C'est dans le chapitre 11 de la Genèse que nous est raconté l'épisode de la tour de Babel, dont le nom est à l'origine de celui de la ville de Babylone et qui signifie : "confusion". Dieu, dans ce texte, met un terme à l'élaboration d'une démarche qui semble être spirituelle : ''(...)
bâtissons-nous une ville et une tour dont le sommet touche au ciel, et faisons-nous un nom afin de ne pas être dispersés sur la face de toute la terre" (verset 4). Ce projet est stoppé par Dieu (...)
maintenant, rien ne les empêcherait de faire tout ce qu'ils ont projeté. Allons, descendons et là confondons leur langage (...) (versets 6 et 7). L'humanité évoluera désormais dans la multiplicité des langues. La place manque ici pour établir la nature de la démarche de cette population et la raison pour laquelle Dieu ne pouvait pas laisser s'affermir cette unité linguistique. Plus que cela, ce type d'unité spirituelle est fondé sur une base qui semble de nature occulte. Cependant, c'est bien ici que se situe le point de départ de la logique divine : réunir à nouveau l'humanité, en un nouvel esprit, un nouveau coeur et une nouvelle expression de nature sainte et spirituelle, réservée à un peuple pleinement réconcilié avec Dieu.
Un message à travers une langue inconnue
Le peuple d'Israël, une fois établi en la personne de son père Abraham, sera un peuple au coeur parfois bien réfractaire à la Parole que Dieu lui adressera par l'intermédiaire de ses conducteurs et prophètes. II arrivera que toute l'inspiration et la force de ces derniers ne suffiront pas à toucher cette nation et à la ramener dans la volonté de Dieu. Dans ces moments pénibles de l'histoire d'Israël, Dieu fera preuve de patience mais aussi de sévérité en le laissant faire la pénible expérience de la désobéissance. Les Babyloniens ou les Assyriens se lèveront contre lui pour l'assiéger. Dieu se tiendra derrière eux, pour s'en servir comme d'un bâton de correction, destiné à faire réfléchir Israël sur les conséquences de son endurcissement. Ces interventions sonnent comme des "'signes" pour Israël. Ces invasions sont un message de la désapprobation de Dieu et de son courroux. Ces peuples, aux langues barbares, seront les instruments d'un jugement dont parleront certains prophètes dont Esàie : "'(...) c'est par des hommes aux lèvres balbutiantes, au langage barbare, que l'Eternel parlera à ce peuple" (Esàie 28111). II est évident que la présence de ce langage incompréhensible portait en puissance le message suivant : "Vous n'avez pas voulu écouter lorsque je vous ai parlé par vos prophètes, que pensezvous aujourd'hui de ce qui vous arrive ? Que comprenez-vous à travers ces événements ? Vous avez irrité votre Dieu." Une langue nouvelle pour un peuple nouveau Bien avant le jour de la Pentecôte, Jésus avait dit des choses bien mystérieuses, juste après sa résurrection. Parmi les signes qui devaient accompagner ses disciples dans la grande mission qu'il leur confiait en ce jour, il y avait la mention de nouvelles langues : "Voici les miracles qui accompagneront ceux qui auront cru : En mon nom, ils chasseront les démons, ils parleront de nouvelles langues" (Marc 16/17).
C'est quelques jours plus tard que l'événement se produisit. Alors que cent vingt disciples de Jésus se trouvaient dans une chambre haute et qu'ils priaient depuis une dizaine de jours en attendant l'Esprit que Jésus leur avait promis (Actes 114-5), voici soudain que des langues semblables à des langues de feu descendirent et se posèrent sur chacun d'entre eux. A cet instant ""( ...) ils furent tous remplis du Saint-Esprit et se mirent à parler en d'autres langues (...}"' (Actes 2:4). Ce phénomène est appelé la glossolalie. Les Actes des apôtres nous rapportent plusieurs récits d'événements similaires dans Actes 8:14-24 ; 19:44 et 19:1-7
La Pentecôte fait directement écho aux événements de Babel dans Genèse 11. Là où l'humanité est dispersée et désunie, par la conséquence de ses projets impurs, en une multiplicité de langages, voici qu'un peuple nouveau est en train de naître. Ces hommes et femmes sont remplis de l'Esprit-Saint dont Jean-Baptiste avait parlé : "Il vous baptisera du Saint-Esprit" et sont rendus capables d'exprimer leur adoration dans une langue nouvelle et inconnue dont l'Esprit est l'inspirateur direct. L'Eglise est née. Son unité ne se résume pas au parler en langues, bien entendu , celui-ci en est l'une des composantes.
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