Ah ! le point G... Cela résonne un peu comme la quête du Graal version érotique. Il y a ceux qui y croient et les sceptiques, comme Shere Hite, auteure de"L'Orgueil d'être une femme" (éd. Favre). Cet endroit si petit, si secret, alcôve de volupté chez la femme, a pourtant été localisé et identifié dès 1950 par le docteur allemand Ernst Gräfenberg. Il se situe dans une partie concave du vagin, difficilement accessible, ce qui explique que beaucoup de femmes ne parviennent pas à le sentir. Il est vrai aussi que chaque femme est dotée d'une sexualité différente et ne réagit pas de la même manière aux stimulations.

Partant de ce constat , des médecins ont eu l'idée de stimuler cet obscur objet du plaisir en le gonflant afin d'offrir aux femmes des orgasmes plus intenses... Tout a commencé en Californie, en 2001, quand le docteur David Louis Matlock, chirurgien esthétique, gynécologue de formation, décide d'injecter un mélange à base de collagène au niveau du point G afin d'en augmenter le volume. Sa théorie : permettre un meilleur contact de cette zone érogène et érectile lors du rapport.
En France, le docteur Benet, médecin esthétique, reprend le procédé, mais choisit d'injecter de l'acide hyaluronique, un produit résorbable et plus sûr.
Selon lui, l'orgasme dit «vaginal» n'est pas un orgasme "grand public". Seul un tiers des femmes jouirait par pénétration, et ce ne serait pas toujours systématique. Il cite aussi une statistique selon laquelle 16 % de malchanceuses n'auraient d'ailleurs pas du tout de point G. Comment s'en aperçoit-on ? L'élasticité et le rebondi sont différents et perceptibles au toucher. Une injection serait donc sans effet sur elles.
Chez les autres femmes, le point G existe bien, mais n'est pas un organe en soi. Il se trouve à environ 2 cm de l'entrée du vagin, sur la paroi antérieure. Au toucher, on perçoit une zone légèrement rugueuse d'à peu près 3cm qui, quand on la stimule, provoque une sensation urinaire au démarrage.
Des sensations plus intenses
Concrètement, comment se déroule l'intervention ? Le médecin pratique une anesthésie locale. Après une attente de cinq minutes, la patiente ne ressent plus rien, il injecte alors entre 2 et 6 ml d'acide hyaluronique, dose évaluée en fonction de la qualité et de l'élasticité des tissus.
Cette intervention peut déclencher un léger saignement, et les patientes ne doivent pas avoir de rapports sexuels pendant quarante-huit heures. Certaines prétendent avoir noté des effets collatéraux tels qu'une meilleure hydratation ou un resserrement du vagin, agréables aussi pour l'homme qui ressent sa partenaire plus lubrifiée et plus serrée. Les effets de l'injection durent environ six mois et s'estompent peu à peu.
"C'est un moyen de reprendre confiance en soi", affirme Christine Vahdat, gynécologue, qui analyse les progrès que ce type d'injection apporterait aux mères se plaignant de ne plus éprouver le même plaisir qu'avant leur accouchement. "En ce qui concerne celles qui n'ont jamais éprouvé d'orgasme, ajoute la gynécologue, j'essaie de les amener à une réflexion préalable. C'est la connaissance de son corps qui permet d'accéder à une sexualité plus épanouie."
Quant au risque de devenir accro : "il existe de la même façon que pour les actes esthétiques, répond le docteur Benet. Mais le but, c'est d'autonomiser la patiente afin qu'elle retrouve la même sensation sans nouvelle injection. De toute façon, le cerveau enregistre, et l'initiée saura désormais ce qu'elle recherche."
L'expérience vous tente ? Alors, soyez patiente - le produit ne devrait pas obtenir l'autorisation de mise sur le marché avant début 2007 - et, surtout, commencez à économiser : l'intervention sera facturée, selon le volume injecté.