Les feux de la rampe se sont allumé ce vendredi 24 pour la troisième édition du Festival Film Jakmèl III. Disons-le d?emblée, la réussite sera totale, tant la charmante ville provinciale a d?atouts dans sa manche
D?abord, il y a le site : les vieilles maisons coloniales qui s?étirent langoureusement jusque vers la mer d?azur, les plages des environs, le charme suranné des vieux hôtels qui le dispute à la modernité des dernières constructions.
Puis il y a l?efficacité d?un team d?organisation rôdé pour cette belle aventure. La qualité technique dernier cri des projections, l?aménagement remarquable du site qui s?est déplacé vers la Jacmélienne, afin d?offrir un espace VIP convivial aux nombreux invités, personnalités internationales, presse du monde entier et célébrités locales. C?est ainsi que l?on croise tour à tour l?Ambassadeur de France, le Président qui n?a pas le Sida, le chanteur Belo et tant d?autres, dans un foisonnement de verres qui tintent et de rires qui éclatent.
Le très nombreux public règne sans partage sur l?immense terrain qui a été aménagé sur la plage, face à la grande scène qui sert à la fois de salle de projection en plein air et de scène de spectacle.
Et l?aspect qui n?est pas des moindres, c?est l?éclatement de multiples activités dans tous les coins et recoins de la ville et d?ailleurs. C?est ainsi que les livres étaient à l?honneur dimanche à la Fiorita, charmant hôtel au c?ur des ruelles, tandis que les clients des hôtels se voient offrir des projections privées dans les jardins de leurs résidences éphémères. Enfin, l?art pictural, si cher au c?ur des Jacméliens, est à l?honneur dans toutes les boutiques et Galeries d?Art. C?est ainsi que Laurie et Marc Steed proposent avec leur famille et amis une rétrospective sur le Jacmel d?hier et celui d?aujourd?hui.
Mais bien sûr qu?un événement d?une telle ampleur dans un pays encore fragile amène aussi sa cohorte d?inconvénients et d?imperfections. Alors citons en vrac quelques bémols à l?intention des organisateurs pour peaufiner la quatrième édition.
Le respect de l?heure reste quelque chose de très théorique en Haïti. Belo a entonné sa première chanson à minuit et demie, alors qu?il était programmé à dix heures !
Manger un sandwich relève du parcours du combattant. Pas le moindre fast-food n?a eu l?idée de se pointer sur les lieux, la bière était tiède et le rhum rare. Au pays du Barbancourt et de la Prestige, c?est un comble !
Refaire les rues du vieux Jakmèl est une initiative louable. Mais que le c?ur de la cité historique ressemble encore à un vaste chantier à l?ouverture du festival, c?est dommage.
Depuis trois ans, le Festival Film Jakmel, qui au cours des deux premières éditions a drainé un nombre important de Jacmeliens et visiteurs, cherche à s?imposer. Projet artistique et éducatif, ce festival se donne pour objectif de créer un espace de partage et de réflexion, moteur d?espoir et de changement?
Plusieurs milliers de personnes ont participé depuis vendredi (24 novembre 2006) à la 3e édition de ce festival déroulé sur cinq sites différents établis dans cette ville touristique d?Haïti. Le Festival Film Jakmel offre aussi l?opportunité aux Journalistes haïtiens et étrangers qui couvrent l?événement de dialoguer avec des cinéastes internationaux, comme l?Américain Albert Maysles, l?acteur haïtien hollywoodien Jimmy Jean-Louis, ainsi que l?étoile montante du septième art haïtien, Jessica Généus.