HAITI OBSERVATEUR
Les Haïtiens élevés en Haïti sont généralement influencés par deux personnages mystiques du folklore haïtien: Bouki et Malis. Bouki, ordinairement perçu comme un costaud dénué de bon sens, se fait toujours ridiculiser par Malis, le svelte et fin penseur qui, systématiquement, sort gagnant. Cette déformation mentale s'insinue dans la vie quotidienne, et la plupart des Haïtiens se croient des Malis qui, par nature, s'amusent à tromper les Bouki de la société.
Cette mentalité rend stupides des gens autrement rationnels. Ils croient pouvoir faire fi des règles qui, pour eux, s'appliquent seulement aux imbéciles. Quand ils sont pris à leur propre piège, ils s'emportent et deviennent excessivement violents.
Prenez, par exemple, la saga du Premier ministre de facto Yvon Neptune, qui a été approuvé en un clin d'oeil par les deux Chambres d'un Parlement lavalas bidon le 12 mars. Le 14 mars il s'em-pressait de présenter la politique de son gouvernement. Les " senateurs " et " députés " se sont comportés en autant de Bouki qui ont accepté, sans questionner, la fraude perpétrée à leur encontre par le Malis Neptune, qui n'a jamais répondu " Oui " ou " Non " à la question de savoir s'il détenait la nationalité américaine. Il devait répondre seulement : " Une commission se penche sur ce dossier. J'accepterai sa décision ! "


On nous dit que la commission s'est, en fait, penché sur cinq (5) passeports, à dater de l'année 1967, et qu'au-cune " irrégularité " n'a été observée. Le député James Durozin, qui a présidé la commission, a même noté que Yvon Neptune a utilisé son passeport la dernière fois le 31 mars 2001. Donc, c'est la dernière fois, qu'il a voyagé à l'étranger, selon l'information contenue dans son passeport haïtien.

Nous sommes prêts, cependant, à être déclarés les plus grands menteurs au monde si les " législateurs " lavalassiens peuvent prouver que Neptune n'a pas laissé le pays le 1er novembre 2001, en voyage aux Etats-Unis et au Canada. Nous sommes disposés à être condamnés devant l'opinion publique B et peut-être devant une cour de justice américaine B comme des menteurs sans vergogne, si Neptune n'avait pas donné une interview à Raymond Laurent, à Montréal, le 3 novembre 2001. Ce samedi soir-là il s'était adressé à la communauté haïtienne au rez de chaussée d'une église désaffectée. A souligner qu'il avait été hébergé par son frère, Ady Neptune, habitant à Montréal nord.


Dans son édition du 14-21 novembre 2001, H-O avait publié un article assez détaillé sur le président du Parlement haïtien qui n'a pas été autorisé à utiliser son passeport haïtien. Et nous avions, pour la première fois, rendu public le passeport américain de Neptune, répondant au numéro 035349148-US. Sa date de naissance, telle qu'inscrite dans le document, est bien le 8 novembre 1946.


Nous réitérons que Neptune était de retour à New York B venant de Montréal B le lundi 5 novembre, et que le vendredi 9 novembre, il s'était adressé aux mordus de Lavalas à l'hôtel Ramada, près de l'aéroport J.F. Kennedy, à New York. Il avait promis à des compatriotes qu'il prendrait des mesures dans l'affaire Jean Méreste Satiné. Ce Satiné avait soutiré près de 400 mille dollars de certains frères et soeurs avant de quitter subrepticement New York l'été dernier pour aller occuper le poste de " di-recteur général de la mairie de Port-au-Prince ". Une let-tre adressée au " sénateur " et au " Premier ministre " Jean-Marie Chérestal, datée du 11 décembre 2001, avait été publiée par Haïti-Observateur dans l'édition du 26 décembre 2001-2 janvier 2002 (Vol. XXXII, No 52). La lettre débute ainsi :
" Honorable Monsieur le président [du Sénat],
" Faisant suite à l'entre-tien que votre Excellence a bien voulu nous accorder à l'hôtel Ramada le vendredi 9 novembre 2001 au cours de votre séjour à New York, nous, signataires de la présente, avons l'honneur de vous faire parvenir sous ce couvert, copies des lettres de plainte adressées à différentes autorités américaines et haïtiennes, à l'encontre de M. Jean Méreste Satiné (actuellement directeur général de la Mairie de Port-au-Prince) qui a subitement pris la fuite avec de fortes sommes d'ar-gent confiées à ses soins pour des projets de développement communautaires "


Ainsi, Yvon Neptune ne peut pas prétendre qu'il a voyagé la dernière fois le 31 mars 2001, comme les Bouki ou Parlement lavalassien l'ont béatement accepté. La question à l'ordre du jour demeure : Quel passeport Yvon Neptune avait-il utilisé pour ce voyage? Pourquoi ne l'a-t-il pas présenté avec les cinq autres à ses collègues? Nous réaffirmons qu'il s'agit du passeport No 035349148-US. Il n'appartient pas à un "Américain décédé ", comme Ricot Dupuy de Radio Soleil à Brooklyn se plaît à le dire.
Si les " législateurs " lavalassiens s'obstinent à ne pas faire leur travail, nous enjoignons les officiels de la Convergence démocratique à monter au créneau pour exiger la présentation de ce document avant d'envisager un quelconque contact avec le citoyen américain Yvon Neptune, ou avec l'un de ses subalternes. Car la Constitution haïtienne interdit formellement à tout Haïtien qui aura choisi une autre nationalité d'occuper la fonction de Premier ministre (Voir article 157).
C'était du parjure et de la trahison quand Aristide mentionnait son " devoir constitutionnel " de présenter officiellement son " Premier ministre " Neptune le vendredi 15 mars au Palais national. C'était aussi du parjure et de la trahison de la part de Neptune de lever la main pour jurer fidélité à la Constitution haïtienne.
Aristide et Neptune se croient les seuls Malis d'Haï-ti. Les " sénateurs " et " députés " lavalassiens se sont comportés en de vrais Bouki modernes. Mais les patriotes sains d'esprit ne doivent pas accepter cet affront. Il faut respecter les règles du jeu démocratique et constitutionnel.
P.S. : Nous soulignerons que Marie-Josée Neptune, l'épouse du Premier ministre, est aussi citoyenne américaine. Nous l'avons vue partir le mardi 12 mars à destination de Port-au-Prince pour assister au " sâ-cre " de son mari.
Nous profitons aussi pour dire que nous n'avons aucun problème à ce que des Haïtiens se naturalisent américains. Nos objections visent ceux qui ne respectent pas la Constitution d'Haïti, bien qu'ils aient demandé l'invasion du pays par 23 000 soldats étrangers pour faire " respecter la Constitution " qui ne prévoyait pas de coup d'État.