"The Lost Tomb of Jesus", un nouveau documentaire signé du documentariste israélo-canadien Simcha Jacobovici et produit par James Cameron, réalisateur de Titanic , prétend que les ossements de Jésus ont été retrouvés dans un tombeau à Jérusalem et qu'il aurait eu un fils avec Marie-Madeleine. L'hypothèse n'est pas neuve, mais elle demeure explosive. De son vivant, Jésus-Christ aurait eu une épouse et un fils, aux côtés desquels il aurait été enterré. Nul autre que James Cameron défend cette hérésie qui se retrouve au coeur du documentaire. C’est en tous les cas ce qu’a affirmé lors d’une conférence de presse, James Cameron du documentaire sur ce sujet qui a ete diffusé sur Discovery Channel le Dimanche 4 mars.

Dans la prestigieuse Bibliothèque publique de New York, élégamment vêtu de noir, James Cameron posait aux côtés d’un ossuaire de calcaire qu’il a présenté comme étant la vraie sépulture de Jésus : "C’est la plus importante histoire archéologique du siècle, s’est-il enthousiasmé. Et je crois qu’elle est vraie !"
Une conclusion trop hâtive selon les scientifiques
Seulement, les failles du raisonnement sont extrêmement nombreuses et commencent à être pointées par différents spécialistes, un peu surpris d’un tel emballement pour cette "information".


Jean-Sylvain Caillou, archéologue et auteur d’une thèse sur les tombes de Palestine résume ici leurs doutes : "Pour attribuer la tombe à la famille de Jésus, James Cameron et ses amis devaient expliquer la présence des ossements d’un 'Judas fils de Jésus'. Pour ce faire il fallait trouver une épouse à Jésus. Marie étant la mère supposée de Jésus, il ne pouvait s’agir que de la seconde femme mentionnée sur les ossuaires : 'Mariamene e Mara'. Mais pour que cela soit crédible il fallait chercher une correspondance avec les évangiles, Marie-Madeleine leur est apparue comme la meilleure candidate, et ils ont alors établi un rapprochement entre les deux noms et ont effectué des analyses ADN pour tenter de prouver le mariage. Mais si le nom Mariamene apparaît seulement au IVe siècle pour désigner Marie-Madeleine, comment peut-il faire référence à ce personnage lorsqu’il est utilisé sur un ossuaire du Ier siècle ? Et en quoi l’absence de liens du sang entre cette femme et 'Jésus' permet-il de conclure à leur mariage ? N’y avait-il pas d’autres femmes dans les ossuaires anonymes ?"


Plus important encore : "Si les cinéastes de Discovery Channel avaient les moyens de pratiquer des tests ADN, pourquoi n’ont-ils pas systématiquement tenté de retrouver les liens familiaux entre toutes ces personnes ce qui nous éclairerait vraiment ? s’interroge-t-il. Et pourquoi n’avoir pas parlé à cette conférence de presse de l’âge des morts que l’on peut déterminer d’après leurs ossements ? Est-ce que les ossements de ce Jésus portaient des traces de clous ? Qu’est-ce qui dans l’étude de cette tombe permet d’en préciser suffisamment la datation pour être sûr qu’elle correspond bien à l’époque de la mort de Jésus ?" Autant de questions qui mettent grandement en cause le sérieux de l’entreprise.

Mais finalement, il s’agit là de détails. Pour lui, le problème réside davantage dans l’absence d’éthique scientifique : "En archéologie, tant que vous ne pouvez pas dire à 100% qu’une tombe est celle d’un personnage historique, vous ne devez rien affirmer. Une seule inconnue, et c’est déjà le risque de se tromper !"
Ce film La tombe perdue de Jésus et le livre qui l’accompagnent semblent donc avoir été bâtis avant tout autour de l’idée d’attiser la curiosité du public par un faux scandale. Nul doute qu’ils feront gagner beaucoup d’argent aux éditeurs qui ont bien compris la recette du Da Vinci Code.