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Old 01-16-06, 02:37 PM
Claudylover Claudylover is offline
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Post lettre ouverte du professeur vernet larose

lettre ouverte du professeur vernet larose
Lettre ouverte à Mr A.M. Apaid. Responsable du groupe 184+, particulièrement à l?ANMH, à l?AMI et aux membres de la classe Politique
«La prochaine fois, le feu» (The Fire Next Time) annonçait déjà l?écrivain noir américain J. Baldwin. Les émeutes de Watts- quartier noir de Los Angeles qui s?est soulevé six jours durant en 1965, de Newark etc? lui donnèrent raison. Aujourd?hui de Ceuta à Los Angeles en passant par Paris, les mêmes bandes détruisent les mêmes quartiers. C?est la conséquence d?une séparation de plus en plus stricte entre riches et pauvres. Une réalité qu?il faut affronter et non théoriser nous conseille le journaliste allemand Dietmar Dath qui établit une relation étroite entre logique économique et ghettoïsation.
Haïti n?échappe pas au gangland planétaire, à la mondialisation de la ghettoïsation et à la transnationalisation de la communication. Sauf un mais. Le cas d?Haïti doit être traité autrement. Le passage, en effet, de l?Etat social à l?Etat pénal qui s?est déjà structuré aux Etats-Unis et l?Europe hésite encore à l?y emprunter, ne nous convient pas, puisque nous n?avons jamais expérimenté ni l?un ni l?autre. La fragilité extrême de notre Etat, la précarité de notre structure sociale et notre pauvreté endémique nous l?interdisent.
Ce nouvel état se caractérise par les traits suivants. Le tout-securitaire représente un enjeu politique majeur : le combat politique ne fait qu épingler la thématique de l?insécurité. Cela conduit tout bètement à jouer en permanence avec le feu. La classe politique est portée à surenchérir : les discours politiques se ramènent aussi : qui détient le plus la capacité d?en découdre. Pour le gouverneur de l?Etat du nouveau- Mexique,Bill Richardson, il n?y avait pas d?autres formules pour rétablir l?ordre dans les villes frontalières où ses forces de sécurité devenaient impuissantes face à la criminalité , «si je pouvais, je raserais tout ça. »
Or lorsque l?Etat ne jure que par la sécurité, il n?y a rien d?étonnant à ce que ceux qui vivent dans les marges répondent par la violence, violence qui constitue pour eux une manière d?exister et de sa valoriser surtout lorsque leurs faits d?armes font la une des journaux télévisés et radiophoniques : c?est leur façon à eux d?entretenir un sentiment d?appartenance en participant aussi à la société médiatique. Dire non violemment, c?est dramatiquement une forme d?intégration : c?est détruire pour exister.
Le cas d?Haïti n?en diffère pas en ce qui concerne les gangs. L?apparition récente du phénomène des enlèvements quotidiens, particulièrement dans la région métropolitaine de Port-au-Prince et, des conséquences tragiques qui en découlent sur tous les plans tant psychosomatique que financier doivent nous porter à tirer des leçons des diverses réalités étrangères et non de se confiner à instrumentaliser politiquement ce phénomène qui se caractérise par sa grande complexité . Au contraire comme le demande le philosophe français A. Glucksmann suite à l?explosion des banlieues en France, que l?on fasse « plus attention aux mots » ne pas donner dans des généralités, tous les habitants des quartiers populaires n?appartiennent pas ni n?approuvent les actes de kidnapping. D?ailleurs le tout sécuritaire , s?il constitue une condition nécessaire n?est nullement suffisante devant les maux sociaux, qui eux, contribuent grandement à l?établissement du phénomène des gangs.
Or, notre premier mal public, c?est nos luttes fratricides, nos prises d?armes dans la conquête du pouvoir politique. C?est la déchirure sociopolitique parmi nous qui nous empêche de détenir la compétence pour attaquer durablement le phénomène du banditisme urbain. Et ce n?est pas en accordant un pourvoir magique à la MINUSTHA qu?on parviendra à acquérir cette compétence. Notre seul atout réside dans la nouveauté de ce phénomène. Il faut l?aborder on ne négligeant aucune des dimensions.
Examinons le cas de la Colombie ou en dépit de la violencia qui structure la vie politique, une certaine cohésion existe parmi les membres de l?élite. Il n?empêche. En Colombie, plus de 3000 personnes sont aux mains des FARC. Si Ingrid Betancourt est la plus connue d?entre elles, des milliers d?anonymes luttent également contre la mort au quotidien. Prenons le cas d?Alain Jala, ancien gouverneur du Meta . IL a été enlève en 2001 par un groupe du Front 26 des FARC, qui l?a obligé à descendre d?un véhicule des Nations- unies. En quatre ans, les guérilleros lui ont seulement permis d?écrire une lettre de deux pages à sa femme.
