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Old 08-07-07, 11:30 PM
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La plus belle
 
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news Des fillettes abandonnées

« Depuis plus d'un an, ma mère est aveugle. Je suis obligée de mendier pour l'aider », se plaint Irina, une fillette de 11 ans, qui habite Cité Soleil, le plus grand bidonville de Port-au-Prince. Le visage ruisselant de sueur, elle tend la main aux passants. Certains détournent le regard, d'autres, d'un pas rapide, l'évitent. Tous les jours de la semaine se ressemblent pour cette fillette maigrichonne. Elle est toujours en quête du pain quotidien. « Avec l'argent que les gens me donnent, j'achète de la nourriture, et comme ça, tout le monde mange à la maison », dit-elle en esquissant un sourire derrière ses petites mains.
Irina adore la compagnie. Elle a beaucoup d'amies qui l'aident à supporter le poids de l'existence. Avec Yvena, Klorène, Fifi, Rosilia, elle arpente les rues de Port-au-Prince, surtout là où la vie commerciale bat son plein. Les compagnes de fortune d'Irina font toutes de petits boulots afin de subvenir à leurs besoins alimentaires. « Les marchandes de manje kwit nous servent parfois des restes que nous mettons dans les sachets pour les services rendus », raconte-t-elle.
Le jeu et les enfants de rue
Certains jours, lorsque le sachet est rempli de nourriture, Irina joue au poker avec l'argent qu'elle a récolté des passants.
Au jeu, les choses prennent parfois une tournure agressive. Quand il y a tricherie, les filles se querellent, viennent parfois aux poings. Klorène, 10 ans, n'aime pas trop le jeu. Elle se laisse pourtant entraîner dans cette spirale qui, chaque jour, l'attire davantage. « Moi, j'aurais aimé être à l'école au lieu de passer mon temps à jouer au poker, à la roulette ou à courir derrière une voiture pour demander de l'argent. Je crois que je perds mon temps », dit-elle d'un ton ferme. Quand sa mère était vivante, elle habitait Milot, une commune du département du Nord et allait à l'école. Abandonnée par son père, un irresponsable, et ses proches parents qui n'arrivent pas à joindre les deux bouts, la petite fille est entrée dans la capitale. Elle grossit le rang des enfants qui poussent comme des herbes folles dans la nature.
Rosilia, une petite fille de 11 ans, intégrée dans la bande, vient des Cayes. Elle aussi espère qu'un miracle se produira dans sa vie. Elle a entendu parler de centres où l'on accueille des enfants. « Moi, j'aimerais être accueillie dans une maison qui a beaucoup d'enfants. Ce n'est pas bien de dormir dans la rue. Le soir, on dort avec la peur. Tout le temps, des garçons forcent les filles à faire l'amour avec eux. C'est comme ça », dit-elle d'un ton résigné.
Que deviendront ces fillettes abandonnées qui ressemblent à des centaines d'autres si aucune institution ne se penche sur leur cas ?
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TiCam
La vie n’est pas une crainte mais plutôt une espérance.
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