ART ET SPECTACLE
Haïti : la scénariste Dominique A. Jean enfante le film « La Rebelle »
Posté le 26 décembre 2006
Dominique Batraville demande à Dominique A. Jean, juriste et scénariste, d'expliquer l'intérêt du film « La Rebelle », réalisé par l'impressionnant Sacha Parisot.
Dominique Batraville : Je sais que vous avez mis le maximum de bon sens et de créativité pour le scénario du film « La Rebelle ». Pourtant, vous êtes juriste de formation. Etait-ce facile ?

Dominique Jean : Je visais à écrire l'histoire d'une jeune fille jalouse de la relation amoureuse de son père et qui le cache sous prétexte de vouloir protéger son héritage. Son père, Carl, conscient de ne pas pouvoir faire face seul aux crises de croissance d'une jeune fille, s'engage avec une femme qui, pour lui, représente le modèle idéal pour sa fille. Tout le reste est venu après quand Edner [son époux] et moi nous avons décidé de changer le titre pour « Pitit Mwen » et encore quand nous avons opté pour « La Rebelle » avec Sacha. Faire l'éducation des enfants n'est guère facile dans le monde d'aujourd'hui, j'ai voulu montré combien il est facile pour les jeunes de passer d'un extrême à un autre sous une mauvaise influence et ceci n'est pas une question de classe, personne n'est à l'abri. C'est vrai que dans le film, la situation de famille de Lorraine lui donne accès à certaines choses qui favorisent sa débauche, c'est un peu dépeindre une réalité qui souvent se développe derrière quatre murs. Nous avons plein de jeunes dans le pays qui, comme Lorraine, sont nés en Haïti, éduqués à l'étranger et qui sont déchirés à leur retour dans le pays, ils sont ballottés entre deux cultures, deux civilisations, deux pays.


D.B : Sacha Parisot a eu droit de regard sur votre scénario Dominique Jean ?
D.J : L'articulation d'un scénario par le directeur, à mon sens, fait partie de ses attributions, avec Sacha, cela s'est passé dans le respect mutuel. Certes, cela n'a pas été facile, face aux divergences d'opinions, mais finalement, il y a eu des compromis de part et d'autres, on a su trouver le juste milieu. Et, nous sommes assez satisfaits du résultat.
D.B : Vous pensez que le public réagira bien à votre travail ?
D.J : Je l'espère bien. J'écris pour le public haïtien, pour leur plaisir. J'ose traiter certains sujets qui ne font pas forcément partie de leurs préoccupations quotidiennes parce que le manger, le boire et la sécurité ont la priorité sur toute autre chose dans le pays actuellement, je veux offrir des sujets pour attirer l'attention sur les autres choses qui concernent leur avenir et les divertir en même temps. Je suis une mère et tout ce qui touche à l'évolution des jeunes me tient à c?ur et cela passe dans mes écrits.
D.B : Dominique Jean, qu'est-ce vous avez en chantier ?
D.J : Actuellement, je travaille dans l'agrément des services de santé au Canada, nous visons la sécurité et des soins de qualité pour les patients quand ils rentrent dans un hôpital, une maison de retraite ou tout bonnement, quand ils se font traiter par un personnel de la santé à domicile.
Parallèlement, aussi souvent que je trouve le temps de le faire, je me retourne vers l'écriture. J'ai trois scénarios en attente, le plus prochain traite du sida. J'espère toucher un plus grand nombre avec ce sujet.
D.B :Sentez-vous féministe quelque part ?
D.J Je ne suis pas féministe, quoique je comprenne que les femmes veuillent s'affirmer et occuper la place qui leur est due dans la société d'aujourd'hui.
Propos recueillis par Dominique Batraville
******** Sortie officielle du film « La Rebelle » de Sacha Parisot, le 26 décembre au Capitol et à l'Impérial en présence des comédiens.
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