Geneviève Beney, une habitante du Gard, en France, âgée de 56 ans, s'apprête à se faire ordonner illégalement prêtre le 2 juillet à Lyon, dans un geste symbolique destinée à «faire évoluer l'Église romaine catholique».
«Il ne s'agit pas d'un acte de rupture par rapport à l'Église mais simplement d'une volonté de dire qu'il faut que notre Église soit plus en phase avec son temps», a-t-elle expliqué aujourd'hui à l'Associated Press.
Mariée et sans enfant, Geneviève Beney déclare appartenir à un groupe de femmes originaires de plusieurs pays, en Europe et en Amérique du Nord, qui défendent le droit à l'ordination des femmes, ainsi que le droit au mariage et au travail pour les prêtres.
Mme Beney a déjà été ordonnée diacre l'an dernier, en compagnie de six autres femmes, ce qui est accepté par l'Église catholique. Selon elle, ce «groupe des femmes ordonnées» envisage de procéder à d'autres ordinations durant cet été, au Canada et aux États-Unis.
Selon le quotidien Le Monde daté de vendredi, qui a révélé cette première ordination «sauvage» d'une femme prêtre, l'évêque de Nîmes lui avait adressé une lettre de mise en garde, après avoir appris qu'elle avait été ordonnée diacre.
Mais Geneviève Beney souhaite «aller plus loin, malgré les risques», en l'occurrence une excommunication. «Depuis Vatican II, le débat sur l'ordination des femmes existe, mais il n'a jamais abouti», dit-elle. «Nous avons donc décidé de faire un acte symbolique et non violent pour essayer de faire avancer les choses».
Son ordination doit se dérouler le 2 juillet prochain à Lyon sur un bateau, «pour des questions de sécurité». Le choix du lieu de l'ordination s'est porté sur la ville de Lyon, «symbole des premiers martyres chrétiens de Gaule».
Geneviève Beney redoute toutefois des «empêchements» de l'Église. «Au départ, nous aurions préféré que la date et le lieu de l'ordination demeurent secrets afin que le cardinal de Lyon ne puisse pas nous empêcher de procéder à cette ordination», souligne-t-elle.
«Quand j'ai commencé à parler autour de moi de ce projet, j'ai reçu une lettre de l'évêque de Nîmes me demandant de renoncer», raconte Geneviève Beney.
Et dans sa paroisse, à Saint-Victor-des-Oules (Gard), Mme Beney dit avoir été confrontée à «des réactions mitigées». «Il y a des gens qui m'encouragent», explique-t-elle, avant de noter: «le prêtre, lui, fait comme s'il n'était pas au courant».
source ap
Je trouve ce débat plus intéressant que celui sur le célibat des prêtres. Accepter des femmes prêtres serait un changement plus marquant.