Un député français demande la restitution de la dette de l'indépendance haïtienne.
Le député français de la Guyane (département français d'outre-mer) Christiane Taubira a demandé au Premier ministre français Jean Pierre Raffarin de restituer à Haïti la dette payée pour la reconnaissance de son indépendance proclamée le 1er janvier 1804.
Cet acte de restitution devrait, selon elle, participer d'un nouvel élan dans l'environnement régional et culturel d'Haïti.
Dans une correspondance adressée au chef du gouvernement français, Christiane Taubira demande à M. Raffarin de faire procéder, au nom de la France, à l'abrogation du traité du 18 février 1838 et à la restitution du tribut versé par Haïti qui représente six années de recettes budgétaires de l'Etat haïtien.
Do you think that France should apologize to Haiti for its (France) involvement in slavery trade in the island of Hispaniola? Should the French government reimburse the money that Haiti had to pay to obtain its independence? click to vote
Elle a, d'autre part, souhaité qu'à l'occasion du bicentenaire de l'indépendance haïtienne, par un acte de grandeur, la France convienne que ses relations bilatérales avec Haïti, conçues dans l'injustice et l'arbitraire, doivent être rétablies dans l'esprit de vérité et de justice qui a présidé à la reconnaissance de la traite et de l'esclavage comme crime contre l'humanité par la loi du 10 mai 2001.
Rappelant que l'Etat de la Caraïbe a eu recours à de coûteux emprunts et à la levée de lourdes impositions sur la paysannerie haïtienne, elle souligne que l'engagement a été totalement honoré en 1883, jusqu'au dernier sou. " Aujourd'hui, Haïti est l'un des pays les plus pauvres de la planète. L'espérance de vie n'atteint pas quarante-sept ans. La population est aux deux tiers analphabètes. On y compte un médecin pour dix mille habitants. Plus d'un million d'Haïtiens ont dû rechercher la survie dans un exil incertain ", a-t-elle poursuivi.
Le parlementaire qui plaide en faveur de la restitution de la dette reconnaît cependant que le tribut payé à la France pour la décolonisation n'est pas la seule cause des retards économiques et sociaux d'Haïti.
Elle suggère que les sommes versées abondent un fonds d'intervention faisant priorité à l'éducation, à la santé et au logement. Ce fonds serait confié à des représentants de la société civile haïtienne, d'organisations non gouvernementales déjà implantées en ce pays, de personnalités qualifiées haïtiennes et françaises et de délégués des deux États.
De l'esclavage, il n'est pas de réparation possible. Ce crime n'est pas de ceux que l'on évalue. Mais lorsque, comme dans ce cas, sa récompense a été mesurée, il est juste de restituer l'intolérable indu.
Par ce geste accompli le jour où tous les Républicains du monde commémoreront le bicentenaire de la République d'Haïti, première République Noire de l'histoire de l'humanité, la France renouera avec ses ambitions universelles, porteuses du message de la Liberté, de la Justice et de la Fraternité, a-t-elle conclu. Picard de Port-salut