C'était dans une ambiance à l?allure de carnaval, ou comme à l?ordinaire à celle d?une fête populaire, que s?est déroulée le samedi 20 janvier 2007 la 4e édition du festival Indépendance haïtienne, tenu à Bayfront Park (Miami). Ils ont été environ une dizaine, les grou-pes haïtiens venus d?Haïti et de quelques villes américaines à prendre part à l?édition 2007 du festival Indépendance haïtienne, organisé depuis quatre ans au mois de janvier, lequel ramène l?anniversaire de notre indépendance. La 4e édition a été en effet marquée par la présence des groupes musicaux tels T-Vice, System band, Djakout mizik, Krezi, Nu-look, Zen .....

La soirée a débuté avec le groupe de tendance racine Ram. Il a été le seul à pouvoir apporter une note différente au milieu de ce paysage compas direct. Les groupes se sont succédé sur la scène de l?amphithéâtre de Bayfront Park pour offrir à leurs fans le meilleur d?eux-mêmes. Chaque formation musicale a eu droit à deux morceaux. Ainsi, les prestations se sont vite enchainées. Parfois, on eut dit qu?ils ont fait de deux morceuax un seul. Les brefs intermèdes ont été assurés par la diffusion de musique hip-hop qui a électrisé tout un public déjà en délire. Lors de ces transitions, le groupe Rara lakay, issu de la zone dénommée Little Haiti ? bastion d?une importante population haïtienne ? défilait au milieu de l?assistance drainant derrière lui une foule de spectateurs qui danse, chante et crie à tue-tête. Des propos injurieux à l?encontre des femmes n?ont cessé de fuser dans la foule. Le public, chaud-bouillant s?en est donné à c?ur joie. Car, ce genre de manifestation populaire ne se donne pas chaque jour. On y ressent la bonne humeur, beaucoup d?énergie et d?émotions. Les festivaliers sont parvenus à se créer les couleurs que les organisateurs n?ont pas offertes.

Presque la majorité des groupes ont le même groove. Leurs mélodies et les accords des guitares et keyboards ? d?où se dégagent les sons de guitare ? se ressemblent trop au point qu?on croyait entendre jouer le même groupe. Les chanteurs se rivalisent dans des slogans qui vantent la capacité ou la puisasance de leur formation.

Mais, de tous les groupes attendus au festival Djakout mizik a été le groupe le plus sollicité au cours de la soirée du 20 janvier. En effet, cette formation compas a clôturé la nuit en apportant au public une prestation hors-pair. Ce groupe qui essaie toujours d?innover, d?inventer a étonné plus d?un par l?exécution d?un su-perbe morceau, sorte de mélange de bleus et de compas. Par là, les musiciens prouvent qu?on peut créer dans le compas direct tout en y explorant d?autres genres et rythmes en vue d?aboutir à une réelle fusion. Djakout a su provoquer l?euphorie, la fièvre dans l?assistance par son hit, intitulé « Louye kris la ». Ce morceau apparait depuis quelques temps lors des prestations de Djakout devient comme une sorte d?hymne. Des passages dans « Louwe kris la » ont été repris en ch?ur par un public conquis. Les musiciens ont été acclamés dès leur apparation sur la scène de l?amphithéâtre. Les Prestations du tambourineur Chaba et du batteur Roro se joignant aux solos de Ti Regi et Ti Pouch (keyboardistes) concouraient, lors de la soirée du samedi, et exaltaient encore une fois le public haïtien de Bayfront Park. La performance de Djakou Mizik a été, selon de nombreux fans, le moment le plus fort du festival Indépendance haïtienne. « C?était le meilleur qui fut offert », clame une spectatrice, le visage irradié de joie et de plaisir.

Par contre, le festival Indépendance haïtienne apparait cette année, aux yeux de certains observateurs, comme une sorte « d?animation de quartier » consacré aux groupes du genre compas direct. Beaucoup s?accordent à l?appeler tout simplement « Festival compas », auquel les tenants de l?ancienne génération ? ceux qui ont fait rayonner la musique ? brillaient par leur absence.
La foule n?était pas dense. L?espace où se déroulait le festival paraissait clairsemé. Les gens se regroupaient pour la plupart juste devant la scène de l?amphithéâtre. Il n?y a pas eu un réel esprit de festival bien conçu. Il ne s?inscrit dans la démarche de marquer l?anniversaire de l?ndépendance de notre pays et ne témoigne pas de la force, la richesse et la vitalité de notre culture.
Par ailleurs, les organisateurs n?ont pas, semble-t-il, réussi leur pari : rassembler dans l?enceinte de l?amphithéâtre une foule immense de spectateurs. Pour certains, le prix du ticket ? fixé à l?avance à$ 25 ? en était la cause. D?autres révèlent un manque d?intérêt chez nos compatriotes de la diaspora pour ce genre de manifestation qui ne se renouvelle pas. En effet, les sepctateurs qui ont assisté au festival proviennent presque tous de Miami.
La qualité au niveau des prestations n?était pas au rendez-vous. La sonorisation paraissait défectueuse. D?où les groupes offrant des prestations qui laissent à désirer. Ils n?arrivent pas, au niveau des morceaux exécutés, à proposer le pur plaisir de l?écoute.
Source: InfoHaiti