Accusés de fausses déclarations en douane pour l'importation d'un camion, les deux hommes d'affaires et un chauffeur de leur entreprise ont été reconduits en prison
D'après Radio Kiskeya, l'homme d'affaires Fritz Brandt et son fils David ont été déférés mercredi pour la première fois au cabinet d'instruction dans le cadre de l'enquête judiciaire ouverte sur leur implication présumée dans une affaire de fausses factures d'importation.
Pendant plus de cinq heures, les deux hommes ont été entendus par le juge Durin Duret Junior en présence de leurs avocats notamment Jean-Baptiste Brown, ex-ministre de la justice et Napoléon Lauture.
Un dispositif de sécurité flexible mis en place a permis à des parents et amis de voir les prévenus menottés.
A l'issue de l'interrogatoire, Fritz et David Brandt ont été renvoyés au Pénitencier National, la prison civile de Port-au-Prince où ils sont écroués depuis une semaine.
Jean Anthony Duponcy, emprisonné pour son rôle présumé dans cette affaire, a été également auditionné. Il est chauffeur à la Compagnie haïtienne de moteurs, propriété de la famille Brandt.
Les deux hommes d'affaires avaient été arrêtés jeudi dernier suite à un interrogatoire marathon au parquet de Port-au-Prince autour de leur responsabilité présumée dans la tentative de dédouanement d'un camion avec des bordereaux de paiement contrefaits.
D'une valeur de 100.000 dollars américains, le véhicule avait été importé par la Compagnie haïtienne de moteurs au nom de l'homme d'affaires Jean-Marc Larco.
Cette transaction irrégulière, qui aurait été réalisée avec la complicité d'un broker récemment décédé, avait empêché l'Etat haïtien de prélever des taxes de l'ordre d'un million de gourdes.
Cependant, deux brokers de la douane de Port-au-Prince interrogés par Radio Kiskeya affirment ne pas être au courant de la mort d'un de leurs collègues.
Des parlementaires se sont ouvertement réjouis de l'arrestation de Fritz et David Brandt isssus de l'un des clans les plus puissants de l'économie haïtienne. Selon eux, cet événement marque un tournant dans les efforts déployés par les autorités en vue de briser le cercle de l'impunité.
Intimidée ou embarrassée, la classe d'affaires est peu encline à s'exprimer sur ce dossier.
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Premier examen des Brandt
Le juge d'instruction Durin Duret Junior a entendu David et Fritz Brandt, accusés de faux, usage de faux et d'association de malfaiteurs. Duponcy Jean-Anthony, l'un des chauffeurs de la Compagnie Haïtienne de Moteurs a été également auditionné dans le cadre de ce dossier.
L'interrogatoire de David a duré deux heures (12hres 05 - 2hres 05), celui de Jean Anthony Duponcy, environ 60 minutes. Tandis que Fritz Brandt a passé presque 80 minutes à répondre aux questions du juge instructeur Duret Junior.
Les avocats Jean-Baptiste Brown, Napoléon Lauture, Lochard, Eveillard et consorts du Barreau de Port-au-Prince, qui assurent la défense des Brandt étaient présents au cabinet d'instruction.
Les deux hommes d'affaires se sentaient réconfortés par la présence de parents et d'amis venus les voir, menottés sur le banc où ils étaient assis. Ce qui leur a permis de noyer pour quelques heures leur chagrin et leur indignation.
A la salle d'attente du cabinet d'instruction, tout leur était permis, sauf l'utilisation du téléphone. On acceptait la visite, mais avec discipline. Les agents de l'APENA s'étaient montrés compréhensifs. En dépit de tout, on sentait un peu de frustration chez David et son père (Fritz) qui ne pouvaient pas recevoir les parents et amis comme ils le voudraient. Cela se faisait deux par deux.
David qui ne semblait pas digérer le poids des menottes, tantôt se levait pour s'appuyer sur le fer forgé tantôt se rassoyait. David ne dit mot à personne, préfèrant regarder le plafond du bâtiment. Le père (Fritz Brandt), plus expérimenté, paraît accepter la situation avec beaucoup de courage. Arrêtés et écroués le jeudi 26 juillet dernier, le père, le fils et le chauffeur auront huit jours d'incarcération, le jeudi 2 août en cours. Notons que David et Fritz Brandt sont logés au bureau du greffe du Pénitencier national, selon une source digne de foi.