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Le vendredi 14 déc 2007
Des expulsés vulnérables
«Quelques déportés sont en mesure de s'ajuster à la vie en Haïti et de devenir économiquement indépendants. Mais la plupart, malheureusement, ne réussissent pas. Leurs problèmes sont décuplés par l'isolement, la pauvreté et la stigmatisation.»
C'est le constat qu'a dressé le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD) l'an dernier. De ce constat est né le controversé Programme national de réintégration des Haïtiens renvoyés en leur pays, qui vise à réinsérer 1000 expulsés en un an. L'Organisation internationale de la migration (OIM) a mis sur pied le projet d'un million de dollars financé par le PNUD.
Le projet ambitieux a dû affronter beaucoup de résistance. L'OIM a été accusée d'une chose et de son contraire. Une journée, le programme «finançait des kidnappeurs» (le projet a démarré en pleine flambée de kidnappings). Le jour suivant, le même programme servait «d'informateur à la police». Dans un pays où environ 80% de la population vit avec moins de 2$ par jour, financer des projets pour des «criminels» a été très mal perçu.
Une situation «urgente»
Au fil des mois, le projet s'est dégonflé. Après 18 mois, seulement 180 projets de micro-crédit ont été financés. Et la direction de l'OIM refuse de parler aux médias, de peur de causer une nouvelle polémique.
Et pourtant, la réhabilitation des expulsés est décrite comme «urgente» pour la sécurité du pays. «Un déporté n'ayant pas d'autres recours pourrait facilement être coopté par les gangs», peut-on lire dans le rapport du PNUD.
La réhabilitation est jugée tout aussi «urgente» pour la sécurité du «déporté» lui-même. Beaucoup doivent vivre dans la rue. Ce qui expliquerait, selon des évaluations non confirmées, les quelque 600 «déportés» tués depuis 2004, poursuit le PNUD.
La réalisatrice montréalaise d'origine haïtienne Rachèle Magloire termine le tournage d'un documentaire sur le sort des «déportés». «Sur papier, ces jeunes sont haïtiens, mais dans leur tête, ils sont nord-américains. Le Canada et les États-Unis disent qu'ils les renvoient chez eux, mais ce n'est plus chez eux», a-t-elle constaté. Selon elle, le Canada ne peut donner des millions de dollars pour la stabilisation d'Haïti et en même temps lui envoyer des criminels.
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