l’agent de chélation lie aussi des minéraux bénéfiques pour l’organisme, comme le fer et le zinc.

Mentionnons que la chélation peut comporter des risques importants, car le plomb est remis en circulation dans le corps. De plus, des réactions allergiques peuvent survenir. Peu d’études ont évalué l’efficacité de ce traitement à réduire les symptômes immédiats et à prévenir les effets à long terme de l’intoxication au plomb. La décision de recourir à ce type de traitement devrait toujours se faire en discutant avec un médecin expérimenté dans ce domaine.
En parallèle, le médecin recommande une alimentation saine et nutritive et, au besoin, des suppléments de calcium ou de fer.