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 | La plus belle | | | |
Jacmel : un mort, ça coûte cher ! Par Pierre Paul Ancion Cent mille gourdes, c'est actuellement le coût de funérailles plus ou moins solennelles à Jacmel. Jadis, faite de tristesse partagée et de méditations, l'ambiance des funérailles de nos jours s'apparente à celle des premières communions et des cérémonies de noces. Les chapelles funéraires (au nombre de cinq) exigent quatre vingt mille gourdes au minimum pour organiser des obsèques. Si une fanfare doit accompagner le convoi funèbre jusqu'au cimetière, les parents du défunt doivent débourser, pour ce service, environ trois mille cinq cents gourdes. Puis il faut payer les annonces funéraires sur différentes stations de radiodiffusion de la ville, à raison de deux cent cinquante gourdes par jour et par station.   Le gros des dépenses est constitué par la réception avant et après l'inhumation du défunt. Du cabri grillé, du griot, du chocolat et de la bière « Prestige » sont obligatoires, sans compter des cigarettes pour les fumeurs, du gâteau pour les nonfumeurs. Un sociologue, Camille JeanCharles, opinant à ce sujet, avance que cette société vit actuellement « la crise du miroir », où l'égoïsme prédomine, où l'ombre arrive à gober la substance. « Cette crise est la caractéristique de toute société, famille ou regroupement rongés par la misère, l'ignorance et la désolation…», a commenté le sociologue. Membre du secteur privé des affaires, Mireille Lafalaise cite Jean Paul Sartre : « L'enfer, c'est les autres… ». Selon elle, « nous vivons plutôt une crise d'identité, où nous existons à travers le regard des autres…le m'as-tu vu. Le prix des funérailles d'un de nos proches nous classe socialement comme le prix de nos téléphones cellulaires ». Source: Le Matin
__________________ TiCam La vie n’est pas une crainte mais plutôt une espérance. | |