Thread: De La Tolerance
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By Michaele Lafontant
La tolérance, c'est accepter l'autre dans ses différences raisonnables. Ce n'est pas cohabiter avec les tendances mortifères de nos semblables sans crier gare. C'est accepter les divergences de points de vue et non être complaisant face à la divagation, à l'inconscience... Le danger, c'est notre tendance à toujours vouloir taxer d'incohérence toute divergence que nous pouvons avoir avec autrui. Refuser de se mettre en question et croire mordicus que c'est toujours l'autre qui a tort, qui divague, est une manifestation flagrante d'intolérance.
Aller à la discussion dans le but d'arriver à la vérité, à l'adoption d'un point de vue qui résultera du choc des idées. Etre dans cet état d'esprit, c'est s'ouvrir au dialogue constructif. Les grandes dérives autoritaires viennent du fait de se mettre en tête que l'on a le monopole de la vérité. Tandis qu'au contraire nous allons tous à sa recherche et que souvent nous ne revenons de notre quête qu'avec des parcelles de vérité dont l'addition est indispensable pour reconstituer le puzzle et donner naissance à des réalités lumineuses parce qu'elles sont porteuses de joie, de bonheur pour les individus et/ou les collectivités humaines.
La tolérance, c'est aussi accepter que l'autre ne soit pas sur la même longueur d'onde que nous ; qu'il ne comprenne pas encore ce que nous avons compris déjà et user de patience pour l'aider à accéder à cette connaissance qui nous est depuis longtemps familière. C'est aussi accepter que d'autres fassent des choix valables mais tout à fait différents des nôtres. L'essentiel étant de savoir s'ils acceptent que nous unissions nos efforts aux leurs pour construire du positif dans l'intérêt de la collectivité. Toute différence qui n'empêche pas d'engendrer du positif est féconde.
La tolérance, c'est admettre enfin que l'on ne peut être aimé et apprécié de tout le monde et apprendre à maintenir une coexistence pacifique avec ceux qui ne nous portent pas dans leur coeur. C'est une très grande performance que de savoir neutraliser les négativités développées à notre encontre si on n'arrive pas à les métamorphoser en positivités.
Un esprit libre de toute influence dominatrice et aliénante doit comprendre que sa façon d'être, de penser, d'agir, d'écrire, peut ne pas convenir à tout un chacun. Les goûts et les couleurs... On ne saurait nourrir non plus la prétention de plaire à tout le monde. La sagacité devrait plutôt inciter à prendre le contre-pied du dicton bien connu en optant pour la variante : « dis-moi à qui tu déplais et je te dirai qui tu es».
La tolérance est soeur siamoise de la patience qui donne du temps au temps, aux choses et aux êtres pour prendre leur place dans l'harmonie de la nature.
ESPRIT CRITIQUE ET FOI DANS LE CHANGEMENT
Au nom de l'esprit critique, il convient de savoir faire quelquefois marche arrière, réviser certaines de nos opinions, remettre en question nos certitudes.
Avoir aussi le courage de renoncer aux rêves fous qui nous habitent quand ils se révèlent irréalisables. La capacité de rêver et celle de savoir faire le deuil de ses rêves chimériques représentent deux aptitudes précieuses à l'équilibre mental et psychologique des rêveurs qui se veulent artisans d'un monde nouveau.
L'humaine nature est ainsi faite qu'elle n'accepte pas spontanément la différence, encore moins la contestation, la contradiction même constructive. Le non-exercice de l'esprit critique au sein de nos institutions étatiques et privées est à la base de nos retards de tous types. En considérant comme un adversaire ou un ennemi celui qui émet un point de vue critique, on se prive d'un outil indispensable au progrès. Oser être critique, et cela pour le plus grand bien de l'Etat, peut certes coûter cher, mais pas assez pour faire taire une conscience citoyenne.
Travailler à l'émergence d'une société nouvelle soucieuse et respectueuse de ses devoirs envers les citoyens oblige à la mobilisation de cadres responsables, compétents et habités par la foi dans la possibilité du renouveau. On ne construit pas un pays avec des cadres qui sont persuadés que "ce pays ne sortira pas de son marasme actuel", que de toute façon, "il n'y a plus rien à faire", qui croient dur comme fer qu'il n'y a plus rien à tirer de l'Haïtien" et qui sont toujours prêts à faire des courbettes devant l'international. Il convient de partir à la reconquête de notre identité propre, de garder notre dignité et de travailler avec des cadres ayant une conscience citoyenne au-dessus de la moyenne, ou pour le moins égale ou supérieure à leur niveau de compétence. Peut-on raisonnablement demander à celui qui croit le changement impossible d'être l'artisan actif de ce changement ? Là où ceux qui y croient ne verront dans les difficultés à surmonter que des étapes naturelles qui mènent à la victoire, ceux qui n'y croient pas ne verront que des obstacles insurmontables, des raisons pour démobiliser les troupes, en se targuant de plus de l'autorité de leur savoir et savoir-faire. Il ne sied pas au champ de bataille national pour le développement, tant dans le domaine de l'éducation que dans celui de l'administration publique et de toute institution privée nationale qui fait sienne l'option citoyenne d'héberger des éléments de si peu de foi au risque de voir échouer toute tentative de transformation sociale. Certes, il faut que la compétence soit aux postes de commande, encore faut-il qu'elle marche de pair avec la foi (dans le changement) qui, elle, est génératrice d'énergies positives pour chercher et trouver les moyens de soulever et de déplacer les montagnes de tiédeur, de passivité qui obstruent la route conduisant au développement durable.
Source: Le Nouvelliste
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TiCam
La vie n’est pas une crainte mais plutôt une espérance.
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