La juge Michelle Bélizaire est accusée par la clameur publique de l'assassinat, le vendredi 24 février 2006, de Sergo Jean-Philippe, agent II de l'Administration pénitentiaire nationale (Apena), affecté au Pénitencier national. L'ancienne juge titulaire au tribunal de paix de la commune de Delmas, aurait laissé le pays depuis tantôt deux mois, en dépit d'une interdiction de départ.
Le rappel des faits. Le vendredi 24 février, très tard dans la soirée, Sergo Jean-Philippe se trouvait dans une voiture en compagnie de la juge de paix Michelle Bélizaire, avec qui il entretenait des relations sentimentales de longue date. Sergo et Michelle revenaient de chez une amie, Guerline ainsi connue, habitant les hauteurs de Pétion-Ville.
Peu de temps après le départ du couple, Guerline a reçu un appel de Me Michelle Bélizaire, l'informant de l'assassinat de Sergo JeanPhilippe. Quand Guerline se rendit sur les lieux, un juge de paix et des enquêteurs de la Direction centrale de la police judiciaire (DCPJ) étaient déjà sur place. En l'absence d'un greffier, c'est elle qui a rédigé le procès-verbal du constat de l'assassinat.
« Une enquête est en cours, veuillez contacter la DCPJ ou le commissaire du gouvernement. Je n'ai rien à vous dire », avait répondu Me Michelle Bélizaire, jointe par téléphone par un journaliste du Matin, quelques jours après le crime. Une interdiction de départ a été émise contre elle, un mois environ après. Depuis, rien n'a filtré du dossier.
Cependant on a appris que, depuis tantôt deux mois, la juge Michelle Bélizaire aurait laissé le pays à destination des États-Unis sans aucune forme de procès. Les informations rapportent qu'une plainte a été déposée contre elle au parquet près le tribunal civil de Port-au-Prince.
Avant de laisser le pays, Me Michelle Bélizaire circulait librement à Port-au-Prince et continuait à percevoir son salaire de juge titulaire au tribunal de paix de la commune de Delmas. On ignore ce qui est advenu de l'interdiction de départ prise contre elle.
Marie Laurence Jocelyn Lassègue condamne la violence sous toutes ses formes
Depuis quelque temps, les crimes passionnels sont devenus monnaie courante dans la société haïtienne. On en parle, on les déplore, on les condamne. Cependant, un seul cas suit son cours devant la justice, celui de Valdo Jean accusé d'assassinat sur la personne de Ginoue Mondésir.
Le jeudi 31 mai, la Police a arrêté Michelle Laraque, une jeune fille de 26 ans, accusée d'avoir tué Jean Émile Mercéda, son ex-petit ami, et découpé le cadavre en plusieurs morceaux. Cela s'est produit à Morne Hercule, un quartier de Pétion-Ville.
Au commissariat de police de Pétion-Ville, Michelle Laraque a avoué son crime. « C'est la vérité. Les informations sont bonnes. J'ai tué Mercéda. Il voulait me tuer parce que je refusais de coucher avec lui. Comme je ne voulais pas satisfaire son envie, je résistais à ses menaces jusqu'à ce je finisse par le tuer moi-même », a-t-elle expliqué au micro des journalistes présents.
La ministre à la Condition féminine et aux Droits des femmes, dans une note de presse, condamne l'assassinat de Jean Émile Mercéda. Elle demande à la justice d'appliquer la constitution et la loi contre la coupable. « Le ministère à la Condition féminine et aux Droits des femmes, tout en assurant la promotion et la défense des droits des femmes, exhorte celles-ci à ne pas rentrer dans cette dynamique de la violence qui ne saurait être une solution légitime à des situations fort souvent dramatiques pour elles », lit-on dans la note de Marie Laurence Jocelyn Lassègue.
Source: Le Matin