Prix littéraires du Gouverneur général : l'année des premières
Les sept lauréats francophones de cette année aux prix littéraires du Gouverneur général remportent tous pour la première fois ce prestigieux prix. Le jury a fait un sérieux tri parmi les 1465 ouvrages soumis en 2006 aux prix littéraires du Gouverneur général, surnommés les prix GG. Ils ont ainsi primé 14 d'entre eux, sept par langue officielle. Le plus ancien prix littéraire au Canada est doté d'une bourse de 15 000 $.
En ce 70e anniversaire des prix GG, deux conférences de presse simultanées se tenaient hier à Montréal et Toronto, animées respectivement par Laurent Lapierre et Robert Sirman, du Conseil des arts. Les prix seront officiellement remis par la gouverneure générale Michaëlle Jean à tous les lauréats le 13 décembre à Rideau Hall.
Ainsi, dans la catégorie Roman, le prix est décerné à Andrée Laberge pour La rivière du loup (XYZ Éditeur), son troisième roman. Pour cet écrivain au parcours atypique (elle est docteure en épidémiologie et travailleuse sociale!), il s'agit d'une reconnaissance très appréciée. «Je ne viens pas du milieu littéraire, alors c'est très sécurisant, ça me touche beaucoup, dit celle qui partage son temps entre sa carrière et l'écriture. Jamais je n'aurais pensé gagner un tel prix.»


Dany Laferrière reçoit le prix GG dans la catégorie littérature jeunesse, pour Je suis fou de Vava (Éditions de la Bagnole), son premier livre pour enfants, illustré par Frédéric Normandin. «Ce prix représente beaucoup pour moi surtout pour ce livre, car c'est comme si j'avais la possibilité de changer de chemin, a-t-il confié à La Presse. J'ai un avenir dans le livre jeunesse!» Toujours à la réécriture de son oeuvre, Dany Laferrière explique que Je suis fou de Vava est en quelque sorte une transposition de son roman L'odeur du café, inspiré de son enfance en Haïti.
Dans la catégorie Illustration pour la littérature jeunesse, c'est Rogé (Roger Girard) qui a été primé pour Le gros monstre qui aimait trop lire, d'après un texte de Lili Chartrand (Éditions Héritage). «Je suis monstrueusement heureux d'être ici et depuis quelques jours, je ne sens plus le sol sous mes pieds», a lancé l'artiste.
Trois fois finaliste aux prix GG, le poète, romancier, essayiste et chercheur Pierre Ouellet a enfin été retenu pour son essai À force de voir: histoire de regards (Éditions du Noroît), que le jury a qualifié «d'apport majeur à la lecture des oeuvres d'art contemporaines». «Je raconte mon aventure avec les oeuvre, souligne-t-il. J'ai tenté de trouver un équivalent verbal à ce que les artistes ont tenté de faire avec l'image, car pour moi, il n'y a pas de conflit entre les deux, les mots aussi sont figuratifs.»


Hélène Dorion, lauréate de nombreux prix nationaux et internationaux pour son oeuvre, ajoute à sa liste le prix GG de la poésie pour Ravir: les lieux (Éditions de la Différence). «J'ai tout demandé à la littérature, a-t-elle affirmé en recevant son prix. Je n'ai jamais cessé de croire en la capacité des mots.» Dans la catégorie Théâtre, c'est Désordre public (éditions Fides) d'Evelyne de la Chenelière qui a retenu l'attention du jury. «Je reçois ce prix avec plus d'émotions que je m'y attendais, parce qu'il s'agit d'un prix littéraire et que la littérature prend une grande place dans ma vie.»
Sophie Voillot remporte le prix GG de la traduction pour Un jardin de papier de Thomas Wharton (éditions Alto). Elle a tenu à remercier l'auteur pour «avoir écrit un roman hors du commun» ainsi que tous ses professeurs.
Les auteurs et artistes primés en langue anglaise sont Peter Behrens pour The Law of Dreams (roman), John Pass pour Stumbling in the Bloom (poésie), Daniel MacIvor pour I Still Love You (théâtre), Ross King pour The Judgment of Paris (essai), William Gilkerson pour Pirate's Passage (littérature jeunesse), Leo Yerxa pour Ancient Thunder (illustration) et Hugh Hazelton pour Vetiver (traduction)