L?Église des premiers siècles, de l'ère chrétienne, a vénèré les martyrs et pratiqué un culte de leurs reliques. Le martyre valait automatiquement la vie éternelle et, donc, la sainteté : tous les saints vont au paradis. Puis les saints furent en général désignés par acclamation populaire:
Vox populi, vox Dei ? ?la voix du peuple est la voix de Dieu?. Tel est le sens des banderoles
Santo subito ? ?saint, tout de suite? ? vues lors des obsèques de Jean Paul II.
A partir du Xe siècle, des procès en canonisation eurent lieu le Saint-Siège se réservait le droit de canoniser les saints, c'est-à-dire d'autoriser le culte d'un personnage dans l'ensemble de la Chrétienté et, en 1234, Grégoire IX réserva au pape la décision. En 1634, Urbain VIII introduisit le stade de bienheureux, état préludant à une éventuelle canonisation.
Le procès de canonisation est un vrai procès, établi après enquête auprès de témoins interrogés sur l'exercice des vertus chrétiennes du candidat et sur les miracles qu'il a accomplis après sa mort. D'après cette conception que nous appellerons officielle de la sainteté, c'est parce qu'il a exercé les vertus chrétiennes au degré héroïque, c'est-à-dire au delà des capacités humaines, que le saint a été doté par Dieu de qualités surnaturelles dont celle d'accomplir des miracles.
Introduction de l?hierarchie dans les honneurs : tout en bas,
le serviteur de Dieu qui jouit d'une réputation de sainteté susceptible de lui donner accès à un culte, puis
le vénérable dont la cause en béatification est introduite devant la Congrégation des rites, puis
le bienheureux dont certains miracles ont été authentifiés en consistoire, enfin
le saint. Cette procédure visant à démontrer le lien étroit entre les vertus et les miracles est longue et sélective. Elle aboutit à la proclamation officielle de la canonisation en consistoire, puis à la cérémonie de canonisation à Saint-Pierre de Rome.
La procédure, maintes fois reformée, a été dernièrement fixée par la constitution
Divinus perfectionis magister (1983) de Jean Paul II complétée par un ensemble de normes approuvées par la Congrégation pour la cause des saints les 22 et 23 juin 1981. En principe, un procès en béatification ne peut commencer que cinq ans après ?la mort du serviteur de Dieu?. Ce délai a été raccourci par Mère Teresa. Mais Jeanne d?Arc, morte en 1431, a du attendre 1920 pour être canonisée.
Le culte des saints est probablement l'une des créations les plus originales du christianisme. Le Pape ne cesse de beatifier des gens de tous les pays. Cela met devant nos yeux que les saints ont contribué aussi à édifier l?Église qu?ils ornent de leurs vertus. En même temps, cela veut dire que l?Église présente aux catholiques l?exemple attrayant de ces enfants fidèles, de modèles de vie chrétienne.