FESTIVITES - La francophonie fait swinguer Bucarest
Grâce à Bucarest Francophone, le Sommet de la francophonie offre une multitude de spectacles et de concerts gratuits pour les Bucarestois. Après une longue journée de travail et d?embouteillages, l'ambiance vaut vraiment le déplacement
Sur la place George Enescu de Bucarest, buvettes, places assises, ou déviations pour faciliter la circulation? Tout est réuni pour que le mélomane comme le promeneur curieux puisse être en harmonie avec la ville.
Chaque soir, depuis samedi, cette place accueille les concerts de la francophonie. Oubliés les embouteillages et ces hordes de policiers venus encadrer les réunions officielles du Sommet : hommage au voyage musical !
Lundi soir, comme les deux soirs précédents, on aurait pu tout aussi bien être à Paris ou à Dakar. Au programme, deux chanteurs : Nicu Alifantis et Marlène Dorcena. Deux heures de rythmes, de sons, de chansons d?amour, d?histoires universelles. Le premier à prendre le micro, Nicu alifantis, voix grave incontournable de la musique roumaine, a débuté sur la scène en 1973. Sa musique, bien connue ici, oscille entre folk et ballades. De chaque côté de l?estrade, deux écrans géants retransmettent la performance. Pourtant, avec son regard serein et son allure tranquille, l?homme tout en noir assure un spectacle presque intimiste. La seconde voix est d?origine haïtienne. Deux univers différents. Mais, pari gagné, le public passe d?un répertoire à un autre avec le même bonheur.
Sur les rythmes d?Haïti
Marlène Dorcea chante les couleurs de son île avec ses hanches et avec ses bras. "Bonsoir Romania ! Bonsoir ! Vous êtes avec moi ? Vous voulez entendre ma chanson?" , demande-t-elle à la foule. Rumeurs. "Ça va la Roumanie ?" reprend la pétulante Haïtienne, moulée dans une longue robe verte et perchée à plusieurs centimètres du sol sur ses talons rouges. "Oui !" répondent dans un cri les quelques 300 personnes réunies sur la place Enescu. Des enfants, des jeunes, des moins jeunes.
En survêtement ou en escarpins, canettes ou verres à la main. Impossible dans ce mélange de pénombre et de lumière bleue, jaune, de savoir exactement qui est qui, et à fortiori, combien de francophones sont présents. Qu?importe ! Ici, il n?est plus question de Roumanie, de France, ou d?Haïti... Ce "Oui" hurlé à l?unisson donne l?impression grisante d?une grande communauté.
Et c?est bien de rassemblement qu?il est question au XIème sommet de la francophonie ! "Regardez, écoutez, goutez, touchez, respirez - Priviti, auscultati, gustati, atingeti, respirati". Voilà ce que l?on pouvait lire en français et en roumain sur les bannières encadrant l?estrade des musiciens. Il est de ces choses universelles qui regroupent les hommes, quelle que soit leur langue?
Florence Mottot (
www.lepetitjournal.com) 29 septembre 2006