Pas d'âge limite pour retourner à l'école
Il n'y a pas d'âge pour retourner sur les bancs d'école afin d'apprendre les rouages d'un nouveau métier. N'essayez surtout pas de convaincre Jacques Roy du contraire. Ce résidant de Saint-Basile-le-Grand était le doyen de sa classe, à l'âge de 66 ans.
Jacques Roy s'est inscrit en février au Collège April-Fortier, à Montréal, afin de pouvoir exercer le métier d'agent de voyages. Il a suivi un cours intensif de 450 heures, une formation qui s'est terminée au mois de juillet. Par la suite, il a entrepris un stage de plusieurs mois. Il s'apprête bientôt à réintégrer le marché du travail.
Afin de pouvoir organiser un jour des voyages, il a dû retenir par c?ur des notions de géographie, d'administration et d'informatique. Il restait éveillé tard le soir pour compléter ses travaux ou pour étudier un important examen.
Pourquoi a-t-il fait tous ces efforts, alors qu'il aurait très bien pu profiter de sa retraite? L'homme estime que son diplôme lui permet de retrouver le bonheur, c'est-à-dire qu'il pourra de nouveau voyager. C'est ce qui le passionne le plus. Sa vie personnelle et professionnelle lui a donné l'occasion de séjourner dans pas moins de 45 pays. Il a eu une adresse civique dans neuf contrées différentes, notamment au Zaïre et en Haïti. "J'étais autrefois comptable. Mais j'avais décidé de participer à des voyages humanitaires. À un moment donné, j'ai rencontré une femme qui travaillait pour le ministère canadien des Affaires étrangères. Elle est devenue ma conjointe et je l'ai donc suivie partout."
Après un long séjour en Haïti, M. Roy est revenu au pays en juin 2005, mais la vie à l'étranger lui manque énormément. "Je voulais me chercher du travail dans le domaine du voyage. Mais je me suis rendu compte que c'est bien difficile de travailler dans ce secteur sans une formation officielle."
Conscient de cette réalité, il a sollicité une entrevue avec M. Fortier, l'un des fondateurs du Collège April-Fortier, pour s'y inscrire. Jacques Roy souligne qu'il ne s'attendait pas à ce que le cours soit aussi exigeant. L'homme avoue qu'il aurait peut-être reculé s'il avait su ce qu'il en était vraiment. En dépit des longues heures consacrées aux travaux scolaires, il ne regrette pas son choix. "Moi, ce que j'aime, c'est d'embarquer à bord d'un avion. Lorsqu'il décolle, je me ferme les yeux et je me laisse aller, décrit-il. Le voyage, c'est ma vie, j'en parle constamment."