USA / Des milliers de Noirs-Américains manifestent en Louisiane contre le racisme
Plusieurs milliers de manifestants convergeaient jeudi 20 septembre sur Jena, une petite ville de Louisiane, secouée depuis des mois par une affaire de racisme dans laquelle six jeunes Noirs ont été inculpés de tentatives de meurtre après l’agression d’un Blanc.
Jena, une ville en noir et blanc, « baril de poudre racial »
Presque exclusivement Noirs, les manifestants venus en train, en car ou en voiture, ont pris pacifiquement d’assaut les rues de cette petite ville de 3.000 habitants du sud des Etats-Unis composée de 85% de Blancs et 15% de Noirs, selon les images diffusées par des chaînes de télévision américaines. L’appel à manifester, relayé sur Internet par de nombreuses associations noires-américaines, fait suite à l’inculpation très sévère de six jeunes Noirs impliqués dans l’agression en décembre d’un adolescent blanc qui n’avait été que légèrement blessé.
En juin, le premier des « Six de Jena» à être jugé, Mychal Bell, 17 ans, avait été reconnu coupable de coups et blessures par un jury entièrement composé de Blancs. Il risquait jusqu’à 22 ans de prison, au terme d’une audience prévue ce jeudi pour déterminer sa peine.
Mais une cour d’appel a annulé la condamnation la semaine dernière, ordonnant que l’adolescent soit jugé comme un mineur, et non pas comme un adulte. Dans la mesure où la procédure est toujours en cours pour Mychal Bell comme pour les cinq autres inculpés, l’appel à la manifestation a été maintenu. Drôle de « farce » : Trois cordes de pendus étaient apparues sur l’arbre…
Les démons du racisme ont refait surface à Jena il y a un an, en septembre 2006, lorsque trois lycéens noirs avaient voulu s’asseoir dans la partie de la cour du lycée tacitement réservée aux Blancs, à l’ombre d’un arbre.
Le lendemain, trois cordes de pendus étaient apparues sur l’arbre, une image rappelant les lynchages répandus dans la région il y a seulement quelques dizaines d’années. Les trois lycéens blancs responsables de cette « farce », selon les mots du proviseur, n’ont reçu que trois jours de suspension.
Dans les mois qui ont suivi, plusieurs incidents violents ont éclaté. Une aile du lycée a été incendiée, puis un lycéen noir a été battu après s’être montré dans une fête à laquelle n’étaient conviés que des Blancs. Un jeune Blanc a ensuite fait mine de tirer sur trois adolescents noirs dans un magasin.
Le Blanc, qui avait battu le Noir lors de la fête, a été inculpé de coups et blessures. Aucune charge n’a été retenue contre celui qui a sorti son arme dans le magasin. En revanche, les trois Noirs qui se sont emparés de cette arme, invoquant la légitime défense, sont poursuivis pour coups et blessures et vol.
Source : AFP