Président Sud-Africain, Thabo Mbeki, ce soutien des dictatures (Aristides, Mugabe, Gbagbo?)

Le Président sud- africain, Thabo Mbeki, le successeur du sage Nelson Mandela «Madiba», a t- il décidé d?être l?ami et le soutien trop visible des despotes et dictateurs de la planète et surtout du continent africain ? Tout indique que cette victime de l?Apartheid, qui a passé plus de 28 ans en exil en Angleterre, qui a vu son père, Given Mbeki faire vingt ans à la prison de Robben Island et qui vécu non sans douleur les disparitions de son frère et de son fils, a oublié son histoire. Pour se ranger définitivement derrière les oppresseurs des peuples. Dans la crise qui secoue la Côte d?Ivoire, depuis quatre ans, le médiateur de l?Union Africaine s?est totalement disqualifié, pour devenir un soutien de Laurent Gbagbo et de la refondation. Dans la résolution du conflit, Mbeki, qui était lundi à Abidjan, après avoir défendu bec et ongles Gbagbo au mini- sommet de New York, a pris fait et cause pour le régime d?Abidjan. Depuis longtemps, il n?est plus en symbiose avec l?éthique de sa fonction. Depuis hier, il a mis le cap sur le Burkina Faso avec le Chef de l?Etat, en vue de rencontrer le Président Blaise Compaoré. Selon des indiscrétions, lors de son séjour à Abidjan, Mbeki a proposé une assistance militaire à la refondation, dans la perspective de la fin de la prolongation du pouvoir de Gbagbo. C?est sans doute cette collusion avec Gbagbo qui a poussé les Forces Nouvelles à réclamer un nouveau médiateur dans la crise ivoirienne. En novembre 2004, on l?a vu au domicile de Laurent Gbagbo, entouré des « jeunes patriotes », appelant à un combat contre l?impérialisme. Devenant même plus gbagboiste que Gbagbo, il ne voit pas les exactions de la refondation et les entorses à la démocratie. L?homme a vraiment vécu loin des affres de l?Apartheid, sinon il n?y prendrait autrement. La recurrence est certaine chez l?adversaire de Jacob Zuma.


La complicité
avec Bertrand Aristides

En Haïti, en janvier 2004, pendant que Jean Bertrand Aristides, son parti «Lavalas» et sa milice des «chimères», pendant des «jeunes patriotes» de Gbagbo, assassinaient les opposants et étudiants, Le Président Thabo Mbeki, malgré les injonctions de la communauté internationale, s?est retrouvé à Port au Prince, en compagnie du Premier Ministre des Bahamas, Remy Christie, pour célébrer dans le sang, le bicentenaire de ce pays. Alors que le canon tonnait sur les adversaires de Aristides, Mbeki ne s?est nullement gêné pour déclarer être « venu célébrer l?une des plus grandes révolutions historiques ». Sans doute dans le sang des Haïtiens. Mbeki s?est même porté, malgré le soulèvement populaire, à faire le voyage aux Gonaives, le 1er janvier 2004. Il a dû rebrousser chemin quand un hélicoptère de son équipe de sécurité a essuyé des tirs d?armes à feu. Pour des amitiés, il a choisi de mépriser les douleurs d?un peuple. A pure perte car quelques mois plus tard, le despote a été contraint de prendre le chemin de l?exil. En Afrique du Sud.


Mbeki cautionne
l?autocrate Mugabe

Parmi les régimes autocratiques qui bénéficient de la caution de Thabo Mbeki, il faut inscrire Robert Mugabe, l?ennemi des libertés démocratiques au Zimbabwe. Au pouvoir depuis 1980, Mugabe, le fils d?immigré Malawite, cet octogénaire a entrepris de faire taire toute voix d?opposition dans son pays. Comme son homologue ivoirien, Mugabe s?appuie sur deux armes : un tribunal des médias aux ordres et les services de renseignements. Comme à son habitude, Mbeki a choisi d?apporter son soutien à un homme que le Président Jacques Chirac a salué sans le regarder lors d?une réunion à Paris. Mugabe est tellement disqualifié au plan international que l?Angleterre s?est indigné lorsque le Prince Charles l?a salué pendant les obsèques du Pape Jean Paul II. Il y a quelques années, quand le Commonwealth a exclu le tyran de son organisation, Mbeki s?est transformé en son avocat et a fait des mains et des pieds, pour obtenir la clémence des autres membres. Il en a été de même quand la Banque Mondiale a conditionné toute aide au Zimbabwe à un paiement préalable d?une dette de près de cent millions de dollars. Le Président Sud africain s?est porté garant pour cette mascarade. Au détriment des populations zimbabwéennes.


Pour tout dire, c?est une constante chez Mbeki. Contrairement à son prédécesseur, qui s?est battu avec courage contre l?Apartheid et toutes les autres formes de dictatures, Mbeki a opté pour la compromission avec les despotes. Il faut espérer que l?Union Africaine trouve un autre médiateur pour la gestion de la crise ivoirienne. Mbeki s?est disqualifié et est devenu un obstacle majeur sur le chemin de la paix.