Haïti : une présence remarquable
Schoelcher, commune résidentielle de la Martinique, a accueilli du jeudi 9 au vendredi 10 novembre 2006, le 2e forum* des femmes de la Caraïbe déroulé autour du thème « Femmes et décision ». Des organisations de femmes et de représentants de gouvernements de plusieurs pays de la Caraïbe francophone, anglophone, hispanophone et aussi de la France ont participé à ce colloque de deux jours.
L?une des organisatrices du symposium en a indiqué l?objectif : « contribuer à l?évolution des femmes dans les sphères de décisions de la société caribéenne en tant qu?actrices de leur devenir pour une vision des choses ».
Au cours de la deuxième journée, les débats ont porté sur deux grands sous-thèmes : «Femmes et décision dans le monde économique » et « Femme caraïbéenne : vie subie, choisie, épanouie ou du rôle de la décision».
Le premier, « Femmes et décision dans le monde économique », a été traité tour à tour, sous des angles différents, par Éliane Étienne- Sem- paire, historienne de la Guadeloupe, Ava-Gali Gardiner, représentante de la Jamaïque, et Mme Julia Mirabal de Cuba qui intervenait spécifiquement sur la question de la participation des femmes de faible qualification à la vie économique.
Le deuxième , « Femme caraïbéenne : vie subie, choisie, épanouie ou du rôle de la décision » a, dans l?après-midi de vendredi , fait l?objet des commentaires de la sociologue, Danielle Laport, du docteur en sciences de développement, Imani M. Tafari-Ama et de Mme Annie Ramin, représentante du pays organisateur (Martinique).

Eliane Etienne-Sempaire, l?historienne de la Guadeloupe a dressé au cours de son intervention un tableau sombre de la réalité des femmes de la Caraïbe. Elle a plaidé pour le respect du droit à la vie de ces dernières. Elle a surtout attiré l?attention sur la lutte que doivent mener les femmes contre la violence générale, en particulier contre les violences domestiques, conjugales, sexuelles. « Il faut lutter contre toutes les discriminations, la conception qui fait de la disponibilité du salarié le critère de son efficacité, un concept qui culpabilise et pénalise souvent les femmes mères », a-t-elle observé, insistant au passage pour une vraie parité homme/femme avec un vrai pouvoir de décision.
Haïti, une participation particulière
La deuxième et dernière journée du forum a vu la ministre d?Haïti à la Condition féminine et aux Droits des femmes demander aux organisations de femmes de la Caraïbe présentes, au nom de l?équité et de la justice, d?intégrer les espaces de pouvoir et de décisions, de constituer une sorte de creuset pour une présence non seulement quantitative, mais aussi qualitative des femmes dans ces espaces occupés généralement par les hommes. Elle a plaidé en faveur du renforcement de réseaux d?appui, d?encadrement aux femmes.
La ministre Marie-Laurence Jocelyn Lassègue a insisté pour que les femmes soient porteuses d?une communication différente dans la vie sociale et qu?elles ne reproduisent point le comportement des hommes dans la politique.
Mme Lassègue a insisté sur le devoir des femmes, oeuvrant dans le domaine politique, de partager de façon régulière et systématique leurs expériences, d?analyser ensemble les échecs respectifs pour pouvoir les surmonter et aller de l?avant.
*Le premier forum s?était tenu à Basse-terre, en Guadeloupe, les 7 et 8 avril 2005, sur la thématique « Identités croisées. »