En Haïti, l'approche des grandes vacances est souvent une source d'angoisse pour certains parents d'élèves car les activités pour les écoliers sont très limitées pendant les congés. Peu de choix sont offerts aux parents. Pour aider leurs enfants à passer de bonnes vacances, certains parents n'hésitent pas à dépenser de fortes sommes.
« Vive les vacances, les cahiers au feu ! » : En fin d'année scolaire, ce refrain est généralement fredonné joyeusement par la plupart des écoliers haïtiens. Cependant après quelques semaines de vacances, l'enthousiasme risque de baisser pour faire place à l'ennui face à l'absence d'activités et la rareté des centres de loisirs disponibles au cours des deux mois de congés scolaires.
Pourtant, autrefois, au sein de plusieurs familles, l'été était l'occasion pour les enfants de se rendre dans leurs régions d'origine. Jadis, à peine finie l'école, les enfants se rendaient dans leur famille en région. Baignade à la rivière, randonnée à cheval, découverte de nouveaux paysages étaient au menu de leurs vacances.
De nos jours, peu de familles font ce choix. Pourtant, amuser les enfants à Port-au-Prince n'est pas du tout chose facile.
Nadine est une professionnelle, mère de deux enfants en bas âge. Cette année, comme l'an dernier, elle a fait le choix du camp d'été pour ses deux enfants. Chaque matin elle les y amène et les récupère les après-midi. « Ce choix s'est imposé. Pendant les vacances, les enfants n'ont rien à faire à la maison et je suis inquiète quand ils sont seuls » explique-t-elle.
Tout comme Nadine, plusieurs parents ont opté pour le ce qu'on appelle communément le "camp d'été". Ces camps sont généralement des centres privés et proposent différentes sortes d'activités.
Cependant, les tarifs qui varient d'un camp à l'autre, ne sont pas forcément à la portée de tous. Les prix, souvent exhorbitants, sont en dollars américains. Mais les organisateurs ne se plaignent pas. La plupart des camps, même les plus coûteux, sont bondés et très appéciés par les bambins. Les parents ont déboursé. « J'organise un camp d'été chaque année depuis 1995 » explique Bertrand, co-organisateur d'un des camps les plus fréquentés. « Je le fais parce que j'aime cela, mais aussi parce que les enfants ont en besoin. Très peu de loisirs leur sont offerts et ils apprécient énormément de participer au camp multisports » poursuit-il. « J'ai des habitués, par exemple un jeune actuellement âgé de 16 ans vient chaque année au camp depuis qu'il a 7 ans. Nous sommes une grande famille » conclut-il.

L'Etat haïtien a également compris la nécessité de mettre sur pied des activités de vacances pour les jeunes. Le Ministère de la Jeunesse des Sports et de l'Action Civique propose un ensemble d'activités pour l'été. Ainsi durant le mois d'Aout, 30 « Centres Jeunesse Animation » seront ouverts. Ces centres proposeront aux jeunes des activités sportives et ludiques. Par ailleurs la tenue de deux « Camps de Vacances Nationaux » est également prévue dans la ville des Cayes, dans le sud du pays et au Cap-Haïtien, dans le nord. La réalisation de championnats de vacances de football à travers le pays est également planifiée. « Nous avons pour devoir de proposer certains loisirs aux enfants, car le pays en offre peu. Les différentes activités que nous envisageons seront un véritable soulagement pour les parents et un divertissement sain pour les jeunes. Si ce genre d'initiatives ne se fait pas on risque d'avoir de plus en plus de jeunes mal dans leur peau » explique Emmanuel Eliacin, le responsable de la Direction départementale pour l'Ouest du Ministère de la Jeunesse.