Claudia, bonjour, mon amour ! je t?écris pour te dire combien je t?aime et que j?ai été bête de ne pas profiter de nos nombreux moments de bonheur, à cause de choses si absurdes, si mesquines. Maintenant, je le regrette, je me rends compte que je me suis laissé entraîner par la mauvaise humeur, je n?ai pas su profiter de cet amour pur et sincère que tu me portais. Aujourd?hui avec nostalgie, je dois me contenter d?entendre cet amour dans les messages radio. - De nombreuses radio colombiennes diffusent régulièrement des messages destinés aux otages et à leurs familles dans des émissions spéciales . La plus connue d?entre elles et la pionnière est diffusée sur Radio Caracol et se nomme Voces del secuestro, les voix de l?enlèvement- Je ne suis autorisé qu? à écrire ces deux petites pages. Comme on dit dans la plaine : En avant, l?ami, derrière, ils ont la trouille.
Ce long extrait tiré de courrier International WWW,courrierinternational.com, No758 du 17 au 23 novembre 2005, a pour finalité de nous alerter sur la probabilité d?une extension de ce phénomène si nous ne prenons pas immédiatement des mesures appropriées. Mais lesquelles ? Quand, notre tissu social est décousu, quand nous ne pouvons pas dégager aucune cohérence en vue de construire un espace commun de convivialité . Alors qu?entre temps, nous fait savoir Dietmar Dath. Dans la guerre que se livrent les ethnies modernes , seul le principe de la bande est vainqueur, la première chose qu?organisent les bandes de skinnheads de Duisbourg à Berlin, quand ils s?emparent d?une zone nationale libérée C?est le trafic de drogue. Les medias qui laissent entendre que les gangs de ce genre auraient une revendication politique quelconque ne font qu?entretenir un cycle de révoltés et d?assoupissement dans les ceintures urbaines de la misère. On s?enflamme rien ne change, et ça se calme : Puis on s?enflamme de nouveau et ainsi de suite
http://www.courrierinternational.co...ault_online.asp. Le processus de prise de décision doit certes se fonder sur des données fiables qui reposent sur l?identification au préalable des problèmes. Mais les décisions dépendent de l?existence d?un leaderships organisationnel qui s?exerce dans le cadre d?une gouvernance démocratique. Dans le cadre de ce processus comment devons-nous aménager le tout sécuritaire et l?incontournable dialogue national dont nous pouvons lire cet extrait tiré du cadre de coopération intérimaire 2004- 2006 : « Une large partie de la population a été historiquement exclue du processus politique. C?est ainsi que le pays a souffert de divisions qui ont largement hypothéqué les efforts de développement. Le gouvernement de transition veut initier une vraie dynamique de réconciliation nationale qui permette d?apporter des solutions durables et consensuelles pour la réduction des risques de conflits et de crises dans le pays. Il entend favoriser un large dialogue national entre les différents acteurs de la société à partir des expérience menées dans d?autres pays en crises ».
Ce gouvernement de transition n?a pas pu l?accomplir. Que faire alors ? Donner dans la déstabilisation préventive qui risque d?augmenter considérablement la facture de la fracture sociale. La déstabilisation préventive se caractérise par la violence verbale et une mobilisation de certaines couches sociales à l?encontre de certaines groupements politiques en les associant en dehors des normes légales aux bandes armées ?
Ou contribuer à ce que l?élite haïtienne, toutes fractions et classes sociale confondues, se constitue dorénavant en mouvement démocratique afin de créer un climat favorable a la tenue des élections citoyennes dans des délais raisonnables politiquement et socialement. Pour cela , se réunissent les Etats généraux de la nation haïtienne en devenir pour statuer d?abord sur le rôle plus fonctionnel de la MINUSTHA, l?articulation compte tenu de la situation réelle haïtienne entre les composantes militaires et policières de cette mission de maintien de la paix. LA prochaine résolution devrait être en conformité avec les vrais problèmes à résoudre . Ensuite trouver une formule sur la question controversée de l'aménagement des bureaux de vote qui doivent être de proximité . Finalement de respecter le décret électoral et les codes de bonne conduite tant pour les partis politiques que pour les medias. La sortie de crise en dépend, mais fondamentalement l?avenir de chacun de nous, membres de cette élite .
All comments/question can be submited here at
vernelaroz@yahoo.fr
this article written by Larose Vernet
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