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"Nous ne sommes pas reconnus en France"
Kassav sort son nouvel album "All u need is zouk" ce lundi.
Rencontre avec l'un des membres fondateurs du groupe, Jacob Desvarieux...
L'album : All u need is zouk
Warner Music
Sortie : lundi 3 décembre
On parle beaucoup ces jours-ci d’un "retour" de Kassav. Est-ce vraiment un retour pour vous ?
Non ! Désormais, on ne parle d’un groupe que quand il est en promo pour un nouvel album. Mais Kassav est en tournée perpétuelle. Nous faisons 80 concerts par an, partout dans le monde. Ces dernières semaines, nous avons joué en Hollande, au Cap Vert, aux Etats-Unis, au Canada… Nous jouons régulièrement devant plusieurs milliers de personnes.
Comment expliquez-vous que votre musique soit connue partout dans le monde ?
On ne se pose pas la question. On fait la musique qu’on aime, les gens l’apprécient. En fait, nous avons plus de difficultés à être reconnus en France.
Pourquoi ?
Pour qu’un artiste antillais soit reconnu en France, il doit chanter en français. Nous avons fait un autre choix, c’est notre originalité et on ne cherche pas à faire quelque chose qui ne nous corresponde pas. On ne fait pas de la world music, on n’a pas fait d’étude marketing pour savoir ce qui allait plaire. Nous, on se bat seulement pour que le zouk ne disparaisse pas. Pourtant, à l’étranger, on nous considère bel et bien comme un groupe français.
Comment est né ce nouvel album, "All u need is zouk" ?
On a commencé à écrire des chansons alors que nous étions en concert. Donc cela fait plusieurs années que l’on est dessus. On a travaillé à la Barbade principalement, et puis à la Guadeloupe, en Belgique…
En quoi est-il différent des autres albums ?
Il correspond à notre vision de la vie aujourd’hui. On dit sans doute les choses un peu différemment, on essaie d’être plus efficaces. Les paroles sont donc un peu lpus engagées. Nous, Antillais, on nous a servis une histoire qui n’est pas la nôtre. Il est temps que ça change et on essaie de faire changer les choses. On est un peu moins gentils qu’on ne l’a été ! On doit pouvoir peser, nous avons notre mot à dire et nous avons essayé de faire passer le message, notamment dans le premier single, Doubout Pikan.
Vous avez mis entre parenthèses vos carrières solo respectives ?
Oui, là, nous nous retrouvons avec plaisir. Les solos, c’est pour nous occuper entre les albums de Kassav ! Avec Kassav, nous sortons un album tous les deux ou trois ans. Avec une moyenne de deux ou trois chansons chacun, cela nous laisse un peu de temps pour faire autre chose !
Vous vous retrouvez toujours avec plaisir ? Cela semble être fusionnel entre les membres de Kassav…
Pas fusionnel, mais on se voit régulièrement, même quand on ne travaille pas ensemble. On s’appelle et le maximum de temps durant lequel on ne se voit pas, c’est trois ou quatre jours !
Vous êtes un groupe de scène. Quand pourra-t-on vous voir en France métropolitaine ?
L’an prochain, avec notamment trois dates, les 5, 6 et 7 juillet au Zénith. C’est une salle que nous aimons bien, l’ambiance y est excellente.
En 2009, vous devriez jouer au Stade de France…
Oui, nous allons essayer de fêter les 30 ans du groupe dignement ! On a déjà joué dans des endroits plus grands, mais nous allons nous amuser, en espérant que ce soit plein.
Quel regard portez-vous sur le zouk, sur son évolution ?
C’est encore une musique jeune. Elle évolue et va encore évoluer, elle prendra plusieurs directions, mais le zouk n’est pas encore mûr. Il y a de très bons artistes, comme Soft ou Tanya Saint-Val. Le problème, c’est qu’il n’y a pas encore beaucoup de groupes.
Peut-on faire du zouk sans être antillais ?
Bien sûr !
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